Transport fluvial

Decathlon teste le transport de conteneurs par voie d’eau

Le groupe nordiste Decathlon, en association avec Voies navigables de France et Delta 3, a testé pendant l’été l’acheminement de marchandises par voie fluviale. Une expérimentation qui offre de nombreux avantages en termes de coûts et de développement écologique.

D.R.
Un bateau affrété par Décathlon a transporté 36 conteneurs de 40 pieds entre Duisbourg en Allemagne et la plateforme multimodale de Dourges.
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Une barge permet de transporter jusqu’à 500 conteneurs : c’est beaucoup plus écologique et économique que les autres moyens de transport terrestre.

En novembre 2017, Decathlon, spécialisé dans le développement et la vente de matériels sportifs, rouvrait la légendaire Route de la soie en faisant transiter un premier train block depuis la Chine, convoyant des marchandises destinées à approvisionner les magasins français.
Aujourd’hui, le groupe continue à utiliser la voie ferrée pour acheminer des produits depuis la Chine. Cependant, fidèle à son image d’entreprise innovante, toujours à la recherche de solutions plus écologiques et économiques, Decathlon a décidé d’aller plus loin avec un test d’acheminement de la marchandise par voie d’eau. En effet, en dehors de la liaison ferroviaire directe, de nombreux conteneurs Decathlon sont acheminés jusqu’à Duisbourg, en Allemagne, par des trains partagés avec d’autres sociétés. Ils sont ensuite dirigés vers les plateformes logistiques du groupe par camion ou train.
L’expérimentation menée pendant l’été a consisté à affréter un bateau, le Laborieux, pour la liaison Duisbourg-Dourges, avec, à son bord, 36 conteneurs de 40 pieds.

Le transport fluvial offre en effet de nombreux avantages : outre le fait d’éviter les incidents ferroviaires, les mouvements sociaux, il permet d’économiser de l’argent et de réduire l’impact environnemental. «La voie d’eau est le mode qui offre le meilleur rapport coût par tonne transportée», souligne Xavier Perrin, directeur commercial de Delta 3. Par ailleurs, un convoi fluvial peut transporter jusqu’à 500 conteneurs, contre 60 à 90 pour le rail et 2 pour la route. Ainsi, tout en optimisant, les coûts, la voie fluviale permet de gagner du temps.

Optimisation logistique

Comme le précise Christophe Dupas, responsable logistique chez Decathlon, «le transport fluvial permet de réduire la dépendance face à la route et aux aléas du transport ferroviaire. C’est aussi moins accidentogène et plus économique d’utiliser une barge que de faire transiter 36 camions.»
Le groupe nordiste travaille à limiter au maximum les durées, les coûts et les distances parcourues. D’ailleurs, pour optimiser sa logistique, Decathlon annonce la création en 2019 d’une plateforme logistique d’éclatement dans le Nord. Cette installation permettra de répartir la marchandise vers les grands magasins de la région.
La multiplication des liaisons avec la Chine permet à l’entreprise de conforter sa position dans le pays le plus peuplé du monde. Decathlon y emploie 17 000 personnes, travaille avec 500 fournisseurs et possède quatre usines en propre.
Pour effectuer ses différents tests par voie ferrée ou par voie fluviale, le groupe est épaulé par ses partenaires HXO et Maersk Line-Damco dans le cadre du projet « One Belt, One Road », initié en 2016 par le gouvernement chinois pour développer les liaisons avec l’Europe.

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Un bateau affrété par Decathlon a transporté 36 conteneurs de 40 pieds entre Duisbourg, en Allemagne, et la plateforme multimodale de Dourges.

Aller plus loin

Les premiers tests de train block et de transport par la voie fluviale ont été concluants pour l’enseigne nordiste qui souhaite augmenter le nombre de liaisons avec la Chine.
Depuis le mois de décembre 2017, d’autres trains ont assuré la liaison Wuhan-Delta 3. À raison d’une liaison par mois, l’intensification des échanges devrait se poursuivre dans les mois à venir avec d’autres liaisons ferroviaires pour Decathlon, mais aussi pour d’autres grands noms de la logistique.
Pour les équipes de la plateforme Delta 3, le premier acheminement par voie fluviale a aussi valeur de démonstrateur, mettant ainsi en avant un mode de transport sous-exploité. «Notre objectif est d’inviter des transporteurs et chargeurs à se lancer dans une démarche similaire», précise Xavier Perrin. L’idée est aussi d’ouvrir la plateforme vers d’autres destinations et d’intensifier les liaisons avec Dunkerque, Anvers et Rotterdam.
La massification des transports passera inévitablement par un mix logistique entre la route, la voie ferrée et la voie fluviale. Dans ce cadre, la plateforme multimodale Delta 3 bénéficie d’une place prépondérante à l’échelle régionale.