Université d'été du Medef 2018

La région invite les investisseurs

Les Hauts-de-France ont été mis à l’honneur lors de la 20e édition de l’université d’été du Medef, les 28 et 29 août au sein du campus HEC de Paris. L’occasion de promouvoir l’attractivité de la région auprès des dirigeants et entreprises présents.

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Frédéric Motte, président du Medef Hauts-de-France (au micro) et Xavier Bertrand président de la Région.
Des centaines de dirigeants ont fait le déplacement au campus HEC de Paris pour la 20e édition de l’université d’été du Medef. ©VincentKrieger_UEMedef2018

Cette année, l’université d’été du Medef a fêté son vingtième anniversaire en présence du nouveau président du syndicat patronal, Geoffroy Roux de Bézieux, et du Premier ministre, Edouard Philippe. Le thème de cette édition, «Le monde dans 20 ans», a été rythmé par de nombreuses conférences portant sur l’évolution des modes de consommation, l’environnement, l’intelligence artificielle ou encore les villes de demain. Au cœur des discussions aussi, le Brexit et les enjeux de l’Europe. «Je suis profondément convaincu que c’est le moment pour les entrepreneurs de prendre leurs responsabilités et de contribuer à cette relance de l’Europe», a ainsi déclaré Geoffroy Roux de Bézieux, lors de son discours d’ouverture. Le Premier ministre a, quant à lui, insisté sur les notions de compétitivité et de liberté d’entreprendre. Le gouvernement prévoit une série de simplifications administratives pour janvier 2019, ainsi que la création d’un guichet unique pour les créateurs d’entreprise.

Frédéric Motte, président du Medef Hauts-de-France (au micro), et Xavier Bertrand, président de la Région.

Opération séduction pour les Hauts-de-France

Pour cette 20e édition, la Région s’est associée au Medef Hauts-de-France pour monter un stand dans l’espace adhérents du Medef. L’objectif ? Afficher les atouts du territoire, notamment en matière de recherche et d’innovation, ainsi que les aides proposées aux entreprises souhaitant s’y installer. Pour les entrepreneurs déjà installés, le but est de leur faire redécouvrir les dispositifs d’aide. En termes de visibilité au niveau national, la région compte des secteurs leaders, tels que l’automobile, l’agroalimentaire, la santé ou plus récemment la logistique. «La logistique, longtemps dénigrée, est devenue une vraie opportunité pour les Hauts-de-France», souligne Frédéric Motte, président du Medef Hauts-de-France. Afin de donner un coup d’accélérateur à l’attractivité, la Région et le Medef Hauts-de-France ont travaillé avec les acteurs financeurs, tels que Finorpa, les intercommunalités, ainsi que les grandes infrastructures comme le canal Seine-Nord et le réseau portuaire : «Nous réalisons un travail d’équipe avec la Région.» Une dizaine de sociétés régionales ont fait le déplacement afin de présenter leur activité. Parmi elles, Engie, Crime Science Technologie (sécurisation de documents d’identité), Pingflow (management visuel digital), Symbiose (textile connecté) ou encore le groupe Arc (arts de la table) ont répondu présent. À l’issue de la première journée, une dégustation de produits régionaux a été organisée afin de familiariser les dirigeants aux spécialités du terroir. Dans le même esprit, un quiz sur la région, disponible sur smartphone, a été lancé durant l’événement.

L’innovation, la robotique et l’intelligence artificielle étaient au cœur des discussions.

Promouvoir la région auprès des entrepreneurs

«Trop souvent, il y a le cliché de la fiscalité comme premier enjeu», évoque Frédéric Motte. Selon lui, c’est pourtant l’accessibilité qui prime parmi les attentes et besoins des dirigeants désireux de s’implanter en Hauts-de-France. Le second étant l’accompagnement dans les nombreuses démarches administratives relatives à une nouvelle adresse. «C’est le travail de la collectivité d’aider l’entreprise.» Pour le dirigeant du Medef Hauts-de-France, la position du préfet est essentielle. Une opinion partagée par le président de Région, Xavier Bertrand, qui préconise de donner plus de latitude au représentant de l’État. Le Conseil régional possède par ailleurs une direction dédiée au renseignement des sociétés. «Nous avons un double rôle : nous sommes le point d’entrée unique pour une demande d’implantation en région et nous mettons à disposition une boîte à outils d’aides directes», explique Jean-Michel Giraud, directeur de l’appui aux entreprises. Une dizaine d’aides directes sont proposées en plus de quatre autres dédiées à l’économie sociale et solidaire. Elles sont ouvertes aux TPE, PME ou grands groupes dans le cadre d’une création, d’une implantation, d’une consolidation ou d’un développement de société. «Ces facilitateurs sont déterminés par le nombre d’emplois : il faut un minimum de 20 recrutements au niveau local pour pouvoir y accéder», poursuit-il. En 2017, la Région a ainsi accompagné 661 entreprises et participé à la création de plus de 2 400 emplois. Néanmoins, l’attractivité des Hauts-de-France a tendance à se concentrer sur les grandes villes, faute notamment de recrutement sur place. «Il y a un problème de fracture de territoires. Nous avons besoin d’une Métropole qui irrigue ses alentours, il faut entraîner tous les territoires, y ramener la formation», souligne Frédéric Motte.

 

Dominique Carlac’h, vice-présidente et porte-parole du Medef.

Les start-up innovantes à l’honneur

L’espace innovation de l’université d’été du Medef a fêté ses dix ans sur le thème de l’intelligence artificielle. «Notre espace ressemble un peu aux TD et TP académiques. Il s’agit de démarrer un projet et de vérifier sa faisabilité», explique Dominique Carlac’h, vice-présidente et porte-parole du Medef. À cette occasion, une quinzaine de start-up étaient réunies, dont trois régionales, pour participer à un challenge récompensant l’innovation en matière d’IA. À l’issue de deux jours de pitch, cinq lauréats ont été désignés. La SAS calaisienne DreamQuark, plateforme d’intelligence artificielle réunissant plusieurs applications dédiées à la fraude, à l’antiblanchiment et au marketing, a notamment remporté le prix « Algorithme ». «L’intelligence artificielle et l’innovation sont sources de compétitivité. Mais l’IA n’est pas un sujet neutre, nous avons un devoir de pédagogie.» À ce titre, un double enjeu de formation et d’équipement se profile pour les entreprises. «Beaucoup d’entreprises jugent l’intégration de l’IA comme inaccessible», souligne-t-elle. L’espace innovation prend ainsi le rôle de démonstrateur des possibilités, que ce soit pour une entreprise déjà familiarisée à l’IA et souhaitant maîtriser la sécurisation de ses données, ou une débutante en la matière dont l’innovation pourrait améliorer la productivité.

 

«La logistique, longtemps dénigrée, est devenue une vraie opportunité pour les Hauts-de-France»