Circuit court

Le local séduit les restaurateurs

Si le circuit court se développe de plus en plus parmi les particuliers, il n’en est pas de même pour les professionnels. Afin de pallier ce manque, la start-up A 2 pas d’ici a créé une plateforme qui permet de mettre en relation producteurs locaux et restaurateurs.

Stéphane Darguesse - Directeur Général - CEO Julien BARNE - Directeur Technique - CTO Margaux DEPLANQUE - Directrice Satisfaction Client - Customer Care Director Benjamin MAURICE - Directeur de l'Information - CIO
L’équipe d’A 2 pas d’ici : (de g. à d.) Julien Barne, directeur technique, Margaux Deplanque, directrice satisfaction client, Stéphane Darguesse, directeur général, et Benjamin Maurice, directeur de l’information.

De plus en plus plébiscité par les consommateurs soucieux du contenu de leurs assiettes, le circuit court se développe partout en France. «Aujourd’hui, il y a pas mal d’initiatives essentiellement tournées vers les particuliers», souligne Stéphane Darguesse, dirigeant d’A 2 pas d’ici. Un accès facilité qui n’est pas le même pour un professionnel de la restauration. «C’est difficile pour une enseigne d’être 100% locale. Notre région est riche mais nous manquons de certains produits, comme les fruits par exemple.» A 2 pas d’ici s’est donné la mission de fédérer les deux parties, afin de favoriser les produits locaux dans les restaurants, à travers une plateforme numérique. «Elle permet de faciliter la démarche d’approvisionnement des restaurateurs.» Pour les agriculteurs, c’est une véritable vitrine qui leur permet d’avoir accès à une clientèle de professionnels. Au cœur de la problématique ? Le volume commandé par le restaurateurs, pas forcément en adéquation avec la capacité du producteur ou simplement non rentable. «La logistique est le nerf de la guerre en matière d’alimentation. L’objectif est de fédérer un nombre de commandes pour un producteur.» A 2 pas d’ici s’est associée à la société Steph (transport et logistique). L’agriculteur prépare les commandes avant de les acheminer au centre logistique qui se charge de réaliser «le dernier kilomètre».

Un gage de transparence

«Notre périmètre va jusqu’à 80 km pour les producteurs adhérents. La zone de chalandise est le Nord – Pas-de-Calais.» Pour l’instant, le réseau dénombre déjà une soixantaine de membres. Les agriculteurs peuvent y vendre fruits et légumes, produits laitiers et viande, ainsi que de l’épicerie et des boissons. «Nous souhaitons rapprocher différents acteurs d’un même territoire, par exemple un éleveur de porc avec une entreprise de salaison.» La jeune entreprise a établi un cahier des charges sur les différents secteurs d’activité couverts. Les clients ont également la possibilité de venir visiter les exploitations, après avoir été mis en contact avec les agriculteurs. A 2 pas d’ici dispose par ailleurs d’une petite filière bio. «On part du principe que certains producteurs limitent les produits chimiques sans pour autant faire du bio.» Concernant la viande, le cahier des charges de la start-up impose une durée d’élevage minimum ainsi qu’une alimentation sans OGM : «Nous donnons une garantie de transparence.» Pour les enseignes clientes, autant privées qu’issues de la grande distribution ou institutionnelles, l’inscription au service est gratuite. «Nous avons déjà sollicité des professionnels de la distribution, de la restauration ou encore à domicile.» Le producteur peut, quant à lui, fixer ses prix, notamment par rapport au volume de la commande.

Si l’entreprise a été créée en août, le projet a quant à lui démarré début 2017. A 2 pas d’ici compte pour l’instant quatre personnes, avec l’ambition de recruter deux personnes supplémentaires. Installée à EuraTechnologies depuis septembre 2017, la start-up a également intégré le Village by CA. «Il y a une dynamique entrepreneuriale et une force de réseau. Nous avons reçu les conseils de différents acteurs et financeurs

Encadré

Une marque propre pour la distribution

Pour le secteur de la distribution, la start-up offre une identité visuelle aux produits. «Il y a un manque de visibilité sur les produits locaux dans les magasins. Le marketing fait défaut aux producteurs.» La start-up a ainsi lancé sa propre marque, qui garantit des produits locaux, une rémunération à juste prix et une transparence sur l’origine des denrées.

Phrases en gros et entre guillemets :

«La logistique est le nerf de la guerre en matière d’alimentation»

«C’est difficile pour une enseigne d’être 100% locale»