Port de Dunkerque

Plusieurs centaines d’emplois en vue grâce à l’entreprise 3DS

Grâce à son procédé unique de traitement des grumes de bois exportées par conteneur, la société 3DS a remporté un énorme marché en Asie qui doit, à terme, générer un trafic de 70 000 conteneurs par an pour le port de Dunkerque et la création de plusieurs centaines d’emplois directs, indirects et induits.

Lors d'une conférence de presse, Sophie Dekeyser, gérante de 3DS, a remercié les députés Christian Hutin (MRC), à gauche, et Paul Christophe (UDI), à droite, pour leur soutien, ainsi que Franck Gonsse, président du syndicat majoritaire des dockers du port de Dunkerque, CNTPA/CFDT (au centre).

L’entreprise familiale 3DS, dirigée par Sophie Dekeyser, est spécialisée dans la dératisation, la désinsectisation et la désinfection. Depuis sa création en 2013, elle travaille majoritairement sur le port de Dunkerque pour traiter les produits destinés à l’export.  Toutefois, en raison du manque d’un agrément que le seul le ministère de l’Agriculture est autorisé à délivrer à un port français, l’entreprise était freinée dans son développement. L’intervention du député du Nord Christian Hutin (MRC) auprès de l’ancien ministre de l’Agriculture du gouvernement d’Edouard Philippe, Stéphane Travert, a permis de débloquer la situation en quelques semaines. L’agrément aujourd’hui délivré, 3DS va pouvoir procéder au traitement insecticide des grumes de bois, d’origine françaises pour leur majorité, destinées à l’exportation par conteneurs, grâce à un procédé de fumigation révolutionnaire qu’elle a développé.

Une percée en Asie

Elle pourra donc pénétrer l’énorme marché asiatique, la Chine et le Vietnam en particulier, où la demande est très importante. Ce marché, principalement opéré par l’armateur chinois Cosco, l’un des plus gros mondiaux, va générer à terme un trafic de 70 000 conteneurs annuels pour le port de Dunkerque (et déjà 20 000 dès 2019). Énorme pour un port qui en voit passer actuellement 450 000 par an. «Entre l’acheminement des grumes par le rail depuis la région parisienne, leur déchargement, leur traitement, leur entreposage, leur empotage en conteneurs, puis leur chargement sur les navires, c’est toute une chaîne logistique qui se met en place», s’enthousiasme Franck Gonsse, président de la CNTPA/CFDT, syndicat de dockers majoritaire à Dunkerque. «Pour nous, cela représente l’embauche de 35 dockers à plein temps. Mais, si on considère la chaîne dans son ensemble, c’est plusieurs centaines d’emplois qui seront générés dans les mois et les années à venir.» Des chiffres confirmés par Sophie Dekeyser elle-même, qui annonce avoir déjà commencé à recruter localement pour accompagner le développement de son entreprise. Cet enthousiasme est partagé par Christian Hutin qui a souligné la totale implication du monde économique, politique et portuaire local dans ce dossier. «C’est une belle histoire dunkerquoise, souligne-t-il,  et une belle histoire pour notre port qui récolte ici les fruits de sa fiabilité – aucune grève depuis 26 ans – et de ses compétences.»

«Si on considère la chaîne dans son ensemble, c’est plusieurs centaines d’emplois qui seront générés»

Un nouvel axe de développement

Ce nouveau trafic a un autre intérêt : placer plus visiblement le port de Dunkerque comme port d’exportation, lui qui était jusqu’à présent surtout connu pour être un port d’importation (en ce qui concerne les conteneurs). Cela lui offre de nouvelles perspectives, en termes de trafic, mais aussi d’ouvertures de nouvelles lignes.