Entre Outreau et Saint-Etienne-au-Mont, dans le Boulonnais

Première coulée à la nouvelle fonderie Vossloh Cogifer

Une nouvelle page s’ouvre dans l’histoire industrielle d’Outreau, commune laborieuse de l’agglomération boulonnaise. Cent soixante ans après l’implantation de deux premiers hauts-fourneaux des Aciéries Paris-Outreau (APO), le site accueille une nouvelle fonderie. La première étape d’un investissement de 36 millions d’euros à la charge de Vossloh Cogifer, leader mondial de systèmes d’aiguillage ferroviaire.

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La nouvelle fonderie a été officiellement inaugurée le 16 novembre.

En mars 2013, Outreau technologies, qui a succédé à Manoirs industries, a été racheté par le groupe européen Vossloh, alors que planait un fort risque de délocalisation en Chine du savoir-faire outrelois. Le repreneur s’engageait à investir pour gagner en compétitivité, tout en réduisant la pénibilité du travail. Et, tandis que la production se maintenait dans les locaux restants, le projet «OT 2020» a mené à son terme la construction de la nouvelle fonderie sur la friche industrielle, avec un fourneau de fusion électrique moderne qui remplace le modèle de 1950 encore en service.

Un centre d’excellence européen

Lors de l’inauguration officielle le 16 novembre, les invités ont pu assister à la première coulée pour des cœurs d’aiguillage ferroviaire prédurcis par explosion. «Il s’agit d’une grosse pièce d’acier au manganèse qui permet de passer d’une voie de chemin de fer à une autre, explique Marc-Antoine De Dietrich, PDG du groupe Vossloh Cogifer. Nos produits doivent être capables de supporter un TGV de 100 000 tonnes qui passe à 270 km/h.» La société est fière de la vitesse record à laquelle a roulé sur ses appareils de voie le TGV français lors de son record de vitesse à 578,4 km/heure réalisé en avril 2007. Ce nouvel équipement, construit en lieu et place du bâtiment historique de 1919, était rendu nécessaire pour assurer la sécurité des 260 employés et le développement de la production. «Nous étions sur un rythme de 3 000 cœurs de voie par an. Nous allons grimper à 4 500. L’objectif est de monter à 5 000 d’ici 2020», a ainsi expliqué David Souilah, directeur de l’usine. «Ce site d’Outreau technologies est notre centre d’excellence», se félicite son PDG.

L’ancienne fonderie a été démolie et remplacée par une nouvelle, équipée d’un fourneau de fusion électrique.

Un leader mondial des appareils de voies ferrées

 

Vossloh Cogifer fabrique également des systèmes d’actionnement et de verrouillage d’aiguillage, des systèmes de signalisation, des aiguillages et des systèmes de surveillance des voies ferrées. L’entreprise est présente dans 24 pays, à travers 26 filiales et 33 sites industriels. Comme aime le rappeler le président de la communauté d’agglomération du Boulonnais, Frédéric Cuvillier, «on trouve des cœurs de voie conçus et fabriqués à Outreau partout sur la planète, aussi bien sur terre que sous terre (avec les métros) et même sous mer (dans le tunnel sous la Manche).» En effet, si l’usine boulonnaise compte parmi ses clients la SNCF, elle fournit également les entreprises ferroviaires d’une bonne partie de l’Europe : Suisse, Angleterre, Espagne, pays nordiques et bien au-delà. Certaines des pièces confectionnées vont même rejoindre, dans les prochaines semaines, le métro de Santiago du Chili.

«L’objectif est de monter à 5 000 cœurs de voie produits par an d’ici 2020»

La seconde phase «usinage-fraisage et soudure» du projet «OT 2020» va suivre aussitôt avec la construction de deux bâtiments. Ainsi, dès 2020, l’usine ultra-moderne fonctionnera avec un nouveau four électrique et un flux de matériau optimisé sur une surface de 25 000 m² (au lieu de 45 000 m² jusqu’alors). Un circuit hydraulique fermé, l’utilisation de l’énergie solaire à l’aide du photovoltaïque, la réduction des émissions, ainsi que la limitation du sable et de la poussière dans la production garantiront une fabrication durable et plus propre.