Cadeaux de fin d’année

La Dame de Shanghai Chef-d’œuvre fraîchement accueilli lors de sa sortie en 1947, La Dame de Shanghai s’ouvre à Central Park, alors qu’un marin nommé Michael O’Hara (Orson Welles) vole au secours d’une mystérieuse jeune femme, Elsa Bannister (Rita Hayworth), l’épouse d’un riche et célèbre avocat. Pour le remercier, celle-ci lui propose de les accompagner […]

La Dame de Shanghai

Chef-d’œuvre fraîchement accueilli lors de sa sortie en 1947, La Dame de Shanghai s’ouvre à Central Park, alors qu’un marin nommé Michael O’Hara (Orson Welles) vole au secours d’une mystérieuse jeune femme, Elsa Bannister (Rita Hayworth), l’épouse d’un riche et célèbre avocat. Pour le remercier, celle-ci lui propose de les accompagner pour une croisière dans les Caraïbes. D’abord réticent, Michael finit par accepter. Son attirance pour Elsa ne va cesser de croître, sous les yeux du mari et de son sinistre associé George Grisby. Aveuglé par son amour, le marin va bientôt se retrouver entraîné dans une histoire de fraude et de meurtre… Avec ce film à la mise en scène sidérante, l’acteur-réalisateur Orson Welles signe une œuvre culte – qui tient autant du film noir que du film d’aventures – magnifiée par l’interprétation de Rita Hayworth, splendide dans ce rôle de femme fatale et vénéneuse. D’une virtuosité époustouflante et brisant de nombreux codes du cinéma classique hollywoodien, La Dame de Shanghai irradie du génie d’Orson Welles.

Carlotta Films. En bonus, un entretien avec Peter Bogdanovich, cinéaste et ami d’Orson Welles, qui revient sur la trajectoire de La Dame de Shanghai, passant du statut de film mineur à celui de film culte.

 

 

 

Mikio Naruse

Longtemps méconnue en Occident, l’œuvre de Mikio Naruse est aujourd’hui élevée au même rang que celle de ses compatriotes Mizoguchi, Ozu et Kurosawa. À partir des années 1950, il se spécialise dans le shomin geki, genre qui vise à dépeindre le quotidien des gens de la classe moyenne. Sa filmographie à la fois poétique et réaliste, pleinement ancrée dans son temps, donne à voir de magnifiques portraits de femmes, portés par les plus grandes actrices du cinéma nippon comme Hideko Takamine, sa muse. Fidèle à son ambitieuse politique éditoriale, Carlotta Films présente un indispensable coffret collector réunissant 5 films majeurs de Mikio Naruse tournés entre 1954 et 1967. Outre Au gré du courant (1956) et Une femme dans la tourmente (1964), le cinéphile pourra découvrir Le Grondement de la montagne (1954), l’un des grands classiques du cinéaste japonais. Cette adaptation d’un roman de Yasunari Kawabata, futur prix Nobel de littérature, conte le lent et douloureux chemin vers la liberté d’une femme entièrement dévouée aux autres – incarnée avec grâce par la sublime Setsuko Hara –, adorée par son beau-père et méprisée par son mari. Une magnifique chronique familiale au parfum doux-amer.

Réalisé en 1960, Quand une femme monte l’escalier marque les retrouvailles entre le cinéaste et son actrice fétiche, Hideko Takamine, avec qui il tourne depuis vingt ans. Elle interprète ici une hôtesse de bar du quartier chic de Ginza, à Tokyo, qui se refuse aux hommes qui la courtisent quotidiennement, demeurant fidèle au souvenir de son mari, décédé il y a quelques années. Soit le portrait d’une femme indépendante et combative au sein d’une société japonaise encore très conservatrice. Filmé dans un sublime noir et blanc, ce film impressionne par sa peinture de la vie nocturne tokyoïte, rythmée par une formidable bande-son aux accents jazzy.

Enfin, réalisé en 1967, Nuages épars est le quatre-vingt-neuvième et dernier film de Mikio Naruse. Rappelant les grands mélodrames à la Douglas Sirk, cette histoire d’amour épurée et déchirante est incarnée par deux formidables comédiens : Yuzo Kayama et Yoko Tsukasa. Le cinéaste fait le récit de deux parcours marqués par la douleur – le deuil pour l’une, la culpabilité pour l’autre – dont l’impossible fusion fera toutefois place à l’acceptation et la réconciliation. Avec Nuages épars, Mikio Naruse signe un éblouissant testament cinématographique.

Carlotta Films.