Préparer le Brexit

Des dirigeants de l’Eurorégion en visite à Calais

Le 4 décembre, une centaine de chefs d’entreprise belges, néerlandais et britanniques ont visité la cité des Six Bourgeois pour entretenir le lien avant l’arrivée imminente du Brexit.

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Une centaine de dirigeants de l'Eurorégion se sont rendus à l'événement organisé par la mairie de Calais.

Il faut conserver le lien entre les différents pays de l’Eurorégion. Voilà, en somme, le mot d’ordre de cette journée de conférences et de networking, dont le thème était l’innovation, les nouvelles technologies et l’internationalisation. Calais n’en est pas à son coup d’essai : ces dernières années, la mairie a enchaîné les événements pour rapprocher la cité des Six Bourgeois du Royaume-Uni. «Calais est le chemin le plus court pour aller en Angleterre, déclare Natacha Bouchart, maire de la ville. Il est naturel que nous mettions tout en œuvre pour renforcer nos relations et favoriser un rapprochement susceptible d’aboutir à des actions concrètes en matière économique. Nous ne voulons pas de rupture dans nos échanges commerciaux.» Le Brexit était au cœur des préoccupations. Malgré ce divorce entre le Royaume-Uni et l’Union européenne, «il est important de continuer à avoir ces échanges, a déclaré le maire de Calais. On ne connaît pas les décisions qui seront prises au niveau européen». Quoi qu’il en soit, l’élue estime qu’il y aura un impact sur le territoire, mais qu’il faut s’appuyer sur l’histoire des relations entre la ville et le pays voisin. «Il faut continuer sur ce terreau économique pour pouvoir continuer à échanger au-delà des décisions européennes et nationales.»

Opportunités

Malgré les craintes liées au Brexit, ce dernier pourrait amener plusieurs opportunités au Calaisis. Explications de l’élue : «On est en mesure de proposer des terrains de 140 ha pour accueillir les douanes, les contrôles alimentaires…» Surtout, le territoire espère et pense voir le retour du duty free. Le maire de Calais veut que son périmètre, s’il s’installe, englobe l’ensemble de l’agglomération : «S’il est uniquement dans le port ou le tunnel, je ne vois pas l’intérêt pour la population du Calaisis. Sinon, les Britanniques feront l’aller-retour sur ces sites et n’apporteront pas leur activité économique.» D’autre part, l’édile espère l’arrivée éventuelle, en fonction des accords qui pourraient être signés, d’entreprises britanniques sur le territoire du Grand Calais Terre et Mer pour créer des bases arrières et sortir des contraintes qui pourraient leur être imposées. «Le plus important, c’est de maintenir des contacts avec des entreprises en France, explique Steve Samson, du Kent County Council. Pour les entreprises britanniques, il y a beaucoup d’incertitudes pour l’avenir.» L’un des entrepreneurs présents sur place, David English, glisse lorsqu’on lui demande s’il compte investir à Calais : «Nos investissements sont concentrés sur le Royaume-Uni pour le moment. On pourrait s’exporter à un moment ou à un autre, mais, pour l’heure, on se concentre sur la Grande Bretagne.»