Initiative Artois lance un projet de boutique partagée sur Béthune

La Maison accueille ses premiers locataires

La Maison, une boutique partagée, a ouvert ses portes depuis quelques jours dans le quartier de la gare à Béthune. Son objectif est d’adapter aux commerçants le principe de pépinières d’entreprises. Unique dans les Hauts-de-France, le concept, porté par Initiative Artois, a déjà séduit quatre créatrices d’entreprise.

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La Maison, une boutique partagée, connait un départ fracassant. Le concept a séduit des créatrices d’entreprise.

L’idée de la boutique partagée était en gestation dans les locaux de la plateforme d’initiative locale Initiative depuis quelques temps déjà. «Nous gérons les pépinières d’entreprises pour le compte de la Communauté d’agglomération Béthune Bruay Artois Lys romane. Ces équipements ne peuvent pas accueillir de commerçants. Nous avons donc imaginé la possibilité de créer un magasin qui accueillerait plusieurs porteurs de projet. Ces derniers pourraient partager les charges de fonctionnement, bénéficier d’un loyer modéré et d’un suivi régulier», explique Céline Delansay, directrice adjointe d’Initiative Artois. La marche vers la concrétisation s’est accélérée lors d’une rencontre avec Olivier Gacquerre, premier magistrat béthunois, qui avait à cœur de redynamiser le secteur de la gare. Un an plus tard, La Maison, une boutique partagée a ouvert ses portes boulevard Poincaré. Le lieu accueille ses quatre premières locataires depuis le début du mois de novembre et elles se partagent un espace de 70 m². Kamela Bigayon est la gérante de CAM.Mobilier. Passionnée de décoration, elle a quitté son activité de salariée pour se lancer dans le coaching déco, la restauration et la vente de meubles. Elle a été conquise par le concept de boutique partagée : «Nous mettons des services en commun. On évite au quotidien la solitude du chef d’entreprise, on peut échanger sur les problématiques que nous rencontrons. Parallèlement, chacune attire des clients qui finalement découvrent les trois autres. C’est forcément positif pour le développement de nos activités. Pour ma part, je peux me dégager du temps en atelier pour  restaurer des meubles.» Son activité se complète à merveille avec celle de Malki Ourdia qui s’est spécialisée dans les arts de la table, comme le confie l’intéressée : «Je vends de la vaisselle, du linge de maison. Je peux tout à fait travailler sur des projets communs avec Kamela.» Après avoir exercé la profession d’hydrothérapeute en centre de thalassothérapie, Malki Ourdia a ouvert une nouvelle page de sa vie professionnelle.

«On évite la solitude du chef d’entreprise, on peut échanger sur les problématiques que nous rencontrons.»

Un tremplin professionnel

Ouafae Zidou a suivi un autre parcours. Elle a créé son entreprise de vente de vêtements, appelée le Dressing de Sohan, il y a un an et demi. Elle a souhaité s’installer à La Maison afin d’avoir Pignon sur rue : «Jusque-là, je réalisais des ventes à domicile. Je souhaitais disposer d’une vitrine et j’ai trouvé ce compromis qui constitue une formule idéale. Il s’agit d’une étape supplémentaire dans mon parcours, la prochaine consistera à lancer ma propre marque.» Yankimadji Rassembaye vient compléter le quatuor avec sa micro-entreprise Madjikarité. La jeune femme, tchadienne d’origine, produit et commercialise des cosmétiques à base de beurre de karité. Le projet revêt une dimension environnementale, humaine et militante : «Mon entreprise vise à proposer des savons et autres à base de produits bio, non testés sur les animaux. De plus, j’utilise une  matière première issue du continent africain, qui permettra de mettre en place une coopérative de femmes. L’objectif est de les sortir de la pauvreté et lutter contre l’excision.» Les quatre commerçantes savent que le passage à La Maison est temporaire mais il constitue un tremplin avant de pouvoir voler de ses propres ailes. D’ailleurs chacune envisage d’ouvrir à moyen terme sa propre boutique.