Soirée annuelle Fertel de Saint-Omer challenge

Les créateurs d’entreprises à l’honneur

Une quarantaine de nouveaux créateurs d’entreprise ont été mis sous le feu des projecteurs à l’occasion de la soirée annuelle Fertel à Saint-Martin-lez-Tatinghem, organisée par Saint-Omer challenge, début novembre. Ils ont pu exposer leurs parcours, souvent très différents, liés par la même volonté d’entrepreneuriat.

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Une entreprise de travaux publics, une autre spécialisée dans le nettoyage industriel, un salon de coiffure végétal bio ou encore une formation aux métiers funéraires… Le 8 novembre, quarante créateurs d’entreprise étaient mis à l’honneur lors de la soirée annuelle Fertel organisée par Saint-Omer challenge à Saint-Martin-lez-Tatinghem. Leurs points communs ? Tous se sont lancés courant 2017-2018 dans l’entrepreneuriat et sont installés dans l’Audomarois. Et tous ont bénéficié d’un accompagnement personnalisé de la part de la CCI. Rencontre avec trois (nouveaux) dirigeants.

Bclean

Chez Bclean, une entreprise spécialisée dans le nettoyage de bâtiments et le nettoyage industriel, exclusivement tournée vers le B to B, tout se fait en famille. Ils sont trois actionnaires – le père et président Didier Barrois, son fils Kévin et un proche – à s’être lancés sur le créneau de l’entretien de sites industriels au début de l’année 2018. «Cela faisait longtemps que mon père y songeait, mais c’était difficile pour lui de gérer cela seul. On a démarré au début de l’année 2018 après avoir investi 20 000 € en fonds propres. Rapidement, le carnet de commandes s’est rempli avec des devis qui se sont vite concrétisés, notamment grâce aux entreprises de déménagement qui nous ont aidés à nous lancer. On pensait démarrer en douceur avec une campagne de communication importante, mais finalement on n’en a pas eu besoin», indique Kévin Barrois. Leur force ? «C’est notre réactivité et notre flexibilité qui nous permettent d’être au plus proche de nos clients. Avec ces deux ingrédients, on s’est rendu compte qu’il était facile de trouver des marchés. De plus, on fait en sorte d’utiliser des produits qui ont un faible impact écologique et on souhaite s’équiper de véhicules électriques prochainement. Aujourd’hui, nous avons trois personnes qui travaillent pour nous dans les Hauts-de-France et, d’ici trois ans, on pense avoir besoin de 10 à 15 salariés pour un chiffre d’affaires prévu de 500 000 €.»

Arnaud Fatrez, le gérant de «Copilote ma boîte».

Copilote ma boîte

Avec vingt ans d’expérience comme cadre dirigeant puis directeur financier dans des grands groupes (Ascometal, Nestlé), Arnaud Fatrez a créé en avril 2018 sa société de conseil en gestion d’entreprise, «Copilote ma boîte», à Acquin-Westbécourt. «Je suis le Daniel Elena de la petite entreprise (ndlr : le copilote de Sébastien Lobe). Mon rôle est de dire au dirigeant s’il est en retard, en avance, s’il peut souffler ou, au contraire, s’il doit accélérer», souligne fièrement Arnaud Fatrez. Entrepreneur indépendant et unique actionnaire associé au réseau Rivalis (18 000 TPE en France), Arnaud Fatrez a voulu apporter quelque chose de plus au tissu économique local. «J’avais un réseau interne mais pas d’apports pour aider les TPE. Ces derniers mois, je me suis concentré à créer du réseau. Mon travail en amont du devis, c’est d’établir le prévisionnel qui permet de pouvoir dire quand et en combien de temps l’entreprise va gagner de l’argent. Pour cela, j’intègre des éléments extra-comptables, comme un temps familial ou un temps de loisir. En moyenne, j’apporte 35 000 € de résultat de rentrées supplémentaires pour investir et donner du revenu au patron. Et je lui fais gagner du temps, 121 heures en moyenne par an.» Aujourd’hui, 30% de ses clients viennent du réseau Rivalis, le reste est issu de ses prospections. «Parmi mes clients il y a de tout : le jeune créateur, le repreneur, des entreprises déjà bien installées, d’autres en difficulté. Soit j’ai la réponse et je peux les aider, soit je fais appel à mon réseau lorsque je ne suis pas expert dans le domaine.» Management, organisation de l’entreprise, chantier, gestion de la trésorerie, rentabilité de l’entreprise, sécurité… Quid des investissements, du nombre de ses clients, du chiffre d’affaires ? «J’avais défini avec le réseau le rythme avec lequel gagner des clients. On est sur ce scénario. Le reste, c’est confidentiel», indique le gérant.

Guy Humetz, fondateur de Funénord, en pleine explication devant ses élèves.

Funénord

En juillet 2017, le premier centre de formation funéraire de l’Audomarois «Funénord» voyait le jour au domicile de Guy Humetz, à Longuenesse. L’ancien ébéniste, qui a officié en tant que porteur, conseiller funéraire, puis chef d’entreprise, revêt aujourd’hui la casquette de l’enseignant avec comme leitmotiv la transmission de ses connaissances. «Avant on pouvait travailler dans ce domaine sans formation, ce qui est impossible aujourd’hui. D’où ma volonté de former des personnes avec un diplôme à la clef.» Un peu comme Obélix, il est «tombé» très tôt dans ce milieu : «Quand j’étais enfant, mon père tenait des commerces à Roubaix et à Hem, et son ami était menuisier. À l’époque, c’est l’ébéniste qui s’occupait du funéraire. J’y ai travaillé plusieurs années dès mes douze ans et, depuis ce temps, je continue à être au service du défunt et de sa famille», souligne humblement l’homme de 62 ans. Même si ces métiers restent encore tabous, Guy Humetz n’a pas de mal à trouver des postulants. «C’est un domaine en tension. Très souvent, suite aux formations, un emploi est proposé.» Ces formations – porteur, conseiller funéraire et chef d’entreprise –, il les dispense à des groupes de quatre élèves maximum qui lui sont adressés par Pôle emploi ou la Région. Pour l’heure, vingt-sept personnes ont bénéficié de ses connaissances, avec un taux de 99% de réussite dans ces trois formations et des recrutements qui ont rapidement suivi. Même si un conseiller funéraire ou un chef d’entreprise peuvent bien gagner leur vie, Guy Humetz tient à rappeler le cœur de son métier : «C’est un métier noble. On ne le fait pas si l’on ne croit pas. On considère un défunt comme quelqu’un qui dort et qui passe à autre chose. Il faut avoir du respect pour ces personnes et avoir les bons mots pour les familles endeuillées. Je dis souvent à mes élèves que travailler dans ce domaine, ce n’est pas être vendeur, mais accompagnateur…»