Développement commercial

CityMix AMO veut redynamiser le centre-ville de Lens

Quand sept professionnels de l’urbanisme et de l’architecture décident de s’associer s’est pour essayer de faire bouger les lignes, leur projet CityMix A.M.O consiste à trouver des lieux vacants en centre-ville et de leur redonner vie en y implantant des activités culturelles et économiques.

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Près de 42 locaux vacants ont été identifiés en centre-ville lensois. ©ACT'STUDIO

Quand sept professionnels de l’urbanisme et de l’architecture décident de s’associer, c’est pour essayer de faire bouger les lignes. Leur projet, CityMix AMO, consiste à trouver des lieux vacants en centre-ville et de leur redonner vie en y implantant des activités culturelles et économiques.

CityMix AMO (pour «Assistance à la maîtrise d’ouvrage») est une association créée en 2011, regroupant sept personnes : les architectes Ingrid Petit et François Thery, l’urbaniste Claire Montagne, l’architecte programmateur Thomas Plankeele, la communicante Nathalie Stueart, le stratège de projet Christian Laidebeur et Stéphanie Petit qui oeuvre dans la participation. «Nous avons sept entreprises indépendantes, l’association réunit nos structures pour rassembler les compétences de chacun afin de travailler sur des projets de groupe d’intérêt collectif avec une forte valeur ajoutée sur la culture», présente François Thery, porte-parole de l’association. CityMix est l’émanation d’une structure éponyme active aux Pays-Bas, au sein de laquelle François Thery et Ingrid Petit ont travaillé pendant plusieurs années. «Le CityMix néerlandais travaille depuis le début des années 1970 sur des problématiques liées à la  légalisation de squats, plus récemment sur l’habitat groupé et, depuis une vingtaine d’années, sur la formalisation de projets d’artistes pour habiter des locaux vacants», précise-t-il. CityMix AMO France reprend donc ce qui se fait depuis très longtemps chez nos voisins néerlandais. Tout a démarré à la suite d’une demande d’un collectif d’artistes dunkerquois : «Ils avaient des vues sur une friche dans le centre de Dunkerque. Les artistes voulaient pouvoir exercer leur art dans un lieu et avaient besoin d’un vrai projet.» Le premier projet a consisté à trouver des financements, convaincre la collectivité, pour livrer plusieurs ateliers d’artistes en 2014. Entre 2014 et 2018, plusieurs actions ont été menées auprès de différents collectifs d’artistes, notamment en métropole lilloise. L’association a également animé de nombreuses conférences de sensibilisation. 

Un terrain de jeu

Fort de ces expériences et des retours lors des nombreuses conférences, l’architecte programmateur lensois Thomas Plankeele a mené une réflexion sur le centre-ville de Lens et  proposé aux membres de l’association de s’y intéresser. «Il avait remarqué qu’il y a de plus en plus de commerces qui baissent le rideau dans le centre et donc de locaux commerciaux vacants. Nous avons décidé de monter un projet visant à récupérer les espaces vacants pour y loger des entrepreneurs qui ont besoin d’espace et de visibilité pour travailler», résume François Thery. CityMix AMO défend l’idée selon laquelle il faut proposer les espaces vacants à des artistes ou artisans qui démarrent leur activité, avec des loyers modérés. Un projet complet a été présenté à la Ville de Lens. En parallèle, l’association a déposé un dossier lors du dernier appel à projets du cluster numérique culturel Louvre-Lens Vallée. «Surprise par notre proposition, la Ville de Lens se rend bien compte qu’elle pourrait permettre de stopper l’hémorragie et d’amener de nouvelles activités en centre-ville.» De fait, 42 locaux vacants ont été identifiés en centre-ville lensois par CityMix AMO.

«Nous avons décidé de monter un projet visant à récupérer les espaces vacants pour y loger des entrepreneurs»

Un essai

L’association joue le rôle d’intermédiaire entre les propriétaires et les futurs locataires, artistes ou entreprises : «Nous mettons en lien tout le monde et aidons au montage des projets. Par exemple, pour créer des logements, nous allons flécher des subventions ANAH.» Le projet sur Lens a réellement démarré en septembre dernier, avec un démonstrateur en lieu et place de l’ancien café Le Chanzy, situé à côté de la mairie, qui permettra dans les semaines à venir d’ouvrir deux logements et un espace partagé. «Nous allons entièrement rénover le bâtiment et espérons pouvoir accueillir trois à quatre structures, tout en gardant l’esprit du lieu.» L’association espère prouver avec ce premier local que l’idée est viable et rentable, permettant de redynamiser le centre-ville et d’y réimplanter des activités. Elle espère transformer cinq commerces par an.

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De nombreux locaux commerciaux sont disponibles dans le centre-ville de Lens. ©ACT’STUDIO

Un essai

L’association joue le rôle d’intermédiaire entre les propriétaires et les futurs locataires, artistes ou entreprises : «Nous mettons en lien tout le monde et aidons au montage des projets. Par exemple, pour créer des logements, nous allons flécher des subventions ANAH.» Le projet sur Lens a réellement démarré en septembre dernier, avec un démonstrateur en lieu et place de l’ancien café Le Chanzy, situé à côté de la mairie, qui permettra dans les semaines à venir d’ouvrir deux logements et un espace partagé. «Nous allons entièrement rénover le bâtiment et espérons pouvoir accueillir trois à quatre structures, tout en gardant l’esprit du lieu.» L’association espère prouver avec ce premier local que l’idée est viable et rentable, permettant de redynamiser le centre-ville et d’y réimplanter des activités. Elle espère transformer cinq commerces par an.