Van Robaeys à Killem

Teilleur de lin depuis 1918 et tourné vers le XXIe siècle

Le ramassage du lin textile, dont le Nord – Pas-de-Calais est l’une des premières régions productrices au monde, vient de s’achever. L’occasion d’un focus sur l’entreprise Van Robaeys à Killem, teilleur de lin depuis 1918 et qui produit 9 000 tonnes de filasse* chaque année.

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Dans les deux usines de teillage de Van Robaeys Frères, 9 000 tonnes de filasse sont produites chaque année. La grande majorité est ensuite envoyée dans les filatures asiatiques.

Le ramassage du lin textile, dont le Nord – Pas-de-Calais est l’une des premières régions productrices au monde, vient de s’achever. L’occasion d’un focus sur l’entreprise Van Robaeys à Killem, teilleur de lin depuis 1918 et qui produit 9 000 tonnes de filasse* chaque année.

Du bord de mer à la Flandre-Intérieure, le même spectacle se reproduit chaque année au mois de juin : des plaines de lin bleu en fleur à perte de vue, qui font le bonheur des photographes. Pas étonnant quand on sait qu’avec la Normandie, le Nord – Pas-de-Calais est l’un des principaux territoires producteurs de lin au monde, sur une bande qui s’étend des Pays-Bas à l’Ouest de la France, en passant par la Belgique. Question de climat. «Les Chinois ont bien essayé de produire du lin, mais la qualité de la fibre est bien loin d’égaler la nôtre», sourit Pierre D’Arras, P-DG de Van Robaeys Frères depuis 2016, une entreprise familiale spécialisée dans le teillage du lin depuis un siècle.

Un nouveau site à Fortel-en-Artois

En 2018, Van Robaeys a teillé 6 414 hectares de lin, produits par 550 agriculteurs installés dans le Nord – Pas-de-Calais. Outre son usine historique de Killem, l’entreprise dispose d’un second site de production à Fortel-en-Artois, sur une surface de 8 400 m2, un site ultra-moderne qu’elle a inauguré récemment et qui vient remplacer celui, vieillissant, de Quesnoy-sur-Deûle. Chaque année, en fonction de la récolte, les équipes de Van Robaeys (115 salariés) produisent environ 9 000 tonnes de filasse pour un chiffre d’affaires moyen de 22 millions d’euros dans un marché actuellement très porteur. «Le lin est à la mode. Tous les débouchés – tissu d’habillement ou d’ameublement pour les lins de meilleurs qualité ou le papier, toile grossière pour ceux de qualité moindre – sont en plein développement, aussi bien en Europe qu’en Asie ou aux Etats-Unis», résume Pierre D’Arras dont l’entreprise exporte vers les filatures en Chine, en Inde, en Pologne, en Biélorussie ou encore en Italie (via les ports de Dunkerque et d’Anvers) où la filasse livrée sera transformée en fil textile.

«Tous les débouchés sont en plein développement, aussi bien en Europe qu’en Asie ou aux Etats-Unis»

L’innovation en fer de lance

Entreprise centenaire, Van Robaeys n’en est pas moins tournée vers l’avenir, notamment grâce à son laboratoire de R&D qui, depuis plusieurs années, travaille sur des applications possibles pour les anas de lin, c’est-à-dire la paille qui entoure la filasse. «Les anas de lin sont actuellement valorisés dans les litières pour les animaux ou le paillage horticole. Ils sont aussi de plus en plus utilisés pour la fabrication de panneaux de particules de bois agglomérés», commente Pierre D’Arras, qui a récemment répondu à une consultation lancée par la communauté de communes des Hauts-de-Flandre, qui souhaite utiliser les anas de lin pour alimenter la chaufferie de son futur centre aquatique sur la commune de Wormhout. «C’est pour nous un nouveau débouché et pour la collectivité un moyen d’utiliser un sous-produit naturel, local, peu onéreux, disponible toute l’année, au très fort pouvoir calorifique», ajoute le dirigeant. Le contrat est en cours de finalisation.

*Filament de lin obtenu par teillage qui sert à fabriquer le fil textile.