Entretien avec Nicolas Lebas, le président de l’Association des maires du Nord

Des élus de mieux en mieux formés à leurs tâches républicaines

Nicolas Lebas, le président de l’Association des Maires du Nord (AMN), revient sur ce début 2019, et dresse les perspectives qui attendent les maires du département dans cette dernière année de «mandature pleine», comme il le souligne. Le maire de Faches-Thumesnil se félicite également de l’intérêt croissant des élus pour l’AMN et les formations qualifiantes qu’elle leur propose.

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"Laissons l’électeur décider si un maire qui a fait trois mandats peut poursuivre sa mission", souligne Nicolas Lebas.

La Gazette : Quels sont les vœux que vous formulez en ce début d’année 2019 pour les maires du Nord dont vous présidez l’Association ?

Nicolas Lebas : J’aimerais que nous puissions retrouver sur l’ensemble du territoire un dialogue apaisé. On a senti qu’il y a eu beaucoup de tension dans le pays, mais on conserve une qualité d’échange excellente avec nos populations. Ensuite, nous apprécierions, dans le contexte particulier que nous connaissons, que le gouvernement continue à trouver un intérêt et des vertus aux maires et aux élus locaux, car on a besoin d’échanger avec nos responsables politiques. Il faut savoir que les réformes engagées ont des conséquences très directes sur le fonctionnement de nos communes, et on manque de visibilité. Notamment sur la suppression de la taxe d’habitation, alors qu’à l’heure à laquelle je vous parle, tous mes collègues sont en train de préparer leur budget 2019, et ne savent toujours pas comment cette taxe va être compensée. Par ailleurs, j’observe avec intérêt le fait qu’on soit passé de la période «Balance ton maire» à la période «Les maires en première ligne pour sauver la République»…

En 2020, auront lieu les prochaines élections municipales. Peut-on, compte tenu du contexte général, craindre une crise de la vocation ?

Je sens des collègues extrêmement mobilisés pour parvenir à exécuter l’ensemble des engagements de leur mandat. En même temps, ils commencent à réfléchir à la suite, et pensent à leur équipe et leur territoire. On est dans cette période où le maire réfléchit à la manière dont il va faire évoluer ses équipes. C’est une période que j’aime beaucoup et qui est toujours intéressante. Puis, il faut préparer le projet du prochain mandat ; pour cela, on a besoin de visibilité sur les ressources. Au fond, je ne sens pas vraiment de crise de vocation mais des interrogations. C’est pour ça que nous mettons en place en ce moment une offre de formations des maires et des équipes sortantes pour les amener à réfléchir à la fois à leur bilan et au futur mandat à venir. Il faut, quoi qu’il arrive que ceux qui exerceront les responsabilités municipales dès mars 2020 soient convenablement formés. Enfin, je souhaiterais qu’on laisse les maires tranquilles, et qu’on les laisse se représenter. Laissons l’électeur décider si un maire qui a fait trois mandats peut poursuivre sa mission.

Comment abordez-vous 2019 en tant que président de l’Association des maires du Nord ?

Sereinement ! J’avoue être très heureux de la mobilisation de mes collègues. On a 621 adhérents pour les communes, 13 pour les EPCI ; notre taux de cotisation est exceptionnel. Les membres de notre conseil d’administration sont tous très concernés. En 2018, nous avons enregistré une forte participation à notre congrès avec plus de 2 000 participants, et j’espère que nous serons encore plus nombreux le 13 juin prochain pour notre congrès à Douai. 2019, c’est aussi un plan de formation des élus ambitieux, proposé autour des savoir-être et des « nouveaux défis du maire », l’idée étant que ces derniers soient parfaitement outillés à l’approche de la future campagne électorale.