Chicorée du Nord à Oye-Plage

Une entreprise familiale tournée vers l’innovation

L’entreprise «Chicorée du Nord» est une entreprise artisanale exploitée sous forme de SARL par la famille Lutun depuis quatre générations à Oye-Plage. Grâce à elle, ce produit typique de la région et sa transformation continue d’embaumer le paysage ansérien.

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Son séchage implique une déshydratation afin de descendre le taux d’humidité à 10%, engendrant la caramélisation des sucres et développant les parfums et arômes.

C’est en 1934 qu’a démarré la saga familiale de la chicorée Lutun à Oye-Plage, lorsque Paul achète une usine de séchage de chicorées, ce produit alors si présent dans le terroir régional et ses cuisines. Son fils Louis, lui succède jusqu’en 1983 puis son petit-fils Vincent prend à son tour les rênes. En 1985, ce dernier abandonne l’étape de séchage de la racine (la déshydratation du produit brut afin de descendre le taux d’humidité à 10%) pour se concentrer sur la torréfaction (la caramélisation des sucres développant les parfums) rendant le produit plaisant à la consommation.

La fabrication lissée du produit, dure toute l’année même si la récolte de la racine a lieu d’octobre à décembre. Le produit peut-être stocké avant transformation jusqu’à un an et demi sans détérioration. L’entreprise s’approvisionne en racines cultivées dans la région même si la production est mondiale. Dix salariés sont présents sur le site parmi lesquels cinq membres de la famille Lutun. La charte HACCP garantie au consommateur un produit naturel, bon et sain.

La chicorée est une racine cultivée traditionnellement dans la région Hauts de France même si elle est présente sur plusieurs continents.

L’entreprise produit de la chicorée en grains (le produit phare et historique qui s’infuse avec le café ou seul), de la chicorée liquide (un extrait en aide culinaire pour des recettes sucrées ou salées), de la chicorée soluble (à travers une gamme de produits différents). Les exportations représentent 60% du chiffre d’affaires (ce dernier dépasse les 2 millions d’euros). Le produit est vendu aux industriels, herboristes, torréfacteurs de café.

Aujourd’hui, l’heure est à la préparation de la retraite de Vincent et à la mise en place autonome de la 4ème génération. Sa fille, Agnès (son frère Benoît est également présent) est prête pour la succession : «Il est important de continuer à exister. Nous restons aujourd’hui deux producteurs en France, ce qui permet de la compétitivité, de la diversité. Nous communiquons sur la marque «Lutun». Par moment une entreprise familiale peut avoir des difficultés économiquement mais nous sommes animés par la passion du produit qui est complexe à élaborer techniquement, différent du café. Il a subi une perte de vitesse dans le passé mais revient aujourd’hui sur le devant de la scène avec une image dépoussiérée et synonyme de bienfaits culinaires : naturellement sans caféine, riche en fibre, permettant des infusions. Il est aujourd’hui considéré comme l’épice des Hauts de France suscitant un nouvel engouement autour de valeurs naturelles, locales, végétales, traditionnelles. Chaque année, le 3ème week-end d’octobre, nous participons au Salon «La Chicorée ça se cuisine» à l’occasion de la «Fête de la Chicorée» du Pays d’Audruicq et chaque année, nous y présentons une recette sucrée et une recette salée afin de promouvoir les multiples possibilités du produit. Les artisans qui l’utilisent dans leurs fabrications y sont mis en avant. Nous avons aussi de nouveaux projets tournés vers la grande distribution en B to B et B to C. Nous explorons de nouveaux marchés, les thés et tisanes. Nous sommes tournés vers l’innovation et cherchons à développer de nouveaux produits pour de nouvelles habitudes mais aussi de nouveaux packagings. Chicorée du Nord possède également une gamme de produits BIO et BIO USDA pour satisfaire les besoins des clients.»