À Boulogne-sur-Mer, le tour de piste du ministre des Comptes publics

Gérald Darmanin en visite à Boulogne-sur-Mer

Gérald Darmanin, ministre des Comptes publics, a visité la zone d’activités halieutiques Capécure à Boulogne-sur-Mer, le 28 février dernier, à quelques semaines du Brexit. Guidé par des professionnels de la pêche et de la transformation des produits, il a visité, entre autres, la société de transport et de logistique Delanchy Copromer et le Poste d’inspection frontalier (PIF).

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Gérald Darmanin le 28 février dernier à Capécure.

La visite ministérielle, menée tambour battant, fut ponctuée d’inquiétude et de perplexité. Pendant que le ministre se fait expliquer le cheminement des marchandises halieutiques, les acteurs de la Côte d’Opale échangent sur le Brexit. «Je pense pas qu’on sera totalement prêt fin mars», s’inquiète un entrepreneur du secteur halieutique. «On a déjà connu une frontière avec les Anglais», répond un autre. Plus loin, Jean-Marc Puissesseau, président de la Société des ports du Détroit, et Frédéric Cuvilier, maire de Boulogne-sur-Mer et ancien ministre, présentent les projets de la Côte d’Opale : «Tout est prêt monsieur le Ministre. Il n’y a plus qu’à signer le bon de commande.» Les travaux sur les ports de Calais et Boulogne avancent. Venu faire le point avec les professionnels, Gérald Darmanin n’a cependant fait aucune annonce.

Merlan, maquereau, encornet, sole…

Devant les cadrans de la bourse de la criée, le ministre écoute Gildas Dubois, chef adjoint de la criée : «On a choisi les solutions les plus rapides dans la construction de la criée. Le logiciel a été fait avec les usagers, l’enjeu étant d’aller le plus vite possible.», explique le guide. Le tonnage des produits s’affiche sur les cadrans. Ils sont présentés une fois, puis une seconde fois. Les acheteurs suivent un, deux cadrans (rarement trois) à la fois. Ceux-ci affichent de manière invariable les produits : cadran 1 le merlan et le maquereau, cadran 2 l’encornet, cadran 3 la sole. Chaque matin, la charge des cadrans est réévaluée pour équilibrer le marché… et garder les acheteurs dans la salle de la criée.

Le ministre des Comptes publics chez Delanchy Copromer, transporteur et logisticien du secteur halieutique.

Une pause café intervient vers 6h30. Gérald Darmanin écoute les professionnels du secteur : 70% de la pêche anglaise de la Manche se situe dans la zone 4C, fréquentée par les bateaux boulonnais et hollandais. Plus tard, la direction de l’entreprise de transport et de logistique Delanchy Copromer accueille le ministre et lui explique ses démarches face au Brexit. «Toutefois, l’information n’est pas assez importante sur la préparation», ajoute la direction qui est en cours de recrutement de 50 personnes depuis l’an dernier. Au Poste d’inspection frontalier, Gérald Darmanin est interpellé par les syndicats douaniers venus lui faire part de leurs inquiétudes : «Les postes de nuit se multiplient pour les douaniers, monsieur le Ministre. Des heures payées (en sus du tarif normal) 1,80€… On demande une prise en charge de 50% de la mutuelle. On réclame l’égalité avec le privé», explique Philippe Bollengier, secrétaire régional de la CGT. Véritable police des marchandises, la douane a perdu 6 000 emplois en 12 ans. L’Etat procède au recrutement de 267 personnes dans les Hauts-de-France : il faudra entre six mois et deux ans pour les former.