Mieux investir dans le tourisme pour attirer davantage

Les enjeux du tourisme sur la Côte d’Opale

Le 1er avril dernier, à l’hôtel barrière le Westminster du Touquet, un déjeuner-débat sur l’attractivité en Côte d’Opale était organisé autour du thème : «Le tourisme se transforme, et nous ?» Une centaine de personnes – en majorité des professionnels du secteur – avait répondu présent. Ils ont débattu avec le président de l’Agence d’attractivité du montreuillois Opale&CO Daniel Fasquelle, directeur adjoint d’Atout France Christian Mantei, président d’Offices de Tourisme France Christian Mourisard et la maire du Touquet, Lilyane Lussignol.

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Une dizaine de participants ont pris la parole durant ce déjeuner pour évoquer leurs questionnements, leurs craintes et leurs souhaits.

Conséquences du Brexit sur la Côte d’Opale, tourisme institutionnel ou culturel, projet de la serre Tropicalia à Rang-du-Fliers : voici quelques-uns des thèmes abordés par les participants lors de ce déjeuner-débat. Un des points soulevés par Christine Nacry, présidente de la commission tourisme à la CCI Hauts-de-France, réside dans la manière d’amener et de faire rester les saisonniers dans la station balnéaire du Touquet à l’heure où les prix des hébergeurs culminent à des hauteurs inaccessibles à la ressource humaine. À cette problématique, le maire du Touquet admet que l’hébergement des saisonniers est un réel problème : «On réfléchit à trouver une solution avec le conseil municipal. Dans les mois à venir, on pourra annoncer quelque chose, une réponse au problème d’hébergement que rencontrent nos saisonniers pendant la période estivale. Mais ça ne sera pas pour cette année», admet l’édile.

«J’ai l’impression qu’il manque une étincelle»

Et Christine Nacry de surenchérir : «J’ai l’impression qu’il manque une étincelle. Ce que nous souhaitons, c’est mettre en place une cellule de veille pour voir ce qui se fait à l’étranger, ce qui fonctionne bien et ce qui est à éviter.» Une demande restée sans réponse. Autre thème évoqué pendant le déjeuner, le Brexit et son impact sur le tourisme. Un «non-débat» pour Daniel Fasquelle, directeur adjoint d’Atout France : «Selon les différents scénarios envisagés, ça ne changera strictement rien. Les contrôles des personnes aux frontières existent déjà, la monnaie reste la même. Ça ne va pas empêcher les touristes de venir sur la Côte d’Opale.» S’il y a bien un projet qui pourrait amener de nombreux touristes, c’est celui de la serre Tropicalia, la plus grande serre tropicale au monde, au sud-est du Touquet. «Est-ce que Atout France va nous aider ?» demande Philippe Claye, beau-père d’une architecte qui travaille au sein du projet. «Nous ne finançons jamais. Mais nous travaillons avec la Caisse des dépôts qui, elle, a des moyens. J’ai entendu parler de ce magnifique projet et je suis prêt, à titre amical, à y regarder de plus près avec vous», répond le directeur adjoint d’Atout France. Le mot de la fin concerne les Jeux olympiques de 2024 et ses opportunités pour la Côte d’Opale. Et Daniel Fasquelle de conclure : «L’enjeu, c’est que le sportif ne soit plus un simple supporter qui vienne seulement pour cet événement, mais qu’il devienne un touriste à part entière qui profite d’un événement sportif.» On n’en saura pas plus sur la manière de réussir ce pari. Après deux heures d’échanges, on a le sentiment que ce déjeuner-débat n’a pas répondu à la question posée : le tourisme se transforme, et nous ?