Emploi cadre

L’optimisme perdure dans les recrutements

L’association pour l’emploi des cadres (APEC), a présenté le bilan 2018 et les prévisions du recrutement cadre. Celui-ci continue d’afficher une bonne santé, avec une progression de 7% dans les Hauts-de-France malgré quelques nuances entre la Picardie et le Nord – Pas-de-Calais.

Valérie Fenaux, déléguée régionale Hauts-de-France de l'APEC.

L’emploi cadre est toujours au beau fixe dans les Hauts-de-France. Si bien que la région a repris sa troisième place sur le podium des recrutements de cadres, derrière l’Île-de-France et l’Auvergne- Rhône-Alpes. Ainsi, on observe une hausse de 7% en 2018, avec 16 120 embauches. «Cela correspond à la médiane qu’on avait prévue l’an dernier», souligne Valérie Fenaux, déléguée régionale Hauts-de-France de l’APEC. Une progression légèrement en dessous de la moyenne nationale à 11%, majoritairement tirée par l’Île-de-France. L’organisme s’est appuyé sur un échantillon représentatif de 883 entreprises privées. Pas moins de 3 730 postes ont par ailleurs été créés. Un chiffre qui prend notamment en compte les promotions, en hausse de 27% : «C’est une bonne stratégie pour faire progresser les collaborateurs quand on ne trouve pas les compétences sur le marché du travail.» Dans le détail, le Nord – Pas-de-Calais s’en tire mieux que la Picardie. L’ancienne région a vu une diminution de ses recrutements. Les grands gagnants de l’année sont les jeunes diplômés qui ont vu leur part bondir dans les embauches : elle est passée de 17% en 2017 à 27% en 2018. «Lorsque les entreprises ne trouvent pas de personnes avec suffisamment d’expérience, cela profite au jeunes. On peut aussi mettre cette hausse en lien avec des profils en informatique et d’ingénieurs, très recherchés.»

Des prévisions 2019 modérées

L’APEC table pour 2019 sur une hausse de 8% des embauches dans le meilleur des cas, contre une baisse de 1%. «Nous sommes également la troisième région dans les intentions de recrutement.» Les services arrivent en tête des secteurs d’activité qui recrutent, avec 61% des intentions de recrutement. L’industrie lui emboîte le pas avec 23%, une part stable depuis l’année dernière. Côté métiers, le commercial arrive en tête, suivi de l’informatique et des études R&D. Les jeunes diplômés avec moins d’un an d’expérience devraient toujours avoir la cote en 2019 avec 22% d’intentions d’embauche. «Le cœur de cible reste quand même les un à dix ans d’expérience.» Les moins bien loties sont les cadres dits «seniors» avec 20 ans et plus d’ancienneté. Selon Valérie Fenaux, c’est aussi la catégorie qui a le plus de risques de rester longtemps au chômage. «On peut parler d’obsolescence des compétences, il y a un enjeu de formation, voire de reconversion. Il y a aussi la question du frein par rapport au salaire demandé», ajoute-t-elle. Afin de bouger ces stéréotypes, l’APEC devrait lancer en mai une opération de parrainage des cadres seniors : «Il y a un gisement de talents à exploiter.»

«Nous sommes la troisième région dans les intentions de recrutement en 2019.»

Un décalage entre formation et besoins du marché

Certains secteurs peinent à recruter. Chez Activ’Eng, Aurélien Cornil, responsable des ressources humaines, cherche des talents chez les jeunes diplômés, faute de profils expérimentés sur des métiers techniques. «On observe un décalage entre la formation et les attentes en termes de compétences en entreprise. Il y a un fossé important sur la technique.» La société prévoit ainsi des formations de quelques mois afin, notamment, d’initier les nouveaux arrivants aux logiciels utilisés. «Nous sommes une PME d’une vingtaine de personnes et nous prévoyons 10 à 20 recrutements en 2019, dont 5-6 cadres.» Même problème chez Sergic, spécialisé dans la gestion immobilière, qui manque de profils de gestionnaire de portefeuilles et relation client. «Les formations longues sont plus rares à trouver sur ce métier. On fait beaucoup monter en compétence en interne», indique Sonia Valembois-Duval, directrice des ressources humaines chez Sergic. L’entreprise prévoit de recruter 90 personnes, dont un tiers de cadres en 2019 dans les Hauts-de-France. La majorité des postes sont positionnés dans le Nord – Pas-de-Calais.