Mode et maison

Blancheporte investit pour sa transformation numérique

12 millions d’euros. C’est le montant que va investir Blancheporte dans sa révolution numérique et la refonte de son image. Une évolution nécessaire pour l’entreprise qui a retrouvé sa rentabilité en 2017, une année seulement après avoir été reprise par quatre de ses salariés.

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Les quatre associés : Caroline Lemaire, Franck Duriez, Corinne Devroux et Salvatore Spatafora.

De l’industrie du textile à la VPC (vente par correspondance), et aujourd’hui premier site web e-commerçant pour les femmes de plus de 50 ans – et 6e e-commerçant français mode et maison –, Blancheporte a connu plusieurs mutations, tout en résistant sur un marché souvent fluctuant. Avec l’ouverture de son site web en 2005, l’entreprise a pris le virage du numérique sans pour autant mettre de côté les catalogues qui ont fait sa renommée : 70 millions de catalogues sont encore distribués chaque année. Mais Blancheporte mise surtout sur l’omnicanal – 2 millions de visiteurs uniques par mois sur le web – et le lancement d’un programme d’investissement de 12 millions d’euros sur trois ans. «Ces projets sont au service de nos clients et de nos collections. Nous allons transformer notre système d’information, créer une nouvelle plateforme web et lancer un plan média. Notre clientèle suit les trends. Bien sûr, elle n’est pas geek, mais nous devons lui fournir les bons outils», détaille Franck Duriez, président. Ainsi, 7 millions d’euros seront consacrés au système d’information : qualification de la data pour offrir une «expérience d’achat personnalisée et sans coupure», pour un parcours client fluide. «Nous préparons le relais de croissance de demain, avec une logique de mobile first», explique Salvatore Spatafora, directeur associé marketing et client. En effet, 35% des visites sont exclusivement online, avec une clientèle plus jeune. Au premier semestre 2020, Blancheporte lancera son nouveau site marchand, à coup d’intelligence artificielle et de décryptage des parcours de navigation. Restent 5 millions d’euros dédiés à la refonte de la marque, avec un fil conducteur – «Femmes, on vous aime !» –, joli clin d’œil aux deux millions de clientes qui réalisent plus de 4 millions de commandes chaque année.

210 salariés et 172 millions d’euros de chiffre d’affaires

Si le marché du textile est en recul de 2,9%, Blancheporte, après des années difficiles, tire son épingle du jeu et affiche une croissance de 0,5%. Depuis 2017, l’entreprise est rentable et mise sur de nouveaux marchés comme celui de la chaussure (+15% en 2018), mais aussi sur le lancement d’une nouvelle marque, «Isabella», une collection pensée pour les morphologies généreuses avec 180 références. «Nous misons beaucoup sur la cocréation avec des blogueuses, à l’image de la collection capsule avec une designer locale, Louise Motte. Ce rendez-vous sera pérennisé à chaque saison», détaille Corinne Devroux, directrice associée achats et communication. Les 1 600 nouveaux modèles par saison sont désignés en interne à 90%, sur trois secteurs : le prêt-à-porter, la lingerie et la maison. «Nous avons multiplié par trois le résultat depuis 2017, avec une stratégie omnicanale qui est notre facteur clé», se réjouit Franck Duriez.