Armentières

La renaissance des bières Motte-Cordonnier

C’est toute une histoire de famille qui se dessine avec la reprise d’activité de la brasserie Motte-Cordonnier, à Armentières. 370 ans après le démarrage de l’activité, la nouvelle bière1 baptisée La René – du nom de l’arrière-grand-père de la famille Motte, qui avait repris la direction de la brasserie à 23 ans – mise sur la tradition et la modernité.

La reprise de la Brasserie Motte-Cordonnier, une histoire de famille.

«On se mobilise depuis plus de neuf mois !» raconte Frédéric Motte, président du Medef Hauts-de-France et à l’initiative du renouveau de la brasserie avec ses deux frères, leurs épouses et leurs neuf enfants. Ancré dans le territoire, ce projet est surtout local : pour l’instant brassée dans un établissement partenaire, la René est concoctée à partir d’ingrédients français et idéalement, locaux. Si la bière n’est – pour l’instant ! – pas encore brassée sur place, c’est tout simplement parce que le site d’origine Motte-Cordonnier est en pleine rénovation. D’une superficie de 9 hectares, il abritera à terme des logements, des bureaux et une partie qui pourrait être vouée à la brasserie. «C’est notre rêve de nous y installer !» renchérit Frédéric Motte.

Un premier brassin de 25 000 bouteilles

Après des années fastes – avant 1914, on comptait 2 900 brasseries uniquement en Hauts-de-France et Motte-Cordonnier était le numéro 3 français, avec 1 000 salariés –, Motte-Cordonnier rejoint le groupe belge Stella Artois dans les années 70. Le brassage s’arrêtera en 1993 ; l’embouteillage, quelques années plus tard, en 2003, signant ensuite la fermeture du site, devenue uniquement un centre logistique. Au décès de Bertrand Motte (le père de Frédéric Motte, ndlr), la famille pense à relancer la production, en rayonnant localement. «L’orge vient des Hauts-de-France ; le houblon, en grande partie ; et notre verre est produit chez Arc international», détaille Frédéric Motte. Si, pour l’instant, on ne peut trouver la René qu’en bouteille de 75 cl, les bouteilles de 33 cl devraient suivre rapidement, avec l’ambition de développer d’autres gammes, pour compléter cette blonde «pas trop houblonnée, légère et aromatisée». Côté distribution, les cavistes et distributeurs spécialisés ont été privilégiés. «Ce n’est pas une bière que l’on trouvera en grande distribution», prévient Frédéric Motte.

Passer le relais

Sans conteste, le marché de la bière est en pleine croissance, favorisant l’essor de nouvelles micro-brasseries, et passionne les épicuriens, bien au-delà des Hauts-de-France. Ce retour à la consommation locale, mais aussi une présence appuyée sur les réseaux ont fortement trouvé écho auprès des enfants de la famille Motte. «Cette aventure est un bon révélateur des capacités et des ambitions de chacun. Chacun s’est mobilisé. L’objectif, c’est bien entendu de passer le flambeau aux enfants», espère Frédéric Motte.

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