Entretien avec Bruno Goval, directeur de l'Office de tourisme et des congrès de Lille

Lille dans toute sa splendeur

C’est désormais un fait avéré : Lille est devenue une destination touristique et on la visite non plus sur la journée mais sur un court séjour, en rayonnant autour de la ville. Bruno Goval, directeur de l’Office de tourisme et des congrès de Lille, reconnaît ce véritable changement dans la Capitale des Flandres.

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Ils sont plus de 500 à pousser tous les jours les portes de l’Office de tourisme et des congrès, palais Rihour à Lille. Même si Internet permet de trouver bon nombre de renseignements en ligne, les visiteurs restent attachés au contact humain. « Sur ces 500 personnes, 48% sont étrangères, dont 80% viennent de quatre pays : la Grande-Bretagne, la Belgique – aussi bien des francophones que des néerlandophones –, les Pays-Bas et l’Allemagne« , détaille Bruno Goval, directeur de l’Office de tourisme et des congrès de Lille. L’Office reçoit plus de 60 nationalités, avec une clientèle de plus en plus internationale, et propose d’ailleurs des visites de Lille intra-muros dans neuf langues différentes. Depuis dix ans, Lille est d’ailleurs classée ville « qui vaut voyage » dans le Guide Vert Michelin qui la qualifie d’«incontournable». « Lille est clairement une destination de week-end, avec nos pépites culturelles comme le LaM, le musée de Flandre ou encore le Louvre-Lens. La ville est facilement accessible et propose des hébergements variés« , poursuit le directeur. Des auberges de jeunesse privatisées en passant par les hôtels – avec trois établissements cinq étoiles : l’Hermitage Gantois, le Casino Barrière et le Clarance Hôtel –, l’offre hôtelière est désormais complète, alors que les hébergements lillois ont longtemps souffert d’un manque de diversité. Sans compter que l’offre va continuer de s’élargir avec l’arrivée imminente du Mama Shelter, dans le quartier d’Euralille, prévue cet été et d’Okko Hôtels fin 2020, rue de Béthune à Lille. « On recense une centaine d’hôtels dans la métropole pour environ 7 500 chambres, avec, dans les prochaines années, 600 chambres supplémentaires« , se félicite Bruno Goval. Et de poursuivre : « Lille commence aussi à être une référence en gastronomie avec de jeunes chefs créatifs, inventifs et talentueux. Cela fait clairement partie de l’expérience touristique.« 

Une offre diversifiée pour rayonner au-delà de Lille

La Vieille-Bourse. © OTCL Lille Laurent Ghesquière

Ville d’art, de gastronomie mais aussi de patrimoine, la capitale des Flandres, avec ses allées commerçantes et son histoire, se visite à pied mais aussi de façon plus insolite… En 2 CV, mais aussi à trottinette, à vélo (en partenariat avec le Grand Huit) ou encore en vélo taxi avec Happy Move. Le collectif Renart propose aussi de mixer vélo, street art et architecture lors de quatre visites (le 30 juin, le 28 juillet, le 25 août et le 29 septembre), en déambulant à travers Saint-Sauveur, Moulins et Wazemmes, pour découvrir la ville dans le cadre de la Biennale internationale d’art mural. Insolite mais aussi ludique, avec le « carnet rallye »ou encore une visite brassicole avec « Histoires de bières » (les mercredis en juillet et août), l’exploration des quartiers Saint-Sauveur et de la maison Folie Moulins (une ancienne brasserie), et, enfin, la visite de la brasserie LIL. « Notre coeur de métier, c’est la visite, mais il faut qu’elle soit structurée et de qualité. Les touristes apprécient de se sentir ancrés dans la ville et aiment partager leur ressenti« , concède Bruno Goval.

Quelques événements phares

Bruno Goval, directeur de l’Office de tourisme et des congrès de Lille depuis 30 ans, a vécu cette belle transformation de la ville.

Après une phase importante de travaux en 2018, les plans-reliefs du palais des Beaux-Arts viennent à nouveau d’ouvrir leurs portes, une belle occasion de découvrir la ville à travers 400 ans d’histoire (dates et horaires sur le site de l’Office de tourisme). « Cette année, nous avons aussi voulu mettre en avant la citadelle et ses extérieurs avec les fortifications et le contre garde du Roy. Depuis le 18 mai, cet ancien bâtiment militaire a été repensé comme un nouveau lieu d’animation du patrimoine, mais aussi un lieu de vie. Ce quartier est en pleine reconversion« , détaille le directeur. Même si Lille n’a pas une tradition touristique de longue durée, elle peut s’enorgueillir de devenir une destination de plus en plus appréciée, boostée aussi par le tourisme d’affaires et par un centre de congrès en plein centre-ville, mais aussi soutenue par les politiques locales.

Pause déjeuner culturelle

« Un midi, un site » : quatre nouvelles thématiques pour découvrir un quartier de la ville entre 12h30 et 13h15. Euralille 1, « Lille mon amour » (histoire de Lille à travers de grands personnages lillois ou les facéties amoureuses des personnages mythologiques qui ornent les architectures), « Autour des halles de Wazemmes » et « De Lille à l’Eldorado », en lien avec l’événement Eldorado lille3000 (jusqu’au 1er décembre 2019). Pensées pour rompre le quotidien, ces visites connaissent un vrai succès depuis leur instauration. «On souhaite que nos habitants soient des touristes ! On pense connaître son quotidien, mais le temps fait souvent défaut et les locaux apprécient aussi de partager l’histoire de leur ville», avoue Bruno Goval.