Bilan annuel RTE

L’électricité des Hauts-de-France traverse l’Europe

RTE Hauts-de-France a présenté le bilan 2018 de la consommation régionale en électricité. Une partie de la production du territoire s’est aussi retrouvée dans les foyers et les industries de nos voisins européens.

Les Hauts-de-France sont traversés par 8 338 km de lignes aériennes.

«Les Hauts-de-France sont connus pour être un réseau de flux, on le prouve encore une fois avec l’électricité.» Lors de la présentation de son bilan 2018, Laurent Cantat-Lampin, délégué régional RTE Hauts-de-France, a insisté sur l’importance des liens qui liaient les pays européens avec la région. Le rôle de RTE est de relier les producteurs d’électricité aux consommateurs. L’opérateur gère également la distribution d’électricité en temps réel, car «l’électricité ne se stocke pas, on s’adapte aux besoins des consommateurs à chaque seconde», explique Laurent Cantat-Lampin. Et lorsque qu’un territoire se trouve à court, il doit puiser de l’énergie ailleurs.

29% de la production régionale exportés

En effet, RTE ne distribue pas seulement de l’électricité en France, mais également dans toute l’Europe, à travers plus de 400 interconnexions entre tous les pays. «Une telle infrastructure a plusieurs atouts. Premièrement, ça permet de résister aux coupures d’électricité. Ça permet aussi de réguler les prix et de produire une électricité plus verte, en mettant en commun les sources d’énergie renouvelable.» Dans cet échange, les Hauts-de-France sont très sollicités. L’année dernière, la région a exporté 29% de sa production d’électricité, notamment vers la Belgique et l’Angleterre.

La France, l’Allemagne et les Pays-Bas sont les plus gros pays exportateurs d’électricité en Europe. Sur 549 TWh produits en France en 2018, 12% ont été exportés. Mais même en tant que grand exportateur, un pays n’est pas à l’abri d’une pénurie. Quand la demande en énergie connaît un pic, il est aussi possible de demander du renfort. «En 2018, la France s’est reposée sur la production étrangère pendant 17 jours. C’était notamment pendant la vague de froid du début d’année», indique le délégué régional RTE.

La solidarité qui existe entre la France et les autres pays d’Europe se retrouve à plus petite échelle entre les régions, voire entre les départements. L’Oise est, par exemple, un territoire qui s’appuie beaucoup sur le Nord, un voisin très productif grâce à la centrale nucléaire de Gravelines.

Des comportements de plus en plus écoresponsables

La consommation annuelle d’électricité dans les Hauts-de-France a été de 47 TWh, ce qui représente près de 11% de la consommation nationale. Si ce chiffre est stable depuis une dizaine d’années, il ne faudrait pas s’en réjouir mais plutôt souhaiter le voir à la baisse. «Les comportements écoresponsables émergent de plus en plus. Mais, en même temps, on a de plus en plus d’appareils qui fonctionnent à l’électricité. Donc c’est difficile de voir une différence», décrypte Laurent Cantat-Lampin. Autre bête noire : la mauvaise isolation des habitats chauffés à l’électricité, qui implique une surconsommation.

Les énergies renouvelables couvrent 15,5% de la consommation régionale. Un chiffre qui reste en dessous de la moyenne nationale mais qui est en nette progression. Entre 2009 et 2018, la production d’énergie éolienne est passée de 1 000 à 4 000 MW. D’ici 2021, la région voudrait que 23% de sa production électrique soient issus des énergies renouvelables.