Se lancer dans l’entrepreneuriat

Les trois conseils de Martin Toulemonde

À l’occasion de la soirée de clôture du programme d’accélération d’entreprises Upgrade, Martin Toulemonde, créateur de Chronodrive, a été invité à raconter son parcours pour inspirer l’audience.

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Martin Toulemonde, fondateur de Chronodrive et de Sparkling Partners, a partagé son expérience entrepreneuriale avec l'auditoire de la Serre numérique. © Serre Numérique

Pour clore la formation des neufs entreprises qui ont suivi le parcours Upgrade (voir encadré), Martin Toulemonde, fondateur de Chronodrive et de l’accompagnateur de start-up Sparkling Partners, est venu raconter son parcours entrepreneurial. En résumant 17 ans de carrière, voici les trois conseils primordiaux qu’il a donnés pour mener à bien son activité.

1 – Travailler en binôme

Après avoir travaillé pour Bonduelle jusqu’au début des années 2000, Martin Toulemonde a quitté le groupe agroalimentaire pour de nouveaux horizons professionnels.

C’est en observant le concept du drive dans la restauration rapide que l’idée de Chronodrive a commencé à naître dans son esprit. «Internet pouvait libérer le consommateur de la corvée des courses. Mais un système de livraison à domicile prenait trop de temps», a-t-il remarqué. Le drive, lui, est instantané : une fois la commande passée, le client n’a plus qu’à chercher sa commande, sans passer du temps à chercher ses produits dans les rayons.

Issu d’études en école de commerce, Martin Toulemonde avait conscience de ses lacunes en technologies. «Quand j’étais jeune, j’ai longtemps hésité avec des études en ingénierie, et j’ai œuvré à me rattraper toute ma vie», avoue-t-il. L’interaction avec un binôme s’est alors avérée intéressante : «Le marketing et la technologie doivent interagir pour réussir», résume-t-il. Le premier Chronodrive de France a ainsi vu le jour à Marcq-en-Barœul en 2002.

Dans un autre registre, Martin Toulemonde voit dans un binôme le moyen de se décharger. «Un entrepreneur a souvent du mal à sortir la tête du guidon. L’entrepreneuriat, c’est un choix de vie, c’est du non-stop. Je recommande de se mettre au vert au moins une fois par mois pour remettre en question ce qui a été fait et ce qui est à faire. Et cette journée est plus facile à prendre quand on sait qu’un binôme peut prendre le relais pendant son absence.»

«Un entrepreneur a souvent du mal à sortir la tête du guidon.»

2 – Voir son entreprise selon trois prismes

Pendant une telle réflexion, l’entrepreneur recommande de visualiser son activité à trois échelles : à la journée, dans six mois et dans trois ans. «C’est un moyen de continuer sa stratégie en la faisant évoluer, sans prendre de trop grands virages.» Certes, la méthode du «test and learn» est indispensable : il faut confronter son produit à des clients très tôt, pour l’ajuster selon le retour des consommateurs. «Mais il faut faire attention à ne pas devenir un derviche tourneur, prévient Martin Toulemonde. On doit être sûr des premières bases qu’on propose.» Devenu business angel (bien qu’il déteste le terme), l’intervenant se veut cependant rassurant : dans tous les cas, il faut au moins sept à huit ans de travail pour qu’un entrepreneur ait une activité pérenne. «Les histoires d’entrepreneurs qui vendent leur entreprise trois ans après la création, ce ne sont que des cas exceptionnels qu’on voit dans les journaux.»

3 – Être sélectif dans l’utilisation de son budget

En 2013, Martin Toulemonde a vendu Chronodrive pour créer Sparkling Partners, une structure qui a fait naître une vingtaine d’entreprises depuis sa création. Le principe de cette entreprise est de trouver des idées de projet sans entrepreneur assez compétent pour les réaliser, et trouver des âmes d’entrepreneur sans idées pour faire une combinaison qui matche. De cette activité, l’intervenant a tiré une leçon : «Les idées ne valent rien, il n’y a que l’exécution qui a du sens.» Et il n’est pas question d’exécuter toutes les idées qui émergent sans les sélectionner. «Quand j’entends tous les jours qu’il y a des levées de fonds pour des projets à tout-va, je suis ahuri. Bien sûr il faut de l’argent pour réaliser des choses, mais le business plan doit être en béton. Lever de l’argent, ce n’est pas une victoire en soi, ce n’est que le début de quelque chose», affirme le serial entrepreneur.

Upgrade, c’est quoi ?

La première promotion du programme Upgrade, ravie de la formation dispensée par la Serre numérique. ©Serre numérique

Proposé par la Serre numérique à Valenciennes, Upgrade est un programme de formation de 12 semaines à destination d’entreprises de la filière numérique déjà créées. Lancée en décembre dernier, la première promotion, composée de 9 entreprises de la région, vient d’achever son parcours d’accompagnement. «C’était une prise de recul nécessaire pour canaliser ses actions, mettre un mot dessus et mieux les organiser», témoigne Guillaume Gergaud, dirigeant de Meetyouevent. Sous le parrainage de Nicolas Nolf, créateur de la marque de nourriture pour chiens et chats Atavik et rédacteur du blog «Boss autrement», les participant ont assisté à des sessions thématiques pour se développer à l’international, gérer leurs médias sociaux ou encore mettre en œuvre une stratégie commerciale.