Centre-ville de Béthune

Alice Caron-Morival s’implique dans la dynamique commerciale

Alice Caron-Morival est une femme de conviction. Commerçante dans le centre-ville de Béthune, elle veut redonner au commerce de proximité toutes ses lettres de noblesse. Pour y parvenir, elle a monté une association impliquant des jeunes et mis en place toute une série d’animations pendant la saison estivale.

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Dans sa boutique MAO de la rue d’Arras, Alice Caron Morival relève un nouveau défi, celui de travailler à la redynamisation du commerce de centre-ville.
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Dans sa boutique MAO de la rue d’Arras, Alice Caron-Morival travaille à la redynamisation du commerce de centre-ville.

Alice Caron-Morival est une femme de projet… Juriste de formation, elle a d’ailleurs toujours un mandat au tribunal des prud’hommes. «Après un troisième cycle avec une spécialisation procédure, j’ai été huissier de justice stagiaire pendant deux années à Lens avant de migrer vers le recouvrement bancaire», indique-t-elle. 

A 30 ans, cette femme de conviction avait l’envie de changement. Elle décide alors de créer une SARL avec deux autres personnes pour reprendre un garage poids lourds. Elle est entrée dans le vif du sujet et dans le monde de l’entreprise à la barre du tribunal de commerce : «J’ai mis en application toutes mes connaissances juridiques lorsqu’il a fallu convaincre le président du tribunal de commerce de nous laisser reprendre ce garage.»

Ce challenge était important pour elle qui avait besoin de changement dans sa vie professionnelle. Cette expérience durera six années «pendant lesquelles (elle a) fait de très belles rencontres. J’ai aussi beaucoup appris». Lauréate de Réseau Entreprendre Artois et accompagnée par Artois initiative, l’aventure lui a également permis de s’épanouir personnellement. Elle est aujourd’hui impliquée dans le conseil d’administration de Réseau Entreprendre Artois.

Après ces six années, elle a cependant décidé de quitter ce monde typiquement masculin et de rejoindre le Béthunois. «J’étais à l’affût d’une opportunité, je n’étais pas fixée sur la typologie exacte d’activité : un commerce et/ou une entreprise…».

Finalement, grâce à son réseau, elle a rencontre Gaëlle, gérante d’un commerce d’accessoires femme et déco, au 36 rue d’Arras à Béthune. «Elle voulait vendre son commerce sous franchise MOA. Nous avons été mises en relation par une connaissance. Après mûre réflexion, j’ai décidé de relever ce deuxième défi en septembre 2017.» (Ndlr : MOA est une marque du groupe français Camaïeu, présent sur le territoire national au travers 187 boutiques). 

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«Nous avons besoin de ramener de l’humain au centre des relations commerciales et de revenir au commerce de proximité» souligne Alice Caron-Morival.

Dynamique commerciale

Très contente de son choix, qui lui permet d’être en relation directe avec les clients, dans une ville de premier choix et dans un bâtiment atypique qui lui plaît, la dirigeante ne s’est pas arrêtée là. 

En parallèle de cette reprise d’entreprise, elle a décidé de créer une association avec comme objectif de dynamiser le centre-ville de Béthune. «Le 36 de Bacchus est une association loi 1901, dans laquelle j’ai décidé d’impliquer les jeunes. Ils ont de très bonnes idées, nous devrions plus souvent les écouter», indique Alice Caron-Morival, qui donne également des cours de droit commercial à des étudiants. 

D.R.
En parallèle de son activité de dirigeante d’entreprise, Alice Caron-Morival a créé une association qui implique les jeunes dans des actions de dynamisation du centre de Béthune.

Alice Caron-Morival met aujourd’hui ses compétences de chef d’entreprise pour développer son association qui, après seulement quelques mois d’existence, a créé plusieurs événements. «Nous avons participé à la Fête de la musique, avec une scène sur le parvis de la gare, et une soirée électro dans un parc du centre de Béthune. Nous avons également organisé une grande soirée sur la grand-place le 10 août.» D’autres actions sont en préparation, soirées, grands jeux, toujours dans l’objectif de retrouver une dynamique de centre-ville.

D’autres projets

D’ici quelques années, elle se verrait bien à la tête d’une seconde boutique, et même de deux à trois boutiques à cinq ans toujours sur la région, dans la mesure du possible dans différents centres-villes. «Nous avons besoin de ramener de l’humain au centre des relations commerciales et de revenir au commerce de proximité. C’est un cercle vertueux

Le commerce béthunois, la commerçante y croit et, statistiques à l’appui, elle étaye sa démonstration : «Sur 2018, le ratio est positif, nous avons enregistré plus d’ouvertures que de fermetures. La tendance est encore meilleure pour 2019.»

Grâce à un important travail de fond, le commerce de proximité béthunois continue de monter en puissance avec de nouvelles arrivées : bar à cocktail, ludothèque… «Je pense que l’on assiste à une mutation des habitudes de consommation. Les clients ont besoin de plus de proximité, c’est ce que nous leur offrons dans nos boutiques de centre-ville», conclut-elle. Reste à modifier les habitudes de consommation pour soutenir les commerçants de  proximité…