Festival Esperanzah! du 2 au 4 août

Un festival éco-responsable et solidaire

Parmi la pléthore des festivals Outre-Quiévrain, Esperanzah!, situé à l’Abbaye de Floreffe non loin de Dinant (Belgique), se démarque nettement depuis maintenant 18 ans. Outre des choix artistiques donnant la primauté à la découverte et à l’ouverture sur le monde grâce à une programmation riche de sa diversité culturelle, la manifestation donne à réfléchir via des débats, des documentaires et des spectacles engagés, plaidant ainsi pour une société plus juste. Tour d’horizon des artistes à ne pas manquer.

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Michael Kiwanuka.
Lisa-Kaïndé et Naomi forment le duo d’Ibeyi.

Filles du grand percussionniste Anga Diaz du Buena Vista Social Club, Lisa-Kaïndé et Naomi forment le duo d’Ibeyi, du nom des dieux jumeaux yoruba, langue parlée aujourd’hui au Bénin et au Nigéria mais aussi langue de la Santeria, le vaudou cubain. Simplicité, intuition, alliées à la force poignante d’une vraie musicienne, Lisa-Kaïndé déploie sa voix soul sur des notes de piano envoûtantes. A ses côtés, Naomi accompagne sa sœur aux chœurs mais, surtout, donne toute son assise harmonique et rythmique au duo, jouant des batas, les tambours des cérémonies religieuses à Cuba. Sur le somptueux Ash (XL Recordings), album produit par Richard Russell, les sœurs matérialisent une afro-soul gracieuse, du negro spiritual actualisé au contact de légers pigments de musique électronique et rehaussé de lourdes basses. Un cocktail à savourer le 2 août.

La tornade Muthoni Drummer Queen débarque le 4 août à Esperanzah! et devrait faire entendre la voix des femmes africaines qui refusent de se laisser dicter leur choix ! Souvent comparée à M.I.A ou Beyoncé, la kenyane est devenue en quelques années le porte étendard d’une scène de Nairobi en pleine ébullition et ouverte sur le monde. Son quatrième album, She, est un appel à l’empowerement féminin où chacun des 12 titres est le chapitre d’une histoire, celle de femmes, d’héroïnes en lutte pour l’indépendance, la liberté. Du Dancehall jamaïcain au R’n’B, en passant par le gospel ou le hip hop, la reine de la pop africaine traverse les styles et les genres avec élégance.

Muthoni Drummer Queen.

Dom La Nena a plus d’une corde à son violoncelle : chanteuse et musicienne, cette jeune artiste compose et produit aussi ses chansons. Née à Porto Alegre, au Brésil, elle s’installe en France à l’âge de 18 ans. Forte de ses études de violoncelle classique, elle accompagne Jane Birkin, Etienne Daho ou Piers Faccini, avant de se lancer dans une carrière solo. Ses deux premiers albums – Ela (2013) et Soyo (2015) – sont ainsi plébiscités par la critique. En parallèle, depuis 2012, Dom La Nena forme Birds on a Wire, un duo solaire avec la chanteuse franco-américaine Rosemary Standley (Moriarty). Seule sur scène, avec son violoncelle, son ukulélé, sa guitare électrique, son clavier, ses percussions et sa voix aérienne, l’artiste virtuose parvient à créer un paysage sonore unique et envoûtant (3 août).

Révélé en 2012 avec un superbe premier album, Home Again, Michael Kiwanuka a grandi à Londres au sein d’une famille d’immigrés ougandais. Ses rencontres l’ont guidé dans sa passion pour la musique et, très vite, il s’est passionné pour la soul et le jazz, à travers des légendes comme Otis Redding, Marvin Gaye ou Bill Withers. La comparaison avec ce dernier est ainsi nourrie par son timbre de voix qui évoque les sonorités vintage d’un disque vinyle des années 1970. Après de longues tournées et des collaborations avec Dan Auerbach des Black Keys et Jack White, Michael Kiwanuka publie en 2016 son second album, Love & Hate, qui figure sans conteste parmi les meilleurs opus de l’année. En attendant son nouvel album prévu en 2020, le public pourra découvrir sur scène le 3 août un artiste généreux au groove irrésistible.

Michael Kiwanuka.

Le même jour, Blick Bassy, artiste camerounais complet – musicien, chanteur, auteur-compositeur, poète et producteur –, devrait envoûter le public par sa voix délicate et ses mélodies somptueuses. Artiste engagé, il célèbre dans 1958, son quatrième album, les figures des indépendances africaines et les héros de la lutte pour la libération du Cameroun. Dans ses chansons en langue bassa et aux musiques folks innovantes nappées de légères touches électroniques, il raconte sa patrie et questionne les révoltes d’hier et d’aujourd’hui avec force et subtilité.

Formé en 2012, Feu! Chatterton plonge ses influences dans un creuset détonant, où les vers embrumés percutent de rageuses guitares, où les sentiments les plus bruts le disputent à la sophistication des arrangements, où le romantisme urbain se voit sublimé par la poésie d’Arthur, chanteur éminemment charismatique. A travers deux albums, Ici Le Jour (A Tout Enseveli) et L’Oiseleur, le combo peaufine sa formule gagnante devant des publics de plus en plus conquis. De Gainsbourg à Bashung, de Led Zeppelin à Radiohead, entre rock intemporel et objet littéraire moderne, les influences du quintet parisien sont hétérogènes et c’est sur scène qu’ils mettent le feu (4 août).

En quelques années, Fakear s’est imposé comme l’un des hérauts de la scène électronique actuelle avec un premier album, Animal, paru en 2016 et plébiscité par la critique et le public. Depuis peu installé au cœur des montagnes, Fakear a puisé dans la nature et dans son besoin de spiritualité pour composer son dernier album, All slows, sur lequel, entre manifestes pop et morceaux progressifs, il conjugue harmonieusement sonorités exotiques et touches r’n’b. Un subtil alliage de textures qui prend tout son sens sur scène, quand l’électronique rejoint l’organique (3 août).

 

Programme complet sur www.esperanzah.be