BD de la semaine

L’Ours est un écrivain comme les autres Adaptation du roman éponyme culte de William Koztwinkle, cette BD jubilatoire suit la trace d’un ours qui, découvrant un manuscrit caché sous un arbre au fin fond de la forêt du Maine – son auteur, Arthur Bramhall, craignait de voir son manuscrit partir en fumée comme son roman […]

L’Ours est un écrivain comme les autres

Adaptation du roman éponyme culte de William Koztwinkle, cette BD jubilatoire suit la trace d’un ours qui, découvrant un manuscrit caché sous un arbre au fin fond de la forêt du Maine – son auteur, Arthur Bramhall, craignait de voir son manuscrit partir en fumée comme son roman précédent –, devine qu’il a sous la patte le sésame susceptible de lui ouvrir les portes du monde humain, là où le miel coule à flot. Le livre sous le bras, il s’en va à New York où les éditeurs vont se battre pour publier l’œuvre de cet écrivain si singulier – certes bourru et imprévisible, mais tellement charismatique ! Devenu la coqueluche du monde des lettres sous le nom de Dan Flakes, l’ours caracole bientôt en tête de liste des meilleures ventes… Scénariste et dessinateur, Alain Kokor est assurément l’auteur idoine pour cette transposition, lui dont la folie douce traverse une œuvre pour le moins décalée. Il signe ici une parabole animalière hilarante, dans la lignée du roman, satire drolatique des milieux littéraire et médiatique.

Futuropolis.

 

Alfred Hitchcock

En 1960, le film Psychose traumatise des spectateurs du monde entier. Jamais l’angoisse ni le suspense n’avaient été aussi bien mis en scène au cinéma. Mais d’où vient le génie de cet Alfred Hitchcock ? Noël Simsolo (scénariste) et Dominique Hé (dessinateur) remontent ainsi à sa jeunesse anglaise pendant la première moitié du XXe siècle. Ayant grandi dans une famille catholique, «Hitch» travaille d’abord comme graphiste aux studios Islington de Londres où son talent visuel l’amènera à faire ses débuts derrière la caméra, comme assistant puis comme metteur en scène. C’est également là qu’il fera la rencontre d’Alma Reville, son assistante et épouse qui l’accompagnera toute sa carrière. Soit l’histoire de l’un des plus grands cinéastes du 7e Art, artiste truculent, exigeant et novateur, auteur d’une filmographie si riche qu’elle nécessite deux volumes – la période anglaise puis la période américaine – pour la raconter.

L’Homme de Londres (Glénat).

 

Moscou année zéro

Cette superbe BD s’ouvre en 1904 alors que la Russie vacille. Sourd à la révolte qui gronde, le pouvoir tsariste est contesté de l’intérieur car le peuple a faim. Le 17 septembre, les habitants de Moscou descendent dans la rue pour protester contre la misère qui les accable. À son balcon, le gouverneur de la ville, Sergueï Alexandrovitch, oncle du tsar, sort un mouchoir de sa poche. Son commandement militaire croit y voir un signal et tire sur la foule. Le bilan sera terrible. Sergueï Alexandrovitch a signé son arrêt de mort car, dans l’ombre, un certain Georgi planifie son assassinat. La révolution russe est en marche… En 2014, Fabien Nury (scénariste) et Thierry Robin (dessinateur) publiaient le premier volet d’un thriller politique, Mort au tsar, suivi de la seconde partie l’année suivante. Le premier racontait le destin de Sergueï Alexandrovitch, le second suivait les pas de Georgi. Mais initialement, les auteurs avaient imaginé un récit d’un seul tenant, construit sur le principe d’un montage parallèle, censé alterner le point de vue de la future victime et celui de son assassin. Moscou année zéro renoue donc avec leur projet et, grâce à un travail de montage proche du cinéma, la narration en miroir entremêle le parcours des deux personnages et propose une nouvelle lecture de l’histoire.

Dargaud.