CD de la semaine

Jóhann Jóhannsson Après la disparition soudaine de Jóhann Jóhannsson en 2018, le légendaire label jaune a souhaité poursuivre le travail du compositeur resté en suspens et publie un nouvel album du compositeur islandais – 12 Conversations with Thilo Heinzmann – dont les œuvres sont interprétées par l’ensemble Echo Collective avec qui il avait souvent collaboré. […]

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Jóhann Jóhannsson

Après la disparition soudaine de Jóhann Jóhannsson en 2018, le légendaire label jaune a souhaité poursuivre le travail du compositeur resté en suspens et publie un nouvel album du compositeur islandais – 12 Conversations with Thilo Heinzmann – dont les œuvres sont interprétées par l’ensemble Echo Collective avec qui il avait souvent collaboré. Proche depuis plus de quatorze ans, Jóhann Jóhannsson et le peintre berlinois Thilo Heinzmann avaient à cœur d’explorer ensemble la question du processus créatif entre l’art pictural et la musique. Pendant plus de quatre ans, les deux amis ont dialogué autour de ce sujet pour donner vie ensuite à une œuvre pour quatuor à cordes de douze mouvements. Obsédé par la texture du son, le compositeur a su créé une musique hypnotique et lyrique d’un raffinement exceptionnel, magnifiée ici par la finesse et la beauté de l’interprétation l’ensemble Echo Collective.

Deutsche Grammophon.

 

Michel Dalberto

Depuis ses débuts au milieu des années 1970, le pianiste Michel Dalberto mène une carrière internationale remarquable au disque comme à la scène, où il côtoie les plus grands orchestres et les plus grands chefs (Colin Davis, Yuri Temirkanov, Daniele Gatti…). Pour son premier disque chez La Dolce Volta, il nous convie à un voyage vertigineux dans l’univers insaisissable de Beethoven. Michel Dalberto a choisi cinq sonates, d’époques différentes – dont les célèbres Sonate pour piano n°14, «Clair de Lune», et Sonate pour piano n°23, «Appassionata» –, qui révèlent, selon ses propres mots, le «gigantisme de l’imaginaire du compositeur». Si, en 1980, il joua les huit premières des 32 sonates à La Fenice de Venise, son travail titanesque sur la musique de Schubert l’a ensuite éloigné de celle de Beethoven. Et c’est seulement depuis une dizaine d’années qu’il a décidé d’aborder à nouveau les sonates pour piano de Beethoven sur lesquelles il confirme ses incroyables qualités d’interprète. A noter que ce double album réunit des partitions d’époques diverses, montrant ainsi la fantastique évolution de l’écriture de Beethoven.

La Dolce Volta.

 

Konstantin Krimmel

Le jeune baryton allemand Konstantin Krimmel inaugure une série d’enregistrements pour le label Alpha avec ce programme de Lieder qu’il a conçu avec sa partenaire de longue date, la pianiste Doriana Tchakarova. Cet amoureux des mots, particulièrement expressif en concert, a voulu pour son premier album «raconter une histoire» : il a choisi d’enregistrer des ballades, car «ce sont de véritables opéras, en quelques minutes… de brèves sagas qui laissent une grande liberté d’interprétation». Parmi les grands auteurs présents, citons Schiller, Goethe ou Heinrich Heine… Aux côtés des incontournables Schubert et Schumann, le programme présente un grand maître du genre, Carl Loewe, qui écrivit plusieurs centaines de ballades. Inspirées de poèmes écossais ou de légendes danoises, les œuvres enregistrées ici sont particulièrement éloquentes. On découvre aussi le plus rare Adolf Jensen, grand admirateur de Wagner et pour qui «traduire les idées de Beauté et de Vérité de Wagner dans des formes réduites a été mon but dans mes dernières compositions».

Alpha.

 

 

Danish String Quartet

Le projet Prism du Danish String Quartet met en relation les fugues de Bach, les quatuors de Beethoven et des œuvres de musiciens contemporains. Le second volume de la série présente la Fugue en si bémol de Bach extraite du Clavier bien tempéré dans l’arrangement du compositeur viennois Emanuel Aloys Förster, le Quatuor à cordes op. 130 de Beethoven et le Quatuor à cordes n°3 d’Alfred Schnittke, composé en 1983. Comme la formation le souligne, «un faisceau de musique se décompose au prisme de Beethoven. Pour nous l’important est que les connexions que l’on propose soient pleinement expérimentées. On espère que l’auditeur nous rejoindra dans l’émerveillement qui nous saisit face aux trois rayons de musique qui vont de Bach à Beethoven pour finalement atteindre notre époque.» Enregistré dans l’historique Reitstadel de Neumarkt sous la direction artistique de Manfred Eicher, cet album témoigne de l’audace musicale d’un ensemble parfaitement en osmose.

ECM.