SARL Walqueman

Ils rénovent le patrimoine de la région

L’entreprise, une des rares du genre dans le Nord, dispose du label «Entreprise du patrimoine vivant». Un atout notamment face aux importations venues d’Asie.

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Jean-Michel Boulanger, tailleur de pierre, salarié depuis une trentaine d’années, et Henri Walquemanne, gérant de la SARL. Entre eux, un « fleuron », élément décoratif et technique, qui trouvera sa place sur l’église Saint-Joseph de Roubaix. En 2019, l’entreprise a embauché deux jeunes (un CDI et un apprenti) qu’elle forme en interne pour transmettre ce savoir faire.

L’histoire de l’entreprise Walqueman, spécialisée dans la taille de la pierre et le façonnage du marbre, remonte bien loin (huit générations). Elle a commencé en Wallonie. Cette SARL de dix personnes est aujourd’hui dirigée par Henri Walquemanne (l’orthographe différente est historique). Salarié en 2006, ingénieur travaux dans le BTP, âgé de 35 ans, il est gérant depuis 2014.

L’installation à Hon-Hergies (Bavaisis) date de 1930. «Mon arrière-grand-père, installé alors à Quesnoy-sur-Deûle, a repris une marbrerie qui n’avait pas résisté à la crise financière de 1929. L’activité de carrier a pris fin à cette époque.»

Pierre bleue, marbre et granit

La communication faite autour de la filière pierre bleue locale a tendance à ignorer les réalités économiques et géologiques… Les carrières de la Sambre-Avesnois, détenues par des sociétés du BTP, servent ainsi aujourd’hui essentiellement à la fabrication de granulats. «Ici, explique Henri Walquemanne, la pierre bleue que l’on taille vient, selon les besoins, des sites belges de Soignies et de Namur. On la contrôle et on la trace, du site d’extraction jusqu’à sa destination… Celle de l’Avesnois n’a pas la qualité nécessaire. On travaille aussi le marbre, rare et coûteux à extraire, qui vient des régions montagneuses de l’Italie ou des Pyrénées. Le granit, lui, vient des anciennes régions volcaniques.»

Destinations diverses

Chez Walqueman, le façonnage du marbre représente 20% de l’activité (et du chiffre d’affaires d’environ 1 million). Il est destiné à la décoration intérieure et à la réalisation de plans de travail, un peu au funéraire aussi. À 80%, la pierre bleue taillée est destinée soit aux particuliers en direct, soit (le plus souvent) à des entreprises et artisans spécialisés dans la rénovation de l’ancien, la construction de maisons individuelles, et à des entreprises agréées par les Monuments historiques. Autre activité : la fabrication et la pose de cheminées haut de gamme, qu’il s’agisse de rénovation ou de réalisation neuve.

Récemment l’entreprise a participé à la restauration, à Lille, de la passerelle Napoléon qui franchit la Deûle au niveau de la citadelle. Elle restaure aussi, en ce moment, des éléments, à la fois décoratifs et techniques, de l’église Saint-Joseph à Roubaix. «Aujourd’hui, résume-t-il, notre clientèle, c’est 60% d’entreprises et 40% de particuliers.» Et Internet est très utilisé pour conclure les affaires.

Label et concurrence

En raison de son histoire et de son savoir-faire (entretenu par la formation en interne), l’entreprise a reçu, en 2008, le label d’État «Entreprise du patrimoine vivant». Peu connu du grand public, ce label est un atout vis-à-vis des professionnels et une clé d’accès aux marchés publics.

M. Walquemanne ne cache pas que l’entreprise doit faire face à la pierre importée, à moindre coût, d’Asie ou venue d’Europe de l’Est (sous l’effet de délocalisations).

Jean-Michel Boulanger, tailleur de pierre, et Henri Walquemanne, gérant de la SARL.