Centre de développement des éco-entreprises

Le Cd2e va garantir la performance énergétique des bâtiments

Le Centre de développement des éco-entreprises engage une nouvelle phase de développement (Cd2e), fort de l’expertise acquise pendant plusieurs années. Avec le projet Réhafutur, il propose une garantie de performance des bâtiments. Explications.

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Victor Ferreira a une idée précise de la direction qu’il faut prendre pour convaincre les bailleurs sociaux mais aussi les particuliers propriétaire de logements qu’il faut faire des rénovations thermiques.

Jean-François Caron, le maire de Loos-en-Gohelle, avait vu juste lorsqu’il a eu l’idée de créer une structure qui devait permettre de développer une économie verte au cœur du bassin minier. «À l’époque, j’étais vice-président écologiste à la Région. Je voyais les enjeux dans les domaines de l’énergie, des déchets et des rejets, nous ne pouvions pas rester les bras croisés à attendre sans rien faire», lance-t-il en introduction.

Le Cd2e est né de cette volonté. Les premières années ont permis le repérage et les premières actions. À l’époque, la structure s’attachait à permettre à des éco-entreprises pourvoyeuses d’emploi de se développer. «Rapidement, nous sommes ensuite passés à une deuxième phase et avons travaillé avec les entreprises du bâtiment et la CAPEB. Cela nous a permis de travailler sur l’économie circulaire et d’obtenir le pôle de compétitivité Team2.»

Une problématique de rénovation

Le Cd2e a également fortement œuvré dans la mise en place de Villavenir et, plus récemment, a travaillé sur le projet Réhafutur. «Après avoir fait une expérimentation dans le domaine de la construction neuve, nous avons abordé la problématique de la rénovation des logements», poursuit Jean-François Caron. 

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Le Théâtre des écomatériaux prendra place prochainement dans un local actuellement en cours de travaux.

À l’échelle du bassin minier, il y a en effet d’importants enjeux dans la rénovation thermique des bâtiments car les maisons des Mines étaient construites avec le minimum d’isolation, le charbon n’étant pas prêt de se tarir. Aujourd’hui, il s’agit de faire des économies d’énergie et de réduire au maximum la facture des usagers. Le projet Réhafutur regroupe dans ce but des bailleurs sociaux, Maisons et Cités en tête, des entreprises et des organismes de formation.

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Grâce à une expertise dans les matériaux et à Réhafutur, le Cd2e est dispose de données précises sur la consommation des logements.

Avec l’arrivée de Xavier Bertrand à la tête de la Région, la donne a changé pour le Cd2e. La structure, qui bénéficie du soutien de la Région, est devenue chef de file à l’échelle des Hauts-de-France. «Dans le même temps, les règles de financement ont changé, nous avons besoin de 50% de financements privés pour 50% de financements publics. Reste qu’il est difficile de convaincre. C’est pourquoi nous avons décidé de recruter un nouveau directeur qui est avant tout un développeur.»

Garantie de performance

Face aux différents enjeux, le Cd2e a décidé de passer à une nouvelle phase d’actions. Le secteur du logement étant le deuxième consommateur d’énergie en France après le transport, il constitue un levier très efficace pour réduire l’impact sur le réchauffement climatique, d’autant que l’on dénombre 800 000 « passoires thermiques » au niveau régional. «La question d’une rénovation massive et durable s’impose de manière cruciale», souligne Victor Ferreira, directeur du Cd2e.

Malgré le Grenelle de 2009 qui fixait une baisse des dépenses énergétiques à 38%, on constate une stagnation totale à 40 millions équivalents pétrole depuis 2010 en raison de plusieurs verrous, notamment celui de la confiance qui est plus que central. «Il est difficile de convaincre un décideur public, un bailleur, un propriétaire, un assureur ou bien encore un banquier d’investir davantage dans des chantiers de construction ou de rénovation sans garantie de retour sur investissement…» Pour lever ces freins, mobiliser les acteurs et redonner confiance à travers un véritable engagement en faveur de la performance, le Cd2e lance une garantie de performance, avec en ligne de mire la rénovation de 23 000 logements dans le cadre de l’Engagement pour le renouveau du bassin minier (ERBM).

Ce dispositif inédit a pour but de garantir que des travaux de rénovation thermique d’un logement auront des répercussions sur les consommations d’énergie. Pour cela, le Cd2e s’appuie sur son expertise et les chiffres et données collectés depuis plus de 15 ans. «Grâce à des logiciels, nous pouvons connaître de manière très précise les consommations d’un logement et donc connaître de manière très précise les économies réalisables», développe Victor Ferreira. 

Pour les propriétaires, la garantie de performance énergétique propose un accompagnement complet dans leurs projets de rénovation, de la conception à l’utilisation. «C’est aussi un engagement fort, celui d’augmenter le pouvoir d’achat par des économies d’énergie notables après réalisation des travaux.» Le Cd2e ambitionne le facteur 3, c’est-à-dire diviser par trois les dépenses énergétiques. 

Suivi assidu

Le Cd2e propose aussi un suivi précis pendant la première année. Si des écarts sont constatés, l’occupant respectant le contrat sera remboursé de la différence multipliée par dix.  Si les économies réalisées ne correspondent pas à celles estimées pendant la phase d’études, le propriétaire sera dédommagé. En agissant de cette manière, le Cd2e espère ainsi booster le nombre des rénovations thermiques, proposer des rénovations de qualité et donc faire baisser les consommations d’énergie tout en redonnant du pouvoir d’achat aux usagers. 

Pour bénéficier de la garantie de performance énergétique, il faut être propriétaire d’une maison construite avant 1980 de classe énergétique E, F ou G, ou présentant des factures annuelles de chauffage supérieures à 35 €/m2 par an et avoir la volonté d’investir dans des travaux de rénovation thermique. 

Un appel à candidatures vient d’être lancé pour promouvoir ce dispositif, avec comme ambition de rénover 30 logements d’ici 2021, de déployer le dispositif sur 1 900 logements d’ici 2025 et de massifier avec un seuil de 30 000 logements d’ici 2030.