Le Centre de conservation du Louvre-Lens va accueillir 250 000 œuvres

Inauguré par le directeur général du Louvre, le ministre de la Culture et les élus du territoire, le Centre de conservation du Louvre va accueillir, d’ici 2024, les 250 000 œuvres dont dispose le musée national. Un deuxième joyau pour le bassin minier, à proximité immédiate du Louvre-Lens.

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Le boulevard des œuvres est un immense couloir qui permettra de faire transiter les œuvres entre les différents espaces du centre de conservation.
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Les représentants des différentes collectivités et de l’État ont tous évoqué la réussite de ce projet qu’ils ont cofinancé.

C’est tout un symbole pour l’agglomération de Lens-Liévin qui, quelques années après l’ouverture du musée, a fait coup double en accueillant les réserves du plus beau musée du monde. Le 8 octobre, Franck Riester, ministre de la Culture, a fait un déplacement express depuis Paris pour inaugurer le Centre de conservation du Louvre à Liévin, à quelques centaines de mètres du Louvre-Lens.

Le projet de construction de ces réserves a été lancé, il y a quelques années, pour regrouper en un seul et même lieu les œuvres actuellement réparties dans une soixantaine de locaux parisiens. Il s’agit, en effet, de protéger toutes ces œuvres : «Le musée du Louvre est situé en bord de Seine, il présente une forte vulnérabilité face au risque de crue centennale», souligne Jean-Luc Martinez, président-directeur du Musée du Louvre.

Lors des alertes, les œuvres étaient jusqu’à maintenant déplacées pour être mises en lieu sûr. D’ici à 2024, elles seront donc toutes regroupées à Liévin, dans un nouveau bâtiment ultra moderne et très sécurisé. «Ce nouveau Centre de conservation nous permettra également d’améliorer les conditions de stockage des chefs d’œuvre. Il constitue également un lieu d’études et de recherche.» En implantant ses réserves à Liévin, le Louvre envoie un signal fort pour faire du Louvre-Lens et du Centre de conservation constituera l’un des pôles culturels les plus importants d’Europe.

 

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Franck Riester, ministre de la Culture, s’est félicité de la qualité de cette réalisation qui va concourir au rayonnement culturel de la France.

Un choix évident

Liévin est «un choix qui s’est imposé comme une évidence, dès l’inauguration du Louvre-Lens en 2012». En 2002, lorsque la préfecture de police de Paris avait alerté les équipes du musée suite aux inondations de Prague, le Louvre a cherché une solution pérenne pour mettre les réserves à l’abri.

«Nous avons entrepris un travail de prospection pour trouver un site répondant à nos contraintes de sécurité, de préservation, mais aussi de coût et d’accessibilité. Plusieurs options ont été envisagées en Ile-de-France, mais aucune n’était satisfaisante», explique Jean-Luc Martinez.

A Liévin, au cœur du bassin minier, toutes les conditions étaient réunies pour mener à bien ce projet à seulement 1h10 de Paris en TGV. L’Agglomération était prête à céder pour l’euro symbolique un terrain dans le prolongement du parc du Louvre-Lens. De plus, le musée lensois étant devenu le deuxième site de présentation des collections après le palais du Louvre, les mouvements d’œuvres entre Paris et Lens sont fréquents depuis sept ans.

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Le Boulevard des œuvres est un immense couloir qui permettra de faire transiter les œuvres entre les différents espaces du Centre de conservation.

Un bâtiment hors normes

Le Centre de conservation a été imaginé par le cabinet d’architectes Rogers Stirk Harbour and Partners. Il s’agit d’un bâtiment semi-enterré, parfaitement intégré à son environnement et au paysage. Grâce à son ergonomie et sa grande inertie, il apporte des conditions de conservation optimales pour les œuvres.

D’une surface de plancher de 18 500 m2, dont 9 600 de réserves, il a été construit sur un terrain de 40 000 m2. Le bâtiment dispose d’une toiture végétalisée de 17 500 m2 sur laquelle seront semées 27 variétés de graines. À l’intérieur le bâtiment est articulé autour d’un Boulevard des œuvres : un large couloir qui dessert les six grandes réserves (entre 1 400 et 2 400 m2). Le Centre de conservation dispose également de deux petites réserves sèches, de six ateliers pour le traitement des œuvres et d’une cabine de vernissage.

Le budget de l’opération de 60 millions d’euros (dont 42 millions rien que pour le chantier de construction) se répartit de la manière suivante : 34,5 millions d’euros pour le musée du Louvre, 18 millions du FEDER, 5 millions de la Région des Hauts-de-France et 2, 5 millions du ministère de la Culture. La Communauté d’agglomération a également contribué à hauteur de 2,66 millions d’euros et par la cession du terrain pour l’euro symbolique.

«Le fonctionnement du Centre de conservation est quant à lui entièrement couvert par une part des intérêts du fonds de dotation du Louvre», a conclu le directeur général. Le transfert des œuvres débutera d’ici la fin du mois d’octobre, pour s’achever début 2024. Dans le même temps, le Centre de conservation aura trouvé son rythme de croisière et emploiera à terme une quinzaine de personnes.