Étude prospective

L’IA, bouleversement pour les entreprises

Bouleversement dans le quotidien mais aussi dans le monde professionnel : l’intelligence artificielle révolutionne la relation au travail. Là où elle permet des gains de productivité, elle détruit aussi des emplois, mais surtout elle demande aux salariés une adaptation indispensable.

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l'IA, un levier de compétitivité... si les entreprises s'y adaptent ! Crédit Geralt

En janvier dernier, le Medef Lille Métropole, Opcalia, l’État et la Région Hauts-de-France signaient un accord-cadre sur les enjeux de l’intelligence artificielle (IA) et son impact sur le territoire régional, que ce soit en termes d’emplois et de compétences. Depuis, Intelligence artificielle Hauts-de-France (IAHDF) a vu le jour, pour passer à la vitesse supérieure et initier une dynamique de groupe. Parmi les premières actions d’IAHDF, la publication d’une étude prospective, réalisée par les cabinets Erdyn et Katalyse.

Besoins en formation et en recrutement

L’IA va nécessiter de nouvelles compétences et des profils pointus : les besoins de formation et de recrutement s’élèvent à 114 400 postes, dont 4 200 postes d’experts à pourvoir d’ici 2023, soit 80% du nombre de chercheurs actuels en IA sur toute la France. Auxquels s’ajoutent 6 400 experts à faire évoluer (autrement dit, des postes déjà existants mais qui doivent s’approprier l’IA). D’un point de vue mondial, les bénéfices liés à l’IA seraient échelonnés : un gain de 4 milliards de dollars de productivité pour les entreprises d’ici 2023 et, d’ici 2030, 9 milliards de dollars avec le développement de nouveaux services. Reste aux entreprises à prendre d’abord le virage du numérique pour prendre ensuite celui de l’IA ! L’IA ne toucherait pas que des opérateurs mais toute une tranche de la population : sur 542 métiers identifiés par l’étude, 147 seront affectés. Sans compter que l’IA remplacera l’humain sur certaines tâches automatisées et répétitives. De nouveaux métiers voient d’ores et déjà le jour : data scientist, technicien ingénieur IAQ, data analyst… Parmi les secteurs à fort impact : les banques/assurances, le conseil en entreprise et le tertiaire.

Près de 300 000 emplois perdus ?

Si l’IA permettra de créer 231 700 emplois en région d’ici dix ans, elle en supprimera près de 302 000 dans les métiers répétitifs et très spécialisés si les entreprises et les salariés ne s’adaptent pas. D’où l’enjeu indispensable de la formation des salariés, en passant notamment par le développement de Mooc pour créer de nouveaux parcours de formation, mais aussi le financement d’un établissement de formation qui devrait voir le jour en 2020. Les écoles intéressées par le projet peuvent postuler jusque mi-octobre. Un «symposium de la formation et des compétences» devrait aussi avoir lieu en 2020, afin de soutenir des projets IA menés par des entreprises. D’ici fin 2019, une quinzaine d’entreprises seront accompagnées dans leur stratégie par IAHDF.