13e édition du World Forum for a Responsible Economy

S’engager pour un monde plus responsable

Les 15, 16 et 17 octobre prochains, à Lille et aux alentours, le World Forum for a Responsible Economy (WFE) propose de “mettre son ego au service du collectif” et, surtout, d’impliquer les citoyens des Hauts-de-France dans une démarche résolument responsable.

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Plus de 5 000 participants pour l'édition 2018. Crédit photo Maxime Dufour Photographies.

Cette édition revêt un caractère particulier : d’abord, parce que Philippe Vasseur passe le témoin de la présidence de Réseau Alliances (organisateur du WFE, ndlr) à Jean-Pierre Letartre, qui a quitté en juin dernier la présidence d’EY France, Belgique, Pays-Bas, Luxembourg, Maghreb et Afrique francophone. Un passage de flambeau après 13 années d’investissement pour l’ancien président de la CCI Hauts-de-France, mais qui ne l’empêchera pas de garder un œil sur ce forum qui rassemble près de 6 000 participants chaque année. «L’important, c’est de durer. Bien sûr, il faudra que le WFE évolue et je lui reste très attaché», concède Philippe Vasseur, président de la mission rev3. Non sans rappeler que c’est au sein du WFE, en 2012, qu’est née la fameuse troisième révolution industrielle, sous l’impulsion de l’économiste Jeremy Rifkin. Le sujet n’est pas nouveau pour le nouveau président de Réseau Alliances (350 entreprises, 2 500 actions de sensibilisation) : «Il y a 25 ans déjà, les chefs d’entreprise étaient réunis pour réfléchir aux conséquences de l’environnement. L’accélération de la sensibilisation aux sujets de RSE est exponentielle. Et cette sensibilisation se concrétise par des actions.» Des actions que le WFE veut se voir démultiplier, notamment par le lancement du rev3Egothon : soucieux de faire «entrer rev3 dans la population des Hauts-de-France», rev3 et le WFE ont lancé un site Internet avec un véritable défi : recueillir un maximum d’engagements individuels qui contribueront aux progrès de rev3, d’ici à 2020. Adopter une démarche zéro déchet, promouvoir le télétravail, pratiquer le covoiturage… Autant d’initiatives que tout un chacun peut initier en s’engageant sur www.rev3-egothon.fr (inscriptions jusqu’au 17 octobre 2019). «C’est sur le terrain que les choses doivent se passer. Nous espérons que chacun ait un rôle à jouer et se rattache à un territoire», ambitionne Philippe Vasseur. Car c’est tout là l’enjeu de cette 13e édition baptisée «Ego Impérium : j’ai le pouvoir de changer le monde» : lancer l’impulsion auprès de la population, encore trop peu engagée pour les thématiques de rev3 alors que les entreprises et les acteurs privés ou institutionnels se la sont d’ores et déjà appropriée.

Réussir la transition vers l’économie de demain

«Bien sûr qu’il faut définir une vision, mais le plus important est de changer les comportements. Nous avons le pouvoir de changer le monde parce qu’aujourd’hui, nous avons la technologie, ce sont des effets de levier colossaux !» s’enthousiasme Philippe Vasseur. Parmi les temps forts de cette 13e édition, la plénière d’ouverture (mardi 15 octobre, 9h30 au Théâtre du Nord), qui accueillera Dale Dougherty, fondateur de Maker Media (Etats-Unis), Bertrand Piccard, fondation Solar Impulse (Suisse), Heidi Solba, représentante mondiale du World Cleanup Day (Estonie), et Christel Heydemann, présidente de Schneider Electric France (France). La soirée rev3 (mercredi 16 octobre, 18h30, Théâtre du Nord) sera l’occasion de s’engager pleinement dans rev3, autour d’acteurs économiques et institutionnels qui sont déjà moteurs de la dynamique. Durant les trois jours, plusieurs parcours sont également proposés – Environnement, Start-up, Raison d’être, Territoires, Finance à impact, Mobilisation des collaborateurs, Plateforme responsable et Parties prenantes –, mixant conférences et ateliers. À noter également une demi-journée autour du mouvement des makers (mardi 15 octobre à 12h45) ou encore des temps forts dédiés aux jeunes (mercredi 16 octobre à 12h45 avec Entreprendre pour apprendre et jeudi 17 octobre à 14h30 avec Makesense). Sans oublier la plénière de clôture (jeudi 17 octobre à 14h30, Théâtre du Nord) qui dressera un bilan de cette 13e édition, en réunissant des personnalités inspirantes du monde économique, politique, institutionnel ou culturel. Des étudiants de tous horizons viendront y confronter leur façon de penser le monde et leur capacité d’action. En dehors de Lille, il est possible également de participer aux visites organisées dans le cadre du DDTour (AlterEos à Tourcoing, Agefiph à Amiens…) ou de participer à une journée écocitoyenne le 16/10 de 14h à 17h à Raismes.

Programme complet sur www.responsible-economy.org

Plus de 5 000 participants pour l’édition 2018. Crédit photo Maxime Dufour Photographies.
Philippe Vasseur, président de la mission rev3, et Jean-Pierre Letartre, nouveau président de Réseau Alliances.

 

 

 

 

 

Quand la facture d’électricité devient un outil d’investissement

Mardi 15 octobre, de 12h45 à 14h15, se tiendra l’atelier «Les entreprises qui facilitent l’engagement citoyen». Nicolas Milko, cofondateur du nouveau fournisseur d’électricité Elecocité, expliquera comment il rend ses clients acteurs du changement.

Sa promesse de départ est simple : la facture d’électricité doit créer un effet de levier dédié à la transition écologique. Pour y arriver, le tarif d’électricité proposé aux clients est légèrement supérieur à celui d’EDF ; 2 à 10% de la facture sont alors réinvestis dans un projet concret. Les 200 premiers clients de la jeune entreprise ont déjà réussi à financer un projet au Cameroun, avec l’installation de panneaux solaires dans un village, en coopération avec une entreprise locale, upOwa. Neuf autres projets en Afrique et en France sont à l’étude comme, par exemple, le financement d’une centrale solaire à Seclin, d’une éolienne urbaine à Arras ou le projet «Power-on» au Bénin qui permettra de raccorder les villageois d’Igbéré à une centrale solaire.

Comité d’Elecocitoyen

Créé en juin 2018 à Seclin, déjà récompensé par un Trophée de l’économie responsable en juin 2019, Elecocité regroupe une équipe de 15 personnes. Fort de son expérience d’entrepreneur dans le secteur depuis 15 ans (il a participé à la création de Poweo, concurrent d’EDF) et de son mandat au Conseil supérieur de l’énergie de 2013 à 2018, son dirigeant, Nicolas Milko, a décidé de mettre la relation client au cœur de sa stratégie entrepreneuriale : «Nous souhaitons rendre nos clients acteurs de la transition énergétique. C’est pour ça que nous nous présentons non pas comme un fournisseur d‘électricité verte, mais comme un fournisseur d‘électricité d’impact, qui peut changer les choses concrètement.» Et régulièrement, il espère pouvoir rencontrer physiquement ses clients lors de tables rondes. «Nous avons organisé un comité d’Elecocitoyen qui réunit nos clients et porteurs de projet deux fois par an, pour faire un point sur les différentes actions à financer. C’est primordial que les entreprises ouvrent leurs portes : cela donne du sens à nos actions et à la consommation des clients.»

Anne HENRY-CASTELBOU

Nicolas Milko.