6e édition de Chercheurs-Entrepreneurs Challenge et Force Awards

DiagRAMS rafle le Grand Prix

Entreprises et Cités a accueilli le 17 octobre la finale Hauts-de-France de Chercheurs-Entrepreneurs Challenge et Force Awards. Cette manifestation met notamment à l’honneur des doctorants entrepreneurs ou travaillant en entreprise, mais aussi des start-up nées de la recherche. La remise des trophées s’est faite sous le parrainage de Jean-Marie Savalle, ex-enseignant-chercheur et président fondateur d’Isagri.

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Les lauréats 2019 et leur parrain : de gauche à droite, Martin Bué, Jean-François Bouin, Jean-Marie Savalle, Soufiane Azdad et David Cnockaert.

Quatre prix ont été décernés à Marcq-en-Barœul, à la Cité des échanges, à l’issue d’un événement coorganisé par AEF Info, le CNRS et le Réseau national des collèges doctoraux (RNCD). Ces trophées Chercheurs-Entrepreneurs Challenges et Force Awards, qui ont mobilisé les établissements d’enseignement supérieur et de recherche des Hauts-de-France, ont pour ambition de récompenser les meilleures initiatives entrepreneuriales ou collaboratives issues de la recherche publique.

Cette année, le prix Force Partners a été attribué à David Cnockaert pour son projet ACCUM (Armement caténaire composite universel et multi-tension), développé avec Stratiforme industries et l’école nationale supérieure Mines-Télécom Lille-Douai (IMT), autour de la maintenance ferroviaire. Le prix Start-up Connexion a été attribué à Martin Bué, ingénieur à l’Institut national de recherche en informatique et en automatique (Inria) pour sa start-up Le Chemin des Mûres et son projet d’optimisation logistique. Le prix Docteurs-Entrepreneurs a été attribué à Soufiane Azdad, médecin interne en pathologie au CHU d’Amiens, pour son projet Algoscope, une interprétation fiable, rapide et standardisée du frottis cervico-utérin, examen permettant de dépister des anomalies au niveau de l’utérus.

Quant au Grand Prix du jury, traditionnellement attribué à l’un des trois lauréats, il a été décerné à un quatrième projet, celui de Jean-François Bouin qui concourrait dans la catégorie Start-up Connexion avec DiagRAMS technologies. Ce dernier, ingénieur à l’Inria, a été salué pour son logiciel de maintenance prédictive DiagRAMS qui suit en temps réel le fonctionnement des équipements industriels et anticipe les pannes. «DiagRAMS, c’est le cas typique d’une technologie qui trouve sa place directement dans le monde industriel, a commenté, à l’issue de la cérémonie, Mathias Povse, délégué régional EDF des Hauts-de-France et membre du jury. Une panne dans un grand système, et ça peut très vite prendre des proportions financières conséquentes, donc c’est autant d’argent économisé, et ce, bien sûr, sans rupture dans le process industriel

Chaque candidat – ils étaient une dizaine au total – a bénéficié au préalable de 3 minutes pour présenter son projet avant de répondre aux questions du jury, composé de 11 experts issus du monde académique et économique. Les trois premiers lauréats ont reçu une dotation de 3 000 euros, tandis que le vainqueur du Grand Prix a été récompensé par un chèque de 10 000 euros. Jean-François Bouin, quant à lui, représentera les Hauts-de-France lors de la finale nationale en décembre, lors du Prix des territoires.

Jean-François Bouin : «un effet de levier très important»

Pouvez-vous nous présenter DiagRAMS ?
DiagRAMS est un éditeur de logiciel dédié à la maintenance prédictive dans l’industrie. On amène du ‘‘machine learning’’, donc de l’intelligence artificielle, au niveau de l’industrie, afin d’aider les opérationnels de maintenance dans l’usine. L’idée est de pouvoir détecter les machines qui ne fonctionnent pas bien et prédire les pannes. On va alors avoir la possibilité d’alerter les techniciens pour qu’ils puissent intervenir de manière plus détaillée sur la machine, et ce, avant que la panne ne se produise. La technologie qu’on utilise est issue de sept années de recherche et développement à l’Inria, et, personnellement, cela fait deux ans que je travaille sur ce projet.

Quelles sont les entreprises qui peuvent être intéressées par ce projet ?
J’ai envie de dire toutes industries manufacturières et de process, que ce soit dans l’agroalimentaire, la pharmacie, la cosmétique, l’automobile… Toutes ces entreprises qui ont des machines critiques ou une ligne de production longue pour laquelle chaque panne est vraiment très coûteuse.

Que représente ce Grand Prix pour vous ?
Pour nous, c’est énorme, car actuellement le capital de DiagRAMS technologies est de 10 000 euros. Donc, tout d’un coup, nous multiplions nos fonds propres par deux. C’est un effet de levier très important. Alors que nous avons lancé la start-up il y a deux mois, ce coup de pouce énorme arrive vraiment au bon moment, et cela va nous permettre d’aller chercher des fonds d’investissement plus conséquents.

Le programme est-il déjà opérationnel ?
Actuellement, le logiciel n’est pas entièrement finalisé – nous sommes en train de le développer –, mais les algorithmes existent. Et ces algorithmes, nous les testons avec des partenaires industriels, notamment Dalkia Wastenergy. On envisage une version SaaS disponible début 2021, et d’ici 2021, on travaille avec des partenaires pour pouvoir coconstruire un logiciel qui répondra vraiment aux besoins des opérateurs de maintenance.