Veolia

Une journée pour aborder la thématique de la résilience

Le vendredi 29 novembre, au Louvre-Lens, le groupe Veolia organise une rencontre inédite en région sur la thématique de la résilience. Témoignages de spécialistes, d’élus et présentation d’exemples concrets de réalisations et d’actions permettront de mieux appréhender le concept et de mieux l’appliquer aux territoires et aux villes.

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Le bassin minier et plus particulièrement l'arrondissement de Lens est un parfait exemple de territoire résilient qui a su se renouveler et se tourner vers de nouvelles activités.
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Didier Bénard, directeur régional de Veolia Hauts-de-France, définit la résilience comme la capacité d’un territoire à sortir d’une catastrophe ou d’une situation de crise.

La résilience est un terme de psychologie qui s’applique aujourd’hui aux villes et aux territoires par l’intermédiaire de l’écologie. Le terme désigne, dans ce cadre, la capacité des systèmes à retrouver leur équilibre après une perturbation. Il s’agit d’une notion introduite pour la première fois en écologie en 1973 par C. S. Holling.

Didier Bénard, directeur régional de Veolia Hauts-de-France, va plus loin : «Pour moi, la résilience est la capacité à se préparer et à rebondir, à anticiper, face à des événements imprévus, qui peuvent être une crise sociale, un événement climatique, sur un territoire donné. Cela peut être à l’échelle d’une ville, mais aussi d’un territoire plus large, comme notre région ou notre pays.»

Depuis plusieurs années, Veolia, dont le slogan est «Ressourcer le monde», s’est orienté vers des actions de facilitation de l’accès aux ressources pour les plus démunis, sur la préservation des ressources et sur leur renouvellement. Le groupe s’intéresse donc à la notion de résilience parce qu’il exerce ses métiers sur du temps long, mais aussi parce qu’un groupe de sa dimension, dans le cadre de sa responsabilité sociale et sociétale, se doit d’œuvrer pour les hommes et leur territoire. 

Le directeur régional complète toutefois sa définition en y ajoutant la notion de territoire : «Il est résilient si, lorsqu’il subit un événement ou une catastrophe, il s’en ressort avec le moins d’encombres possible.»

On pensait jusqu’alors qu’avec le progrès technique on pourrait toujours tout surmonter. Mais «on se rend compte aujourd’hui que ce n’est pas le cas et qu’il y a un vrai sujet…» Le colloque a été construit sur ce constat, pour donner des clés de lecture aux élus, échanger avec eux sur les bonnes pratiques et essayer de trouver de nouvelles solutions. 

Un programme complet

Tout au long de la journée, des spécialistes viendront débattre sur la résilience des territoires, sur les enjeux généraux, et s’attarderont sur les thématiques liées à l’eau et à l’assainissement. 

Après le préambule de Laurent Petit de l’Agence nationale de psychanalyse urbaine, Marie Lavandier, directrice du Louvre-Lens, Daniel Percheron, ancien président du conseil régional Nord – Pas-de-Calais, et Didier Bénard prendront la parole pour évoquer le thème de la journée et ouvrir le colloque.

Place ensuite aux débats avec une première partie dédiée à la résilience comme facteur d’attractivité des territoires, et l’intervention de Jean-Christophe Levassor, directeur de la Condition publique de Roubaix, et Magali Reghezza, universitaire, professeur à l’École normale supérieure, spécialiste de la résilience. 

À partir de 10 heures, Nadège Lefevre, présidente du conseil départemental de l’Oise, Frédéric Cuvillier, président de la communauté d’agglomération du Boulonnais, maire de Boulogne-sur-Mer, Alain Gest, président d’Amiens Métropole, et Frédéric Van Heems, directeur général de Veolia France, évoqueront leurs expériences dans le domaine de la résilience urbaine.

D.R
Avec le procédé Energido, le centre aquatique d’Arras utilise la chaleur résiduelle du réseau d’assainissement pour chauffer l’eau des bassins.

Résilience, eau et assainissement

La seconde partie sera consacrée à la résilience appliquée aux domaines de l’eau et de l’assainissement, deux des métiers du groupe Veolia. 

Nathalie Dörfliger, directrice du programme scientifique «Eaux souterraines et changement global» au BRGM, et Jean Prygiel, expert études et innovation à l’Agence de l’eau Artois-Picardie, traiteront de l’impact du changement climatique en Hauts-de-France d’ici 2050. Un sujet d’actualité après la période de sécheresse qu’a connue la région pendant la période estivale. Comment anticiper, comment prévenir le risque : autant de questions qui préoccupent les élus du territoire. 

Enfin, les spécialistes de Veolia donneront des exemples d’application sur les actions et la valeur ajoutée de Veolia en matière de résilience. Seront abordés les incubateurs sociaux, la gestion de la ressource eau, l’asset management comme facteur préventif de résilience, mais aussi la gestion de crise et la cybersécurité. 

Le champ de la notion de résilience appliquée au territoire et à la ville est en effet très vaste…

D.R
Sylvain Robert, président de l’Agglomération de Lens-Liévin.

 

Trois questions à Sylvain Robert, président de l’Agglomération de Lens-Liévin

Selon vous, qu’est-ce que la résilience ?

Pour une zone lourdement frappée par de nombreuses crises économiques et sociales, anéantie par la Grande Guerre, demeurer une grande région industrielle, n’est-ce pas une preuve de résilience ? De Dunkerque à Lens, la région a su faire preuve de résilience pour ne pas sombrer.

Pour Boris Cyrulnik, la résilience est l’art de naviguer entre les torrents. Pour un territoire, une région, c’est l’art de naviguer entre les crises et rebondir.

La résilience est aujourd’hui un mot qui nous caractérise, comme l’entraide, la solidarité. Ce qui se produit ici, depuis notamment l’arrivée du musée du Louvre à Lens, est un facteur significatif de résilience.

Pourquoi le territoire de l’Agglomération est-il résilient ?

Notre territoire n’a guère eu le choix. Suppression massive d’emplois, pollution généralisée des sols, espérance de vie la plus faible de France : voici le triptyque affligeant de l’héritage des Houillères. Pour autant, il a trouvé au plus profond de lui-même l’énergie pour rebondir et s’affranchir d’une économie mono-industrielle. Il porte en lui les gènes de la résistance. C’est son histoire. C’est aussi le fruit des différentes populations qui sont venues l’enrichir. Flamands, Polonais, Marocains, Algériens, Portugais, Espagnols, Italiens venus ici travailler sont des conquérants.

Quelles actions avez-vous mises en place pour le rendre résilient et aller plus loin dans cette démarche ?

La résilience se manifeste dans de nombreux secteurs. Concernant l’énergie, après une série de débats animés par Euralens, nous avons lancé un vaste diagnostic qui permettra de s’affranchir progressivement des combustibles fossiles. Pour le big data, nous travaillons à une dynamique de réseaux plutôt qu’à un système centralisé. Sur l’emploi, nous orientons une partie des services vers le numérique. Sur l’image, nous jouons l’attractivité touristique et résidentielle. L’urbanisme, l’animation sociale, le développement durable, la gestion de la ressource en eau sont également concernés. Cette résilience est protéiforme et se révèle à travers l’engagement des acteurs locaux privés, publics et associatifs.  Enfin, ce n’est pas un hasard si l’économiste Jeremy Rifkin nous reconnaît comme territoire expérimental de la troisième révolution industrielle.