A mi-chemin entre Chamonix et Genève, les 7 600 hectares skiables du Grand Massif (Haute-Savoie) séduisent à la fois les amateurs de glisse et les amoureux de la nature, en faisant l’un des plus grands domaines d’Europe et le cinquième plus grand domaine skiable relié « skis aux pieds » de France.

265 km de glisse, 40 000 hectares de forêt, 1 800 mètres de dénivelé et jusqu’à 2 500 mètres d’altitude… Avec sa vue imprenable sur le Mont Blanc, le Grand Massif est un inconditionnel, de par sa diversité d’activités – été comme hiver – et son enneigement hors pair. Architecture de style Bauhaus pour la station de Flaine, charme et authenticité d’un village de montagne pour les stations des Carroz, de Morillon, de Samoëns et de Sixt-Fer-à-Cheval ; à chaque station sa spécificité.

La station de Flaine

Flaine, vue depuis le Col de Pierre Carrée.

Élue station la plus enneigée des Alpes du Nord, Flaine a été avant-gardiste dès sa création il y a 50 ans. Aujourd’hui, elle mise sur l’innovation et le développement durable. Immersion dans un environnement aussi dépaysant que convoité des amateurs de ski.

On pourrait lui reprocher ses façades trop bétonnées et son style art moderne très ancré dans les années 1960. Ouverte en 1967, la station de Flaine est l’œuvre du couple avant-gardiste Eric et Sylvie Boissonnas, amateurs d’art moderne, qui ont choisi Marcel Breuer, grande figure du modernisme et maître du Bauhaus – et à qui l’on doit notamment le Palais de l’Unesco à Paris ou le Whitney Museum à New York –, pour construire cette station de Haute-Savoie dont la fréquentation augmente de 12% chaque année. Pionnière à l’époque, puisque la station est dessinée sur plusieurs niveaux, sans voiture et chauffée au gaz par la première centrale de chauffe non polluante construite en montagne. Une prouesse technique qui vaut aujourd’hui à la station d’être dénue de tout câble électrique visible de l’extérieur.

« Les Trois Hexagones » de Vasarely. Crédit photo Photozoom

Le panorama hors du commun offert par Flaine mêle à la fois paysage montagnard et œuvres d’art puisque la station expose – au plus grand étonnement de ses touristes ! –, des sculptures telles «Le Boqueteau des 7 arbres» de Dubuffet, «La Tête de Femme» de Picasso et «Les Trois Hexagones» de Vasarely. A noter également que les trois bâtiments dessinés par Marcel Breuer ont été classés à l’Inventaire supplémentaire des Monuments Historiques : la chapelle œcuménique, l’hôtel emblématique de la station, Le Flaine, et l’immeuble Bételgeuse. Une spécificité que le Centre d’Art de Flaine a décidé d’expliquer aux touristes, avec une visite guidée et gratuite de la station proposée tous les mardis, en saison.

Dotée d’une capacité totale de 12 300 lits (685 100 nuitées enregistrées en 2019, nldr), la station de Flaine comporte deux hôtels : le Flaine et le Totem, en plein cœur de station, auxquels vient de s’ajouter l’hôtel/restaurant Le Lapiaz – du nom de cette formation géologique très présente sur le massif –, au pied des pistes de Flaine et dans un environnement montagnard chic et cosy. Avec ses dix chambres, l’hôtel bénéficie d’un calme absolu, bien mérité après une journée sur les pistes.

Terrasse de l’hôtel Lapiaz.
L’hôtel Lapiaz, au pied des pistes.

 

 

 

 

 

Les Carroz

Crédit photo OT Les Carroz

Située sur un large plateau ensoleillé, la station village des Carroz a vu le jour en 1936. Un décor différent et 100% montagnard pour une autre typologie de visiteurs : mixant activités familiales, village à taille humaine mais aussi sports de glisse, ici, on mise surtout sur la proximité. Perché à 1 140 mètres d’altitude, sur un plateau exposé ouest, Les Carroz est une des portes d’entrée au domaine skiable du Grand Massif. Depuis trois ans, les Carroz ont investi 2,5 millions d’euros dans un plan de rénovation du parc des 167 enneigeurs, permettant ainsi de pouvoir enneiger 40% du domaine skiable. Et pour celles et ceux qui ne souhaitent pas chausser leurs skis, ils peuvent enfourcher un e-fatbike (ou VTT des neiges, doté d’assistance électrique), avant l’ouverture des pistes pour 6 km ou à la fermeture (10 km), pour découvrir un paysage étonnant et surplombant la vallée, encadré par un moniteur.

Favoriser la préservation de l’environnement

Skier certes, mais profiter aussi et surtout de l’environnement extérieur et apprendre à le préserver… En 2007, le domaine skiable de Flaine, puis l’ensemble du Grand Massif ont lancé une démarche d’Observatoire Environnemental : 4 219 hectares observés à la loupe et une immersion 100% nature avec une activité maraudage en haut des pistes, proposée tout l’hiver. Enrichissant une base de données établie notamment en partenariat avec l’Office National de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS), cet Observatoire Environnemental mêle aménagement et respect du paysage, de la faune et de la flore. Cela passe aussi par l’encouragement du covoiturage du personnel du Grand Massif, mais aussi par des bus gratuits les samedis de la saison hivernale au départ d’Annemasse ou d’Annecy. «Nous souhaitons soutenir l’économie locale à travers la valorisation des savoir-faire, et nous recensons tous les talents du Grand Massif sous l’appellation Origine Grand Massif» détaille Malvina Sculo, chargée de projets et de développement durable. Une cinquantaine de producteurs en font partie, qu’il s’agisse d’artisans, de producteurs, de commerces… C’est par exemple le cas du restaurant Le 67, à Flaine Forum, et de sa carte estampillée «produits locaux», avec des spécialités régionales. Les Grands Massifs ont d’ailleurs reçu le label international de tourisme durable Green Globe en 2016.

Ouverture du domaine du Grand Massif jusqu’au 19 avril 2020. Informations : www.grand-massif.com

 

Le 1er hôtel bio-climatique de Rhône-Alpes Auvergne

Gaëtan Tiret est intarissable sur le sujet. Le directeur général de l’hôtel La Croix de Savoie, spa et restaurant gastronomique, situé aux Carroz d’Arâches, a fait de l’établissement familial, une référence en termes de développement durable. En 2008, la famille a travaillé sur un projet d’agrandissement et de réhabilitation de l’établissement, passant de 600 à 1 400 m2, à raison d’un investissement de 5,5 millions d’euros. Entièrement construit avec du bois local, avec une énergie électrique provenant de barrages hydrauliques et sans aucune consommation d’énergie fossile – sauf en cuisine pour les brûleurs –, l’établissement tire parti de son environnement, avec vue panoramique sur le village, la vallée de l’Arve et le massif des Aravis. Le restaurant est dirigé par deux femmes, Edwige Tiret et son second Léonie Dugat, avec une terrasse avec vue à 360° sur la vallée et sur les cuisines.

Informations : www.lacroixdesavoie.fr