Premières Rencontres régionales bois et paille

La construction bois paille, solution d’avenir ?

Les professionnels des filières bois et paille de la région étaient réunis le 12 décembre à Amiens pour évoquer les avancées, les perspectives d’avenir et les opportunités de ce secteur en plein développement. Un événement organisé par le CD2E et Fibois.

Le potentiel est grand puisque 10% de la paille de blé produite en France suffirait pour isoler toutes les constructions neuves chaque année. © Rob Cartorres
«La filière est en train de se développer et de se structurer», souligne Victor Ferreira, directeur du CD2E, pôle d’expertise de l’éco-transition.

«Jusqu’à encore très récemment, la paille était considérée comme un matériau destiné aux soixante-huitards un peu attardés. Aujourd’hui, les choses ont beaucoup évolué, la filière est en train de se développer et de se structurer.» Victor Ferreira, directeur du CD2E, pôle d’expertise de l’éco-transition basé à Loos-en-Gohelle dans le Pas de Calais, ne semble pas se tromper. Depuis plusieurs années, l’usage des éco-matériaux se développe et prend de l’ampleur afin de répondre aux nouveaux enjeux environnementaux et différentes exigences de l’État en matière d’écologie. Une tendance qui devrait encore s’accélérer avec la nouvelle réglementation RE 2020 bientôt en vigueur.

Le bois et la paille apparaissent alors de plus en plus comme des réponses efficientes et des solutions d’avenir pour les territoires, notamment dans les Hauts-de-France où ces ressources sont disponibles de manière abondante et où les savoir-faire sont en plein essor. C’est d’ailleurs pour évoquer ces avancées et les perspectives d’avenir que le CD2E et Fibois, interprofession de la filière forêt-bois, organisaient le 12 décembre à l’espace Dewailly d’Amiens les premières Rencontres régionales bois et paille.

«La paille, c’est avant tout un secteur qui permet de créer des emplois»

De nombreux atouts

Un événement qui permettait de rassembler maîtres d’ouvrage, collectivités, entreprises, architectes, bureaux d’études, laboratoires, agriculteurs etc. dans l’objectif de multiplier les projets. «Il y a déjà environ 5 000 bâtiments en paille construits en France, dont plusieurs projets d’ampleur. Les opportunités sont nombreuses», poursuit Victor Ferreira. Nombreuses et bénéfiques, d’après le directeur du CD2E : «La paille ce n’est pas seulement une question d’écologie ou des enjeux environnementaux. C’est avant tout un secteur qui permet de créer des emplois et de générer des revenus complémentaires aux agriculteurs.»

Mais bien sûr, le bois et la paille présentent d’autres atouts, évoqués pour convaincre les élus, décideurs et maîtres d’œuvre tout au long de cette journée à laquelle participaient environ 150 personnes. Utilisés en association, ces deux matériaux révèleraient de grandes qualités pour la construction neuve comme pour la rénovation : durabilité, performance carbone et performance énergétique. Des arguments qui séduisent notamment Franck Beauvarlet, vice-président à la transition écologique du Pôle métropolitain du Grand-Amiénois : «23% de notre population sont touchés par la précarité énergétique, c’est un pourcentage très élevé. Les éco-matériaux comme la paille représentent donc un levier majeur pour améliorer la situation dans le patrimoine bâti, d’autant plus qu’ils sont à disposition localement.» Le bois et la paille présentent également un confort thermique et une parfaite résistance au feu. C’est pourquoi les professionnels s’y intéressent de plus en plus, y compris dans les bâtiments publics ou les bâtiments industriels.

Le potentiel est grand puisque 10% de la paille de blé produite en France suffirait pour isoler toutes les constructions neuves chaque année. © Rob Cartorres

 

La paille de blé dans le bâtiment en Hauts-de-France

  • 11 agriculteurs formés pour fournir des bottes qualité bâtiment
  • 70 professionnels formés Pro paille en région
  • 1 formateur Pro paille en régionales
  • 2 organismes de formation : CD2E et les Compagnons du devoir à Villeneuve d’Ascq
  • 107 projets terminés ou en cours dont 75 dans le résidentiel et 32 dans le tertiaire