Produits conçus par William Levecque et Cyril Fioen

Le savon «petit produit» des Flandres

Même si les champs de lavande ne poussent pas dans les Flandres, deux savonniers, William Levecque et Cyril Fioen, ont décidé de se lancer dans la confection de savons artisanaux. Jeunes et indépendants, ils veulent développer cette activité d’appoint. Rencontres.

William Levecque, savonnier à Roncq a lancé sa gamme de produit il y a un an.
Cyril Fioen, savonnier à Boeschepe, présente ses produits et son atelier.

Faits-main, zéro déchets, sans allergènes : ce sont des mots qui résonnent dans les têtes. Depuis un an, William Levecque et Cyril Fioen ont fait le pari de vendre des savons naturels qui gardent leurs propriétés grâce à la saponification à froid. Malgré une activité commune, leur vocation n’a pas germé de la même graine. C’est à la suite d’une rencontre que William Levecque a décidé de se lancer dans la création de savon artisanal. «J’ai rencontré un savonnier en Haute-Savoie qui m’a offert ses savoir-faire. Il a déclenché quelque chose», explique t-il. Le jeune homme est alors directeur d’un centre de vacances. En 2018 il démarre sa production à Roncq en créant sa société Sapognifique.

De son côté, Cyril Fioen a commencé à titre personnel, il y a sept ans, à Boeschepe. Il voulait utiliser des savons sans produits chimiques et capables de prendre soin de sa peau. Il a donc suivi une formation pour apprendre les différentes techniques de fabrication. C’est en janvier 2019 qu’il fait le choix d’étendre sa gamme au grand public en créant La Savonnerie des Flandres. Mais faire du savon n’est pas un jeu d’enfants : il faut d’abord mélanger les huiles nourrissantes avec les huiles essentielles, chaque ingrédient étant mesuré au centilitre près selon un cahier des charges bien précis qui est un peu le livre de recettes du savonnier. Le mélange des liquides par réaction chimique donnera ensuite un solide : le savon. Avec six à huit semaines de séchage, il faut être prévoyant sur les stocks. Chaque fabrication est répertoriée et chaque recette, préalablement contrôlée et validée par un toxicologue.

« J’ai rencontré un savonnier en Haute-Savoie qui m’a offert ses savoir-faire. Il a déclenché quelque chose »

Des activités variées

William Levecque vend aujourd’hui ses savons entre 6 et 10 euros selon leurs propriétés naturelles. Il propose une gamme de dix savons et shampoings secs, actuellement en vente dans sept boutiques des environs. Pour les fêtes de Noël, il a lancé son panier de savons couplé avec d’autres produits bio qu’il vend dans la même boutique de Roncq. En plus de la fabrication, il participe à des marchés de Noël, des salons de producteurs, se déplace chez les particuliers pour animer des ateliers pédagogiques : «On fait du savon ensemble, et on lit les étiquettes des produits cosmétiques. On rigole bien !» s’amuse t-il. N’ayant pas encore lancé son site Internet, sa vente se fait majoritairement via Facebook et Instagram.

Retour à Boeschepe où Cyril Fioen compile deux métiers : professeur à plein temps, il enfile son tablier en rentrant pour fabriquer ses savons dans son atelier. Avec une gamme de six savons vendus 6 euros pièce, il privilégie les odeurs et les couleurs de sa région en s’approvisionnant en fleurs et autres ingrédients dans les communes alentour. Pour Noël, il avait décidé de créer une bûche composée de savons. Sa gamme de produits est déjà très connue dans la région. Il fabrique des savons personnalisés pour les cérémonies; mais aussi pour des gîtes ou pour les offices de tourisme. Ses produits sont tous disponibles en ligne via son site Internet. Cyril Fioen souhaite transformer son garage en une future boutique.

Si l’objectif commun est de pouvoir étendre leurs productions, il leur faudra de la patience avant d’avoir un revenu stable. Cyril Fioen, à cet égard, le confesse : qui veut être riche ne devient pas savonnier…