« Rusalka » d’Antonín Dvorák à l’Opéra de Flandre

Après le succès du Pelléas et Mélisande dans la mise en scène de Sidi Larbi Cherkaoui et Damien Jalet, l’Opéra de Flandre poursuit sa fructueuse collaboration avec des chorégraphes. Avant le très attendu Così fan tutte mis en scène par Anne Teresa De Keersmaeker en avril prochain, l’année s’ouvre avec Rusalka d’Antonín Dvorák, mis en […]

© Filip Van Roe - Opera Ballet Vlaanderen

Après le succès du Pelléas et Mélisande dans la mise en scène de Sidi Larbi Cherkaoui et Damien Jalet, l’Opéra de Flandre poursuit sa fructueuse collaboration avec des chorégraphes. Avant le très attendu Così fan tutte mis en scène par Anne Teresa De Keersmaeker en avril prochain, l’année s’ouvre avec Rusalka d’Antonín Dvorák, mis en scène et chorégraphié par Alan Lucien Øyen.

Créé à Prague le 31 mars 1901, cet opéra majeur du compositeur tchèque met en scène Rusalka, une créature des eaux, qui avoue à son père l’Ondin qu’elle est amoureuse d’un prince. Elle fait part de ses sentiments à la lune dans un air très célèbre. En présence de la sorcière Jezibaba, elle accepte ensuite d’être muette en échange d’un amour possible avec le prince. Malheureusement, celui-ci s’intéresse à une princesse étrangère et la délaisse… Ecrit par Jaroslav Kvapil, le livret s’inspire de La Petite Sirène d’Hans Christian Andersen mais s’apparente plutôt à un «triste conte de fées moderne».

Dans sa mise en scène, Alan Lucien Øyen fait référence aux origines des «Rusalki» : dans la mythologie slave, ce sont des enfants illégitimes qui ont été noyés et planent désormais au-dessus de l’eau sous la forme de feux follets. Il regarde ainsi Rusalka comme une enfant illégitime, tuée pour éviter la honte. Un personnage contemporain qui se sent différent des autres et veut devenir quelque chose qu’elle ne peut pas être. Elle aspire à une existence différente, plus authentique. «Je pense qu’il y a beaucoup de gens qui se sentent étrangers au monde et ne se sentent nulle part chez eux», explique ainsi le chorégraphe norvégien. Malgré cette tonalité plutôt sombre, cet «opéra-ballet» baigne dans un univers féérique grâce aux décors d’Åsmund Færavaag et aux costumes enchanteurs de Stine Sjøgren.

A la tête de l’Orchestre symphonique d’Opera Ballet Vlaanderen, la jeune chef d’orchestre lituanienne Giedré Šlekyté dirigera une prometteuse distribution avec, dans le rôle-titre en alternance, l’étoile montante sud-africaine Pumeza Matshikiza et la soprano flamande Tineke van Ingelgem, tandis que le rôle du prince sera chanté en alternance par le ténor ukrainien Mykhailo Malafii et le Sud-Coréen Kyungho Kim.

© Filip Van Roe – Opera Ballet Vlaanderen

Représentations les 11, 14, 16, 21, 23 janvier à 19h30, le 19 janvier à 15h à l’opéra de Gand. Renseignements et réservations au 00 32 70 22 02 02 ou sur www.operaballet.be