Le Medef Lille Métropole s'engage

50 propositions pour coconstruire avec les élus

À moins de deux mois des élections municipales, le Medef Lille Métropole sort un livret comportant 50 propositions pour améliorer la qualité de vie dans la MEL et la rendre plus attractive.

Yann Orpin entouré des présidents de commissions.

Yann Orpin, président du Medef Lille Métropole, regrette que trop peu d’élus viennent au contact des entreprises. De ce fait, il décide de prendre les choses en mains. À l’approche des élections municipales, l’organisation patronale vient de présenter un livre de 150 pages, regroupant 50 propositions destinées à la présidence de la MEL. Une centaine d’entreprises volontaires ont participé à son élaboration. Un travail qui a nécessité quatre mois de concertation.

Yann Orpin le rappelle cependant  : «Nous sommes dans l’humilité la plus totale. Ce n’est pas un programme électoral. Nous voulons simplement coconstruire.» Et ce, quelle que soit la majorité qui se dégagera en mars prochain, assure-t-il. «Nous faisons de la politique dans le sens où le mot grec ‘politis‘ signifie ‘participer à la vie de la cité’.»

Quatre commissions

Le Medef présente son livret de 50 propositions.

Les 50 propositions recensées se divisent majoritairement en quatre grands axes, donnant lieu à quatre commissions (Aménagement-Mobilité-Environnement, Tourisme-Attractivité, Digitalisation et Inclusion). Elles ne relèvent pas toujours du pouvoir des élus de la Métropole, et concernent parfois la région, «mais elles ont toutes la même finalité : rendre le territoire attractif», martèle le président du Medef Lille Métropole.

«Nous sommes dans l’humilité la plus totale, Ce n’est pas un programme électoral»

Toutes s’inspirent de constats chiffrés auxquels chacun voudrait remédier. Concernant le thème de la mobilité, l’exemple est frappant : en 2018, un automobiliste lillois aurait perdu en moyenne 114 heures dans les embouteillages aux heures de fort trafic. À cela s’ajoute la détérioration de la qualité de l’air liée à la circulation : la Métropole a été mise en alerte pollution pendant 36 jours la même année, soit 11 jours de plus que l’année précédente. «Il faudrait favoriser le covoiturage et les modes de transport doux. Il y a des mesures réalisables rapidement et sans gros investissements. Je pense à la transformation de voies ferrées qui ne sont plus utilisées en pistes cyclables. C’est le cas entre Lille et Comines par exemple», indique Frank Grimonprez, président de la commission dédiée. «Pour faciliter l’utilisation des transports en commun, nous souhaiterions également nommer un ‘patron de la mobilité’ pour créer un cohérence entre les différents acteurs publics et privés du transport tels que la SNCF et Ilévia … mais c’est à ces acteurs d’accepter l’idée de patronat, ce qui n’est pas acquis d’avance», continue-t-il.

Le tourisme fait également l’objet d’une commission. Pour cause, Lille n’est que la 10e ville de France au classement des villes les plus fréquentées pour le tourisme d’affaires. Pourtant, 70% des nuitées enregistrées dans la Métropole sont motivées par ce type de voyages. Mais un problème surgit en particulier : Lille Grand Palais ne suffit plus à accueillir tous les appels d’offres. Élus et Medef chercheront alors une solution. «Il faudra aussi donner envie à ces voyageurs de revenir en tant que touristes de loisir», insiste Aurélie Veremesse, présidente de la commission Attractivité.

Des mesures auprès des entreprises

Assurer la viabilité des start-up, de plus en plus nombreuses dans la Métropole, et accompagner la mutation digitale des entreprises déjà bien installées resteront également un enjeu primordial. Tout comme l’inclusion des personnes isolées. «Un habitant sur cinq ne sait pas utiliser Internet. Il y a un pan entre nos champions de la tech et ces personnes qui sont aussi amenées à devenir des collaborateurs», rappelle Yann Orpin. Les propositions réclament d’ailleurs un effort de la part des dirigeants pour se rapprocher de ces personnes isolées, notamment en participant à des formations. La création d’une mission «Entrepreneurs dans les quartiers», pour dénicher des nouveaux talents, serait également un sujet de discussion.

Bien que ce ne soient que des propositions, l’équipe participant à ce livret garde un mantra en tête : «Il faut être avant-gardistes, mais pragmatiques», se rappelle-t-elle.


Les présidents de commission

• Aménagement, mobilité, environnement : Franck Grimonprez, président de Log’s

• Tourisme, attractivité : Aurélie Vermesse, propriétaire de l’Hotel Clarance

• Digitalisation : Claire Jolimont, cofondatrice de PingFlow

• Inclusion : Sylvie Cheynel, présidente du directoire d’Altereos