Énergie nucléaire

Le CNPE veut faciliter l’accès des entreprises régionales à ses marchés

Le programme industriel au Centre nucléaire de production d’électricité (CNPE) de Gravelines sera très riche en 2020 avec pas moins de 23 projets. Un programme dont devraient pouvoir profiter les entreprises locales et régionales.

Les six réacteurs du CNPE de Gravelines ont produit 32 TWh en 2019. «C’est plus qu’en 2018 mais un peu moins qu’attendu», a commenté, lors de la conférence de presse annuelle, Emmanuel Villard, qui a pris la direction du site en décembre dernier. «Cela représente toujours de 8 à 10% de la production d’électricité française et la consommation annuelle d’un territoire comme le Nord – Pas-de-Calais.» Des chiffres qui attestent que le site de production nucléaire le plus important d’Europe de l’Ouest reste un poumon économique pour les Hauts-de-France avec 2 523 emplois directs, 246 millions d’euros d’impôts, cotisations sociales et taxes, 351 millions d’euros d’achats effectués chez des fournisseurs situés sur ce territoire, auxquels s’ajoutent 66 millions d’euros de facturation de travaux. «Un emploi direct EDF contribue à soutenir 4,8 emplois en région», a tenu à préciser Emmanuel Villard, profitant de l’occasion pour affirmer que «le nucléaire ne vient pas en opposition avec les énergies renouvelables» et que «cette énergie sans émission de gaz à effet de serre, dont on peut moduler la production en fonction des besoins, aura toute sa place dans le futur mix énergétique français».

« Un emploi direct EDF contribue à soutenir 4,8 emplois en région »

Des projets pour l’année à venir

En 2020, le programme industriel au CNPE sera très riche : trois arrêts simples pour rechargement de combustible sont prévus, ainsi que trois visites partielles, dont une (sur l’unité de production n°6) pour remplacer le générateur de vapeur qui arrive en fin de vie. Dès cette année, il faudra aussi préparer la visite décennale du réacteur n°1, prévue en 2021, afin de pouvoir poursuivre son exploitation au-delà de 40 ans, sous couvert de l’autorisation de l’Autorité de sûreté nucléaire. Par ailleurs, le retour d’expérience post-Fukushima a conduit EDF à revoir les dispositifs de sûreté de ses centrales nucléaires. Ainsi, des « diesels d’ultime secours » (appelés à rétablir l’alimentation électrique des matériels et systèmes de sûreté du CNPE en cas d’accident majeur) ont été installés sur chacune d’entre elles. Quatre sont déjà opérationnels à Gravelines, les deux derniers le seront en 2020 sur les unités de production 1 et 2. De même, la construction d’un dispositif d’appoint en eau ultime (qui comprend deux réservoirs de 2 000 m³) va démarrer cette année. Enfin, le plus spectaculaire sera sans doute le démarrage des travaux du mur de protection périphérique de 3 km de long et de 4 m de hauteur (hors dunes) autour site pour le protéger des inondations. Dix-huit mois de travaux, pour un montant de 35 millions d’euros, y seront consacrés. Le CNPE de Gravelines, par le biais du dispositif « Nucléi» porté en collaboration avec la CCI Littoral Hauts-de-France, souhaite que les entreprises locales et régionales, et notamment les TPE et PME, puissent avoir plus facilement accès à ses marchés. Elle s’est engagée à les accompagner en ce sens.