Enquête annuelle APEC

L’emploi cadre toujours en belle progression dans la région

Alors que de nombreuses entreprises manifestent leurs difficultés de recrutement, les chiffres publiés par l’Apec Hauts-de-France témoignent d’un réel dynamisme sur le marché des cadres. En région, ils étaient près de 240 000 à fin 2019, en progression de 1,6%.

Les jeunes cadres entre 1 et 10 ans d'expérience sont les profils les plus recherchés.

Avec 18 040 recrutements en 2019 (+12% par rapport à 2018, l’évolution la plus importante du territoire), le marché des cadres est toujours dans les starting-blocks en Hauts-de-France, 3e région après l’Ile-de-France (48% des recrutements) et Auvergne-Rhône-Alpes (11%). Si le Nord – Pas-de-Calais poursuit une belle croissance (+16%, à 14 470 recrutements), l’ex-Picardie affiche une baisse de 1,9% (3 570 recrutements en 2019). Sans surprise, c’est le territoire de la MEL qui concentre la majorité des emplois cadres avec 60%, auprès de trois secteurs locomotives : les services, l’industrie et le commerce. L’industrie automobile et l’agroalimentaire, la construction et le commerce – seul secteur, avec celui de la communication et des médias, qui a détruit des emplois l’an dernier – sont en recul. Néanmoins, les Hauts-de-France ont vu la création nette de 150 000 postes en deux ans, « un niveau inédit depuis 2000« , détaille Valérie Fenaux, déléguée régionale Apec Hauts-de-France. Et 2020 devrait surfer sur la même tendance puisque les entreprises du secteur privé prévoient de recruter 297 000 cadres sur l’ensemble du territoire français, avant de stabiliser ce niveau record autour des 300 000 recrutements à horizon 2021-2022. Les cadres de un à dix ans d’expérience restent les profils les plus recherchés avec 171 600 embauches (soit 18% des recrutements). Par contre, les pénuries de talents se font clairement ressentir : alors qu’il y a quatre ans, les recruteurs pouvaient recevoir une quarantaine de candidatures, ils ne sont que trente à postuler aujourd’hui, notamment dans le milieu industriel ou la R&D, comme en témoigne Joseph Descamps, responsable RH Alstom Petite-Forêt : « Nous recherchons des compétences spécifiques, mais nous sommes plusieurs à les rechercher ! Sur les compétences techniques, il y a une pénurie d’ingénieurs, mais cela nous pousse à travailler sur la marque de l’entreprise et sur la mobilité interne. » En 2019, Alstom Petite-Forêt a recruté davantage de juniors pour les former ensuite ; 150 recrutements – dont 90 postes de cadres – sont prévus pour 2020 sur le site valenciennois.

L’informatique en tête

Avec 20% des recrutements régionaux, l’informatique reste le premier pourvoyeur d’emplois pour les cadres, suivi du secteur commercial (19%), puis des études/R&D (17%). Les cadres exercent à 56% dans les services, à 22% dans l’industrie et à 19% dans le commerce. Les Hauts-de-France représentent 7% du volume français des cadres, en progression d’1,6% en un an. En 2020, 18 970 recrutements sont prévus en région : 15 490 pour le Nord (+7%) et 3 480 pour la Picardie. « Les écarts se creusent entre le Nord – Pas-de-Calais et la Picardie. Le moral des établissements nordistes reste bon puisque 14% prévoient une augmentation de leurs effectifs cadres, majoritairement dans les services (60%), l’industrie (24%) et le commerce (11%)« , détaille Valérie Fenaux.