BD de la semaine

L’Amant Magnifique adaptation de l’autofiction de Marguerite Duras – prix Goncourt en 1984 –, L’Amant s’ouvre en 1982, à Paris, alors que l’auteure se replonge dans son passé, celui de ses 15 ans dans les années 1930. Elle vit en Indochine avec sa mère, veuve, et ses deux frères. Pensionnaire dans un lycée pour étudier […]

L’Amant

Magnifique adaptation de l’autofiction de Marguerite Duras – prix Goncourt en 1984 –, L’Amant s’ouvre en 1982, à Paris, alors que l’auteure se replonge dans son passé, celui de ses 15 ans dans les années 1930. Elle vit en Indochine avec sa mère, veuve, et ses deux frères. Pensionnaire dans un lycée pour étudier les mathématiques, elle ne rêve que de devenir écrivain. Sur le bac qui traverse le fleuve Mékong afin de rejoindre sa pension d’Etat à Saïgon, elle fait la connaissance d’un riche Chinois. Ils tombent éperdument amoureux et s’engagent dans une relation régie par l’amour et l’argent qui durera un an et demi. Ils se voient régulièrement et ce premier amour fort mais ambigu impose à la jeune fille de faire face à la honte, la peur, la jalousie, et de parvenir à trouver sa place au sein d’une famille où il est difficile de s’affirmer… Loin de l’adaptation convenue d’un chef-d’œuvre de la littérature contemporaine, cette BD propose une mise en abîme à travers un prologue passionnant où Kan Takahama confie son émoi d’adolescente à la lecture du roman et l’importance de Marguerite Duras dans sa trajectoire artistique mais aussi intime. Son choix de dessiner ce couple d’amants comme des personnages ni beaux, ni laids – loin de la beauté de Jane March et Tony Leung dans le film de Jean-Jacques Annaud – se révèle plus que pertinent car c’est leur désir qui les magnifie alors. Baignés d’une lumière délicate, les paysages et les décors sécrètent une douce sensualité et une ineffable mélancolie.

Rue de Sèvres.

 

Daybreak

Publié en 2006 aux Etats-Unis, cette BD signée Brian Ralph nous plonge dans un monde post-apocalyptique à travers un personnage amputé d’un bras qui s’adresse directement au lecteur au long d’un monologue d’abord intrigant puis inquiétant. Un procédé qui implique le lecteur comme protagoniste de l’histoire afin qu’il partage le danger menaçant ce manchot solitaire en haillons. Car le hors-champ semble terrifiant, prenant la forme de morts-vivants aux portes de son abri souterrain perdu au cœur d’un no man’s land encombré de carcasses de véhicules et d’abris de fortune. Si l’histoire ne brille pas par son originalité, ancrée dans un genre balisé – un survival où le héros fuit avant de faire une rencontre inquiétante –, ce roman graphique se révèle singulier dans sa forme narrative même si la tension inhérente au récit se dilue au fil des pages. Baigné d’un noir et blanc minimaliste, un ouvrage au style déroutant mais prégnant.

Delcourt.

 

Colonisation

Quatrième volet d’un space-opera classique mais efficace, Expiation suit les pas de Milla et son équipe qui décident d’unir leurs forces avec une bande d’Écumeurs dissidents conduite par Daphné. Ensemble, ils enquêtent sur la disparition des Nefs de premiers colons, soigneusement dissimulée par les Atils et l’Administration… Cette troupe bigarrée parvient à récupérer les survivants d’une nouvelle Nef, en orbite autour d’une planète. Mais à peine arrivés, ils sont touchés par un tir électro-magnétique provenant de la surface. Les survivants de la Nef auraient-ils réussi à coloniser la planète ? Signée Denis-Pierre Filippi (scénario) et Vincenzo Cucca (dessins), cette BD privilégie les scènes d’action spectaculaires à la profondeur des relations entre les personnages. Une série à l’intrigue au long cours, plutôt divertissante et aux paysages luxuriants.

Glénat.