Fabrication artisanale de bière

La Fabriq’, le défi d’un ancien cadre ingénieur Renault

À Douai, Michel Leporcq, ancien cadre ingénieur chez Renault, a décidé de créer une micro-brasserie. Après un peu plus d’une année et quelque 100 hectolitres brassés, il a su convaincre une clientèle avisée, grâce à son positionnement stratégique basé sur des produits biologiques.

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Après un peu plus d’une année d’activité, la Fabriq’ est d’ores et déjà déclinée en quatre versions (blonde, ambrée, triple et stout).
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C’est à Douai que le brasseur originaire de l’Aisne a décidé de s’établir.

Après 14 années passées au sein du technocentre Renault en qualité d’ingénieur développement automobile, Michel Leporcq avait envie de relever nouveaux défis. «Je ne me sentais plus bien dans mon poste, j’avais de plus en plus de mal à faire le lien avec le produit. J’ai donc mené une grande réflexion et participé à plusieurs ateliers pour mieux me connaître.» 

Amateur de bière, il fait l’acquisition d’un kit pour brasser sa propre bière à la maison, assez surpris par la facilité et le résultat. «Ça m’a permis d’avancer dans ma démarche et de m’intéresser à quelque chose qui me plaisait.»

Après quatre années de réflexion, cet originaire de la Thiérache, en Picardie, décide de se lancer et de créer sa micro-brasserie. «J’ai fait mes études à l’ENSAM de Lille, je voulais revenir dans ma région natale et créer quelque chose en Hauts-de-France», poursuit-il. 

Michel Leporcq commenca par apprendre les rudiments du brassage, en bon autodidacte qui se respecte : seul dans sa cuisine. Il suit ensuite une formation au lycée Biotech et travaille des recettes.   

Rapidement, il décide de s’installer à Douais, «parce qu’il s’agit d’une ville assez centrale à l’échelle de la région, mais aussi parce qu’il n’y a sur le secteur que très peu de concurrence». Il trouve d’ailleurs le lieu correspondant à ses attentes.

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Michel a appris les rudiments du brassage seul, il met un point d’honneur à n’utiliser que des produits de qualité pour brasser une bière biologique.

Déjà quatre bières

En décembre 2018, Michel Leporcq crée l’EURL la Fabriq’ et commercialise ses premières bouteilles en mai 2019. 

Il investit 190 000 euros dans son projet pour acheter du matériel tout d’abord, mais aussi et surtout pour effectuer les travaux nécessaires au réaménagement et à la transformation du local en brasserie. Accompagné dans la création de son activité par la BGE, il bénéficie aussi d’un coup de pouce de l’Agglomération du Douaisis.

Pour son projet, le chef d’entreprise fait le choix de l’authenticité : «J’ai décidé de produire de la bière biologique parce que je suis un amoureux de la nature et que la démarche m’intéressait, mais aussi parce que je fais très attention à mon alimentation

Il procède par ailleurs à une étude de marché, se rendant compte que les clients étaient en attente d’un produit bio, brassé avec des produits de qualité. 

Il se met donc en quête de malt et de houblon biologiques. «Pour le malt, rien de bien compliqué : on en trouve assez facilement en Belgique et dans le centre de la France. Par contre, pour le houblon c’est plus difficile. Je travaille actuellement avec un produit alsacien, mais je vais basculer dans les mois à venir sur du houblon du Nord», explique-t-il. 

Avec une matière première de qualité, il développe quatre bières (blonde, ambrée, triple et stout), qui ont remporté un franc succès auprès de ses clients. 

«Personnellement, ce n’est pas évident. Je ne regrette cependant pas d’avoir quitté le salariat pour créer mon activité, j’ai retrouvé plaisir à travailler.» Michel Leporcq a surtout retrouvé le contact et le relationnel qui lui manquaient lorsqu’il travaillait chez Renault. «C’est également très plaisant d’avoir les retours de clients très satisfaits et qui viennent me féliciter», avoue-t-il.

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Michel Leporcq a quitté sa zone de confort pour créer sa micro-brasserie.

Des projets

En 2019, Michel Leporcq aura brassé un peu plus de 100 hectolitres de Fabriq’. Aussi, il aborde 2020 sereinement, avec plusieurs objectifs et déjà des projets. «Je souhaite d’ici quelque temps atteindre les 600 hectolitres, puis passer à 1 000 hectolictres dès que possible.» 

Dans le même temps, il souhaite développer un nouveau produit brassé uniquement avec des produits du Nord : «Outre le côté marketing et l’envie personnelle de trouver tout ce dont j’ai besoin en région, je souhaite avant tout jouer la carte du circuit court, qui reste la logique de ma démarche et de mon mode de vie.» 

Enfin, il a aménagé une salle qui permettra d’accueillir des artistes et organiser des concerts. «Je ne voulais pas être seul tout le temps, j’ai trouvé cette idée originale pour apporter un peu de vie dans la brasserie», conclut-il.

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