Commande Bombardier Transport

Un peu de Hauts-de-France sur les rails du Val de Loire

La Région Centre-Val de Loire a commandé 32 rames Omneo Premium à Bombardier Transport France. Construits à Crespin, ces trains sont attendus dans leur globalité pour fin 2022. Le premier vient d’être produit et sera livré courant mars, pour une mise en circulation en juillet.

Ce premier train circulera à partir de juillet dans la région Centre-Val-de-Loire.

Bien qu’Alstom ait annoncé le rachat de Bombardier Transport mi-février (voir encadré), l’activité du constructeur canadien ne cesse pas de tourner.

La première rame Omneo Premium destinées aux lignes Rémi Express a été inaugurée le 28 février dernier. (Crédit : Samuel Dhote)

Preuve en est avec la visite de François Bonneau à l’usine crespinoise, le 28 février dernier. Le président de la Région Centre-Val de Loire tenait à découvrir le site de production des 32 trains commandés par ses soins il y deux ans. La première rame vient d’être achevée. Elle sera acheminée à Orléans via le réseau national SNCF courant mars, pour une mise en circulation en juillet.

Des rames personnalisables

Suite à un accord signé en 2017, la Région Centre-Val de Loire est devenue l’autorité organisatrice des dessertes longue distance Paris-Orléans-Tour, Paris-Bourges et Paris-Montargis-Nevers. Elle a obtenu 460 millions d’euros de l’État pour renouveler les trains sur ces lignes. Un investissement qui semble nécessaire : baptisées «Trains Remi Express», les rames Corail qui circulent actuellement datent des années 1970.

L’intégralité de la commande devrait être livrée d’ici fin 2022. Et ces 32 rames Omneo Premium seront toutes particulières.

«Nous voulions traduire la culture de la région dans un train»

D’abord parce qu’elles feront partie des premières rames certifiées «Origine France garantie». En effet, à ce jour et seulement depuis janvier dernier, seuls les trains Régio2N et les Omneo Premium (construits sur la même chaîne de production) obtiennent cette reconnaissance, décernée par le bureau Véritas et l’association Pro France.

Mais aussi parce qu’elles seront personnalisées : une signature chez les trains Omneo. Les nouveaux Rémi Express auront donc un design aux couleurs de la Région Centre-Val de Loire. «Nous voulions traduire la culture de la région dans un train», dit même Laurent Bouyer, président de Bombardier Transport. Le design a été conçu par le cabinet Yellow Window. Un jaune omniprésent aux parois fera référence au tuffeau, un matériau caractéristique du Val de Loire, tandis que les vitraux dessinés aux vitres refléteront le patrimoine historique du territoire.

Un technicentre dédié à Orléans

Après quelques mots sur son esthétisme et son confort (370 places assises par rame, avec des sièges plus larges que la moyenne), les chiffres évoqués pour définir la production de ces trains ont de quoi donner le tournis : 444 personnes, tous secteurs confondus, mobilisées pendant 500 000 heures de production. Des trains de 330 m de long, soit 330 km de câblage… Et surtout, 40 ans de durée de vie… si l’entretien est rigoureux.

C’est pourquoi l’État a également accordé 70 millions à la Région Centre-Val de Loire pour la construction d’un nouveau technicentre de 5 hectares à Orléans. «Les sites de Villeneuve et Massena en Île-de-France ne s’avèrent pas adaptés à la maintenance de ces rames Omnéo», informe le Conseil régional.

Si, prochainement, près de 17 000 passagers monteront quotidiennement à bord de ces nouvelles rames tout confort, les usagers des Hauts-de-France n’auront rien à leur envier : la première rame Omneo Premium dédiée à la région devrait être livrée en 2022. Elle fera les trajets Paris-Amiens et Paris – Cambrai – Saint-Quentin.


Alstom rachète Bombardier Transport

Deux constructeurs de trains implantés dans la région. Deux concurrents à une vingtaine de kilomètres d’écart. Et souvent un carnet de commandes partagé. Le rapprochement d’Alstom et Bombardier Transport était prévisible. Il a été officiellement annoncé le 17 février dernier.

Si Alstom acquerra Bombardier Transport selon une valeur d’entreprise de 7,45 milliards d’euros, ce rachat ne signe pas l’arrêt des activité du groupe canadien, qui souhaite «concentrer tout son capital, toute son énergie et toutes ses ressources sur l’accélération de la croissance et l’expansion des marges de ses activités liées aux avions d’affaires, à l’avant-garde du marché».

Reste à savoir ce que deviendront les 2 000 employés du site industriel ferroviaire crespinois. Des commandes en cours les occuperont encore jusqu’au moins 2024, après quoi «il n’y a pas du tout d’idée de restructurations ou de menace sur l’emploi», assure pour le moment le PDG d’Alstom, Henri Poupart-Lafarge.