Crise du Covid-19

Le réseau Initiative France se mobilise

Reports d’échéances de prêts, conseils… Les plateformes locales du réseau Initiative France, qui accompagne et finance de jeunes entreprises, commencent à s’organiser pour aider leurs «poulains».

Le président d’Initiative France, Louis Schweitzer et Bernadette Sozet, déléguée générale.
Face à la crise, «Initiative Haute Marne pourra mettre en place, au cas par cas, des mesures concernant le remboursement des prêts sur l’honneur Initiative Haute Marne». Tel est le message qui a été affiché sur la page d’accueil du site Internet de cette plateforme locale. Elle est l’une des 214 associations qui composent le réseau Initiative France (16 700 bénévoles, et 960 salariés). L’association octroie des prêts d’honneur et accompagne des entrepreneurs qui créent, ou reprennent des entreprises. Autant dire que ces dernières risquent d’être particulièrement impactées par la crise sanitaire. Un peu partout en France, des équipes d’Initiative France ont commencé à s’organiser et à mettre en place des dispositifs pour continuer d’accompagner les entreprises qu’elles suivent déjà, voire à  proposer des solutions spécifiquement liées à la crise. A distance, bien entendu.
Par exemple, Initiative Sud Hautes Alpes a suspendu les comités d’agrément qui décident de l’octroi des prêts, mais poursuit, via des moyens numériques, des missions comme les aides à la finalisation du business plan, ou encore le suivi personnalisé. Initiative Pays d’Aix se lance dans une expérimentation : des ateliers pour les créateurs d’entreprise, en visioconférence. Le reste de la vie de la plateforme continue : les comités techniques, qui analysent les plans de financement, en amont des comités d’agrément, lesquels décident de l’octroi des prêts, se tiendront sous forme dématérialisée. Et la plateforme prévoit de tenir à brève échéance ses premiers comités d’agrément, avec vote de ses membres, en visioconférence.
Des mesures spécifiques ont été prises concernant les prêts en eux-mêmes : les échéances pour les mois d’avril et mai sont reportées en fin d’échéancier pour l’ensemble de 500 projets suivis par la plateforme. Les situations les plus problématiques seront examinées au cas par cas. Dernier exemple, enfin, Initiative Pays d’Arles. La plateforme a elle aussi, pris des dispositions pour suspendre les échéances des prêts et poursuivre son activité normale. Mais elle s’est, en plus, organisée en cellule de crise : toutes les entreprises soutenues sont contactées pour une évaluation de la situation et une orientation vers les différentes mesures du plan d’urgence gouvernemental.
Un taux de pérennité de 92% à trois ans
Une quinzaine de jours plus tôt, le 11 mars,  avant les mesures de confinement, l’association présentait ses résultats pour 2019, lors d’une conférence de presse. Des résultats «en croissance vigoureuse», se réjouissait  Louis Schweitzer, le président de l’association. L’an dernier, le réseau a financé des projets à hauteur de 208 millions d’euros, via ses prêts d’honneur. L’association estime que ces derniers génèrent 1,6 milliard d’euros de prêts bancaires.«Pour une banque, un dossier de TPE, c’est plus des risques que des perspectives de bénéfices, quand on regarde au taux d’échec.  L’espérance de gain est  extrêmement  modeste (…). Nous apportons aux banques une validation des dossiers, grâce à nos comités d’agrément», composés des bénévoles  professionnels, explique Louis Schweitzer.
Par ailleurs, au delà du financement, le réseau accompagne les créateurs, via un système de parrainage ou de club d’entreprise. Ce sont 18 164 entreprises qui ont été aidées en 2019. Les secteurs concernés sont multiples : hôtels, cafés, restaurants, services aux entreprises ou à la personne, santé, artisanat du BTP et agriculture. Quelque 49 500 emplois ont été créés ou maintenus par les entreprises soutenues par le réseau Initiative France. Dans le détail, les emplois totalement nouveaux sont au nombre de 34 000, soit un peu plus des deux tiers. Il s’agit d’emplois des créateurs d’entreprises, de leurs salariés, et d’emplois supplémentaires créés par des entreprises en croissance. Ces dernières constituent un sujet en soi, pour Louis Schweitzer : «il s’agit de celles qui n’obtiendront pas de prêt bancaire sans nous, car elles n’ont pas encore de bilan solide. Or, certaines entreprises peuvent avoir un potentiel immédiat», précise-t-il. Les entreprises accompagnées par le réseau affichent un taux de pérennité à trois ans de 92%. D’après Louis Schweitzer, ce score enviable est notamment dû à l’accompagnement. Lequel prend aujourd’hui une dimension cruciale inattendue.

France Active aussi se mobilise
L’association France Active, qui accompagne et finance  40 000 entrepreneurs engagés, va aménager les conditions de remboursements des prêts financés avec ses partenaires, avec notamment, un gel des remboursements sur une période de six mois. Elle propose également un accompagnement pour résister à la perte d’activité.