Crise du Covid-19

L’industrie s’efforce de fournir l’indispensable

Cela ne résout en rien le manque criant de masques chirurgicaux, et ne va pas non plus combler les besoins des autres professionnels, mais c’est tout de même une bonne nouvelle : la deuxième semaine d’avril, ce sont 6,6 millions de masques dits «alternatifs» qui devraient être produits en France, après 4 millions réalisés entre le […]

© InkheartX

Cela ne résout en rien le manque criant de masques chirurgicaux, et ne va pas non plus combler les besoins des autres professionnels, mais c’est tout de même une bonne nouvelle : la deuxième semaine d’avril, ce sont 6,6 millions de masques dits «alternatifs» qui devraient être produits en France, après 4 millions réalisés entre le 30 mars et le 5 avril, d’après Bercy. Ce résultat est le fruit de la mobilisation de la filière textile et de la coordination du ministère de l’Économie. Dans le même sens, les efforts des filières chimie et cosmétique, a permis l’augmentation massive de la production de gel hydro-alcoolique. «On assiste à une mobilisation de l’ensemble des entreprises, quelle que soit leur taille, et quel que soit leur statut, y compris les entreprises d’insertion (…). Il ne s’agit pas pour elles de faire de la marge, mais de répondre à un besoin national», expliquait Agnès Pannier-Runacher, secrétaire d’État auprès du ministre de l’Économie, lors d’une conférence de presse téléphonique, le 30 mars dernier. Les deux types de masques nouvellement produits vont pouvoir être utilisés par des professionnels en contact avec du public (gendarmes, hôtesses de caisses) ou ceux en contact avec d’autres professionnels (par exemple, dans un entrepôt).

Au total, plus de 200 entreprises ont répondu à l’appel à propositions lancé par Bercy, en lien avec des instances du secteur, comme l’Union des industries textiles et les pôles de compétitivité Euramaterials et Techtera. Les organismes publics qualifiés, dont l’ Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM), ont encadré le dispositif. Bercy mène également d’autres types d’action pour se procurer davantage de masques en France, a ajouté Agnès Pannier Runacher. Ainsi, le ministère de l’Economie accompagne les quatre entreprises qui produisent déjà des masques FFP2 pour «monter en puissance et sécuriser leur approvisionnement», a précisé la secrétaire d’État. Des efforts sont également menés pour faciliter le travail des acheteurs des grandes entreprises, qui disposent de réseaux en Chine. Reste que, rien que pour les marques FFP2, les besoins sont évalués à 15 millions par jour, d’après un communiqué du 21 mars, émis par plusieurs collectifs de médecins et autres personnels des blocs opératoires…

Le gel et les nouvelles pénuries

La production de gel hydro-alcoolique a elle aussi augmenté brusquement. Fin mars, la France en a produit 550 000 litres par jour, quand, en temps normal, elle n’en consomme quotidiennement que 48 000 litres, d’après Bercy. Comme dans le textile, les filières concernées se sont mobilisées. Dans le secteur de la chimie, les producteurs de matières premières qui rentrent dans la composition du gel, comme l’isopropanol, se sont organisés pour accroître leur production. Et de nombreuses marques de cosmétique se sont mis à produire des gels hydro-alcooliques dans leurs usines de parfums. L’opération a été rendue possible par le décret du 13 mars dernier, qui a autorisé les entreprises de ce secteur à produire ce biocide.

Des entreprises d’autres secteurs, plus inattendus, ont apporté leur contribution, comme celui des spiritueux, qui ont fourni de l’alcool. A l’initiative de Bercy, une plateforme StopCOVID19.fr  est aujourd’hui active : «elle permet aux professionnels en première ligne (santé, agroalimentaire, grande distribution, transports..) de rentrer en contact et de passer commande directement auprès des producteurs et distributeurs de produits de première nécessité, tels que le gel, les masques, les blouses et autres produits», explique le site Internet. Le terme«Autres produits» semble de circonstance : jour après jour, des pénuries nouvelles apparaissent, auxquelles les industriels s’efforcent de répondre comme ils le peuvent. Air Liquide, Groupe PSA, Schneider Electric, Valeo vont s’attacher à essayer de fournir 10 000 respirateurs en 50 jours, de début avril à mi-mai. Mais les médecins tirent aussi la sonnette d’alerte sur un manque possible de médicaments indispensables. Lesquels sont essentiellement produits en Chine et en Inde.