Textile

Lemahieu, une reprise sur les chapeaux de roues

L’entreprise Lemahieu basée à Saint-André-lez-Lille n’a pas cessé ses machines durant le confinement et a confectionné sur ses lignes 450 000 masques destinés aux hôpitaux. Elle a notamment fabriqué des kits pour les couturières bénévoles du «Souffle du Nord». Aujourd’hui l’entreprise a rouvert ses portes à l’ensemble de ses salariés, la direction entreprend une reprise […]

"Le masque Solidaire est fabriqué à la main dans les ateliers de Saint-André-Lez-Lille à partir de matières certifiées Oeko-Tex 100." Crédit Photo : Lemahieu

L’entreprise Lemahieu basée à Saint-André-lez-Lille n’a pas cessé ses machines durant le confinement et a confectionné sur ses lignes 450 000 masques destinés aux hôpitaux. Elle a notamment fabriqué des kits pour les couturières bénévoles du «Souffle du Nord». Aujourd’hui l’entreprise a rouvert ses portes à l’ensemble de ses salariés, la direction entreprend une reprise efficace.

«Lemahieu prône aussi le Made in France et se revendique comme l’un des derniers fabricants du tricotage à la confection 100 % français.» Crédit photo : Lemahieu

Depuis le début de l’année 2020 Lemahieu était en progression de 10 % mais avec la crise liée à la COVID-19, la PME a perdu 400 000 euros de chiffre d’affaires. Pour autant, l’heure n’est pas à l’apitoiement mais à l’offensive. «Nous devons rattraper notre retard de production et donc embaucher», assure Loïc Baert, l’un des deux dirigeants de la boîte. Pour ce faire, douze nouvelles couturières devraient rejoindre les rangs pour renforcer le pôle couture pour les culottes avec la promesse d’un CDD jusqu’à fin juillet mais l’objectif final reste l’embauche. «L’enjeu ce sera notre capacité à être souples pour pouvoir nous adapter et bien répondre aux nouvelles demandes comme les sous-vêtements en coton bio ou les culottes menstruelles», explique Loïc Baert. Afin de s’adapter l’entreprise devra sûrement investir pour un peu plus de 70 000 euros pour l’achat de onze nouvelles machines. «Ce n’est pas comme la machine à coudre à la maison. Une machine, c’est une fonction ; une nouvelle fonction, c’est une nouvelle machine», insiste le dirigeant.

Une reprise dans le vif en respectant les précautions sanitaires.

L’entreprise Lemahieu, membre actif «des masques en Nord», était sur le devant de la scène durant la crise sanitaire grâce à la création d’un masque en tissu réutilisable validé par le CHU de Lille. Paradoxalement, c’est aujourd’hui qu’elle voit sa propre production de masques se développer, avec l’ajout à son catalogue du «Solidaire» en vente 29,90 € le lot de trois sur son site internet. Un masque conçu lui aussi en collaboration avec le CHU de Lille, testé par le laboratoire de la Pharmacie Centrale et validé collégialement avec la Médecine du travail. Jusque là, l’entreprise ne tirait aucun profit de la création de masques, puisqu’ils étaient vendus à prix coûtant, à partir de tissu lavable et homologué provenant des Tissages de Baisieux (Métropole Lilloise). «Aujourd’hui nous reversons un pourcentage du prix de notre nouveau masque Solidaire à un Souffle en Nord afin de rendre hommage à toute la solidarité qui s’est installée dans les Hauts-de-France durant la crise liée au coronavirus», témoigne Martin Breuvart, dirigeant. Lemahieu a repris son activité depuis le 20 avril avec toutes les protections nécessaires pour respecter le protocole sanitaire. C’est d’abord une soixantaine de personnes qui ont repris le chemin du travail, mais aujourd’hui le personnel est presque au complet. En effet, en dehors des masques qui ont mobilisé une vingtaine de volontaires sur un effectif de 125 salariés, l’activité était à l’arrêt depuis le 16 mars. Martin Breuvart exprime tout de même un regret : «Beaucoup d’entreprises ont commencé à fabriquer des masques pour faire du profit alors que chez Lemahieu nous visons le long terme. Notre combat est que chaque Français puisse utiliser un masque réutilisable et lavable 100% Made in France.»