Grâce à son usine basée à Steenvoorde

Bio-Rad accélère la production de tests sérologiques

La ville de Steenvoorde occupe une place majeure dans la lutte contre l’épidémie de Covid-19. C’est en effet dans son usine du Nord de la France que le groupe américain Bio-Rad organise sa production mondiale de tests sérologiques, entre deux et trois millions par semaine, à destination des laboratoires et hôpitaux du monde entier.

© Bio-Rad

Fondé en 1952 et basé à Hercules, en Californie, Bio-Rad (8 100 collaborateurs pour un chiffre d’affaires de 2,3 milliards de dollars en 2019) est un acteur majeur des marchés de la recherche en sciences de la vie et du diagnostic clinique. Le groupe a notamment été parmi les premiers à lancer un test pour la confirmation du diagnostic du SIDA, en 1986, et de maladie de la vache folle, en 2000.

Jean-François Mouscadet, vice-président associé chargé de la recherche et du développement

Mis au point en un temps record

En s’appuyant sur son usine de production de Steenvoorde, qui emploie 331 salariés à ce jour, Bio-Rad accélère la production de son test sérologique permettant de déterminer, en analysant un échantillon de sang, si un individu a développé des anticorps contre le SARS-CoV-2, le virus associé à la Covid-19. «Nous avons lancé la production du test dès le 17 avril, avant les premiers essais cliniques. Ce fut le premier test sérologique à recevoir l’autorisation d’urgence de mise sur le marché auprès de la Food and Drug Administration américaine (FDA)» explique Jean-François Mouscadet, vice-président associé chargé de la recherche et du développement. «Le test est également marqué CE pour l’Europe, et, après validation par le CNR (Centre national de référence français), répertorié parmi les tests sérologiques homologués par le gouvernement français.»

Entre 2 et 3 millions de tests sortent chaque semaine de l’usine Bio-Rad de Steenvoorde à destination des laboratoires et hôpitaux du monde entier.

Un test mis au point par les équipes R&D en un temps record face à l’urgence de la situation. «Nous nous sommes basés sur un test développé en 2003 pour un autre coronavirus, l’adaptation a été rapide et nous tirons aujourd’hui les bénéfices du travail réalisé alors aux côtés de l’Institut Pasteur. Le test permet la détection des anticorps chez la majorité des patients huit jours après l’apparition des symptômes, et offre aux autorités de santé publique une vraie vision sur la circulation du virus et sur la dynamique de l’épidémie.» 

Le test sérologique de dépistage de la Covid-19 a été mis au point par les équipes R&D de Bio-Rad en un temps record sur la base d’un test développé en 2003 pour un autre coronavirus.

La capacité de doubler la production

L’usine de Steenvoorde, qui produit l’intégralité des tests sérologiques commercialisés par Bio-Rad, a su adapter ses lignes de production au cours des dernières semaines pour répondre à la demande croissante de ses clients. Chaque semaine, deux à trois millions de tests sont ainsi exportés aux quatre coins du monde au départ de la région, que ce soit vers l’Europe ou le continent américain. «Nous pouvons en produire davantage si cela s’avère nécessaire, précise Jean-François Mouscadet. La capacité de production de l’usine de Steenvoorde peut facilement être doublée.» La duplication du savoir-faire nordiste vers l’une des usines du groupe américain à Seattle est par ailleurs une éventualité, pour accroître encore davantage la production.