Les mareyeurs du Boulonnais réclament une exonération de loyers

«Certaines entreprises ont dépassé les -80% d’activité»

Touchés par la crise sanitaire, les mareyeurs du Boulonnais ont, pour certains, perdu plus de 80% à certaines périodes du confinement. Le secteur demande à être aidé pour reprendre.

Aymeric Chrzan, secrétaire général du syndicat des mareyeurs : « Le travail en filière nous a permis de ne pas arrêter la production et de s'organiser au mieux. » © Aletheia Press / C. Escaillet

 

Les mareyeurs de Boulogne ont été touchés pendant la crise. Si une bonne partie d’entre eux ont pu continuer à travailler, bien d’autres ont dû cesser leur activité pendant une à trois semaines au début du confinement. «Le confinement a été annoncé sans préavis, détaille Aymeric Chrzan. Si nous en avions été informés en amont, on aurait pu nous organiser. Nous aurions pu adapter les achats à nos besoins.» Pour le secrétaire général du syndicat des mareyeurs, l’impréparation avant un événement de cette ampleur a été difficile à gérer. «Les reports de charge ont permis de retarder un certain nombre d’échéances, mais les entreprises qui font de l’export vers l’Italie ou qui font de la restauration collective, particulièrement touchées pendant le confinement, voudraient avoir une exonération. Nous faisons ces demandes pour ne pas être handicapés dans la relance future.» Pour l’heure, du côté de la Société d’exploitation des ports du Détroit ainsi que du côté de la communauté d’agglomération du Boulonnais, c’est le même son de cloche : la réponse est non.

«Cités en exemple»

Si l’on en croit Aymeric Chrzan, «la filière s’est fortement mobilisée pendant la crise. Les transporteurs et mareyeurs ont continué à travailler pendant le confinement. On a même régulièrement été cités en exemple». Seulement, certains établissements ont perdu toute leur clientèle pendant le confinement : la restauration collective et les sociétés exportatrices ont tout perdu ou presque. «Dans ce secteur, tous les établissements étaient fermés. Il y a eu au moins trois semaines très compliquées, certaines entreprises ont dépassé -80% d’activité. De plus, il est arrivé qu’il y ait de la marchandise qui était en voie d’expédition et qui a été logiquement mais malheureusement refusée. Nous fonctionnons en flux tendu, le moindre grain de sable dans la machine peut avoir de lourdes conséquences.»

Retour à la normale ?

À ce jour, le secteur est à peu près revenu à l’équilibre. «Nous avons vécu quelques semaines difficiles, avec du chômage partiel. Nous avons toutefois réussi, contrairement à d’autres ports, à organiser le non-arrêt de la filière et le redémarrage.» Le port de Boulogne a plusieurs avantages par rapport à d’autres pôles de pêche. D’abord, l’effet de masse : il s’agit de la plus grosse zone d’activité française et de l’une des plus importantes au niveau européen. Ensuite, le port dispose d’opérateurs très complémentaires : «Certains travaillent à l’export, d’autres dans le traditionnel, d’autres encore sur des barquettes. Il y a une réelle capacité de transformation. Tous les ports n’ont pas cette capacité. C’est un tout, le travail fonctionne en filière. Ce qui nous a permis de ne pas arrêter la production et de nous organiser au mieux.»