«Nous avons été à la hauteur de nos responsabilités», a déclaré la ministre Nicole Belloubet, à propos du bilan de son ministère, lors de son discours de passation des pouvoirs et de la remise des Sceaux à son successeur, l’avocat Éric Dupond-Moretti. Réforme du Code de la justice pénale des mineurs, ouverture du droit à la PMA et filiation, création du parquet européen et d’un droit pénal de l’environnement, mise en œuvre de la loi de modernisation de la Justice, projets de révision de la Constitution (qui inclut l’épineux dossier de l’indépendance du parquet)… Tels sont quelques-uns des chantiers en cours et à venir «que vous allez devoir porter», lui a-t-elle rappelé. «Pour faire tout cela, il faut une communauté juridique unie (…) et je suis certaine que vous en serez le fédérateur».

«Je ne fais de guerre à personne»

C’est avec beaucoup de solennité et d’émotion que le nouveau garde des Sceaux a remercié la ministre qui lui a remis «les clés de ce beau ministère», qui «n’est pas le ministère de la guerre, même si j’ai cru entendre cela, mais celui des libertés», a poursuivi l’avocat, en faisant allusion aux propos de la présidente de l’Union syndicale de la magistrature (USM), Céline Parisot, qui avait déclaré la veille à l’AFP que cette nomination était «une déclaration de guerre à la magistrature». «La justice, le la connais intimement, humainement», a-t-il repris, «J’ai rencontré de très grands magistrats, (…) je les respecte (…), et j’ai également touché du doigt les conditions déplorables dans lesquelles travaillent quotidiennement les magistrats et les greffiers (…). Je ne fais de guerre à personne».

«Garder le meilleur et changer le pire»

Pour faire avancer les nombreux chantiers qui l’attendent, le nouveau garde des Sceaux entend travailler avec toute la famille judiciaire et l’ensemble des professions réglementées du droit, à qui il a adressé «un message bienveillant» : «je souhaite, avec vous, garder le meilleur et changer le pire». Il s’est d’ores et déjà positionné sur plusieurs gros dossiers : «Je souhaite être le garde des Sceaux qui portera la réforme du parquet tant attendue. Je veillerai à ce que les enquêtes préliminaires restent préliminaires et ne soient pas éternelles. Je souhaite que nous travaillions ensemble sur la présomption d’innocence (…) et les journalistes y serons associés. (…). Je veux restaurer le secret professionnel des avocats».

Et d’ajouter, après avoir eu quelques mots pour sa mère, immigrée italienne, «mon ministère sera aussi celui de l’antiracisme et des droits de l’Homme». «Je serai le garde des Sceaux du dialogue et j’accepterai la contradiction, dont j’ai toujours été un fervent défenseur» et «j’appréhende cette tâche avec humilité», a conclu Éric Dupond-Moretti.

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