Semences, engrais, protection des plantes...

Inoxa : naissance d’un leader français de l’agrofourniture

L’Union terres de France et Sicapa fusionnent pour créer Inoxa. Basé à Saint-Quentin, dans l’Aisne, ce géant va déployer son activité sur tout le Nord de la France, de l’estuaire de la Seine à la Champagne, du Gâtinais à la frontière belge. Avec comme objectif d’assurer un meilleur accès aux innovations pour 35 000 agriculteurs.

De g. à dr. : Alain Fremy (DGA Inoxa), Jean-François Gaffet (Vice-président Inoxa), Bertrand Hernu (Président Inoxa) et Emmanuel Fremy (Directeur Général Inoxa). © Inoxa

Se regrouper pour peser davantage. Voilà l’idée qui a primé à la création d’Inoxa. Ce nouveau géant de l’agriculture est le fruit d’un rapprochement initié au début de 2018 entre l’Union terres de France et Sicapa, deux centrales d’achat parmi lesquelles figuraient déjà tous les principaux acteurs de l’agrofourniture de Normandie et des Hauts-de-France. L’objectif : créer une centrale d’achat leader sur le marché national, afin d’assurer les volumes et conserver l’intérêt de tous les acteurs de l’innovation.

Avoir accès à l’innovation

«Nous sommes sur un marché mondialisé avec des firmes de taille mondiale, explique Jean-François Gaffet, président du groupe Noriap, et vice-président d’Inoxa. Pour elles, la France, malgré sa puissance agricole, n’est qu’une goutte d’eau.» Mieux vaut donc que la goutte soit la plus grosse possible pour pouvoir exister face à ces multinationales.

Mais contrairement à ce qui a primé par le passé, ce n’est pas l’obtention de tarifs plus intéressants qui est dans la ligne de mire d’Inoxa. La loi Egalim est passée par là. «Aujourd’hui les prix doivent être les mêmes pour tous, résume Jean-François Gaffet. A part pour le marché des engrais, la massification n’est donc plus le premier enjeu. Ce qui est devenu primordial, c’est l’accès aux innovations, aux services, et l’organisation de la supply chain.» Dans un monde qui refuse de plus en plus l’utilisation des pesticides et de la chimie, l’innovation (sur les semences, des produits plus naturels…) est en effet devenue un facteur de la compétitivité de l’agriculture, un enjeu stratégique.

750 millions d’euros d’achats

Inoxa, qui développe aussi en son sein un service d’expérimentation, étend son activité sur un territoire agricole allant du Gâtinais à la frontière belge, et de l’estuaire de la Seine à la Champagne. Cette représentativité lui permet d’affirmer d’emblée sa position de leader national avec 750 millions d’achats, soit environ 20% de l’ensemble de l’agrofourniture française. Surtout, Inoxa assure des positions très fortes en céréales, colza et cultures industrielles, notamment en pomme de terre et betterave sucrière. Cette puissance d’achat et d’orientation stratégique des marchés sera mise au service des 35 000 agriculteurs, adhérents ou clients des 22 distributeurs actionnaires.

«Inoxa a fait l’objet d’un processus de création basé sur l’ouverture, la participation et la coconstruction, insiste Bertrand Hernu, président d’Inoxa, ainsi que du groupe Advitam. Cet état d’esprit fait partie de l’ADN d’Inoxa, structure conçue au service de la distribution agricole du grand quart nord-ouest centre de la France, mais aussi au service des industriels désireux de diffuser efficacement leurs innovations sur ce marché.»