Enseignement supérieur

L’ISEN Lille entre dans le jeu

Croiser les compétences pour une meilleure employabilité : à partir de la rentrée 2020, les étudiants ingénieurs de l’ISEN Lille pourront se former aux métiers de la création et des jeux vidéo, enseignés chez Pôle 3D à Roubaix. Une interdisciplinarité qui plaît aux étudiants mais aussi aux entreprises.

Le site lillois de l'ISEN compte 800 étudiants. ©Sébastien Jarry

150 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2019 et 4% de croissance depuis dix ans : des montants vertigineux qui témoignent de l’attractivité et de l’innovation de l’entertainment, et surtout des nouveaux profils à former, notamment des développeurs – cette denrée si rare ! – pour programmer toute la structure technique du monde virtuel. L’école Pôle 3D, située à Roubaix, à deux pas de la Plaine Images, forme à cette créativité et booste cette imagination propre aux métiers du jeu vidéo. «Comme c’est ludique, on a le mythe des start-up et des étudiants dans des garages. Mais on est passés à un stade supérieur, il y a un vrai processus de création derrière», précise Thierry Occre, directeur général d’Yncréa Hauts-de-France (association d’HEI, ISA et ISEN). Depuis quelques années, les technologies engagées dans les jeux sont de plus en plus complexes, avec des algorithmes pointus et des technologies immersives. Derrière cela, des besoins en profils techniques et… mathématiques : «Les besoins du marché se font sentir sur des profils d’ingénieurs qui maîtrisent les infrastructures techniques et les algorithmes», poursuit Thierry Occre. D’où la création de cette formation à destination des futurs développeurs du monde du jeu vidéo, accessible aux étudiants des deux écoles dès la 4e année d’étude, pour une durée de deux ans. Lors de la deuxième année, la majorité des cours seront programmés sur le campus de Pôle 3D.

Un marché de l’emploi très dynamique

«A l’image de la formation ‘Numérique et Biologie’ que nous avons lancée il y a deux ans, avec Pôle 3D, nous sommes dans l’hybridation des contenus. En couplant plusieurs caractéristiques, on génère et on répond à un besoin de marché. Nous sommes dans la production de chaînes de valeur», ajoute Thierry Occre. Et Jérémy Theng, directeur pédagogique Pôle 3D, de confirmer : «Un programmeur est avant tout un ingénieur informaticien. C’est l’intelligence artificielle qui va définir toutes les interactions possibles entre les joueurs.» Car derrière ces avatars, c’est toute une mécanique mathématique et créative qui se met en place. Maîtrise des logiciels de création, de l’architecture des moteurs de jeu, des éléments de l’intelligence artificielle et de la programmation web… cette formation se concentre sur les métiers de programmeur, de lead programmeur, de concepteur d’application, d’architecte systèmes et réseaux ou de chef de projet. Avec, derrière, un marché de l’emploi plutôt séduisant et attractif et des entreprises régionales mondialement reconnues, comme Ankama ou CCCP. Pôle 3D et l’ISEN ambitionnent d’accueillir entre 10 et 12 étudiants à la rentrée prochaine, pour monter en puissance sur les années suivantes. «L’objectif n’est pas de former des artistes mais bien de pousser des compétences technologiques dans un univers d’artistes. La dominante restera scientifique», tient à préciser Thierry Occre.